AMIDON
Seigneur, vous saureztôut. J'étais dans ma guérite, Ma spatule à la main, aux portes du palais, Quand l'entendis chanter d'une voix ravissante
Uq air de mon pays. De la patrie absente Un si doux souvenir me fit verser des pleurs ! Alors je m'approchai, et bientôt, aux lueurs Du croissant de Phébé, je vis, blanche, apparaître, En toilette de nuit, une ombre à la fenêtre. Mon cœur ne battait plus ; mon sang ne fit qu'un
[tour, Je me sentis brûlé par les feux de l'amour, Lorsque je reconnus la séduisante Axonge ! Je ne vis plus, seigneur, depuis deux nuits j'y
[songe.
Je ne vous dirai pas quels étaient ses appas. Je me suis attaché tout le jour à ses pas. J'ai voulu lui parler; mais telle est ma faiblesse, Que je n'ai point osé révéler ma tendresse. Enfin, je suis pincé !
SULFUR
Ah bah ! La coanais-tu ?
Sais-ta bien à que! prix tarifier sa vertu? La petite a du chic, la tète est assez fine, En voyant son mollet le reste se divine ; Elle chante à ravir; tout cela, j'en conviens, Peut aisément tromper des j'^eux comme les tiens. Mais tu n'as donc pas vu comment elle regarde Le valeureux Turbith, commandant de la garde? Fais-en ton deuil, ami ; car ce n'est pas pour toi Que chauffera le four. C'est un morceau de roi Que voudrait grignoter notre bouillant Cinabre ;
II le disputerait à la pointe da sabre.
Cherche ailleurs, Amidon ; n'as-tu pas Fleur-de-Riz,
Ta cousine germaine? Elle aussi vaut son prix.