‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 145 sur 149 · SCÈNE V ECZÉMA, ACHORION, PEMPHIGUS · texte numérisé non relu

SCÈNE V ECZÉMA, ACHORION, PEMPHIGUS

PEMPHIGUS

J'étais sur les remparts avec mon très cher maître A fumer un londrès. Nous vîmes apparaître Tout à coup, près des murs, un immense tonneau :

Sur ses flancs s'enroulait un superbe tuyau. Prudemment nous faisons le tour de la machine Nous nous en approchons ; de près je 1 examine, Je percute avec soin sa vaste cavité, Je constate partout ample sonorité.

Nous bannissons alors toute crainte inutile ; Nous ordonnons d'ouvrir les portes de la ville. Je viens vous avertir, car Herpès enchanté Veut qu'il soit au palais aussitôt apporté.

Maudit soit ce présent que le ciel nous envoie ! Cs tuj'au, Pemphigus, c'est le cheval de Troie, C'est la mine qui doit sous nos pieds éclater ! Ah 1 pourquoi dans ces murs vouloir nous Tappor-

[ter?

Pourquoi mon noble époux, dupe d'un stratagème, ^''eut-il dans son palais le faire entrer lui-même? S'il en est temps encore, arrête ses efforts, Pemphigus ! Cours à lui ; dis-lui que mille morts Menacent ses sujets ! Ah ! puisse-t-il entendre La voix de mon amour ! Si, nouvelle Cassandre, Je ne peux l'arracher aux horreurs du trépas, Je veux mourir aussi, mais mourir dans ses bras î

PEMPHIGUS

Madame, bannissez ces frivoles alarmes.

Que crais;nez-vous ici ? N'avons-nous pas des ar-

[mes ?

ÎReine, rassurez-vous : - s'il existe un danger, Nos bras ne sont-ils pas piêts à vous protéger?

ECZÉMA

Je n'ai jamais douté de ton vaillant courage, Excuse ma douleur ! C'est qu'un triste message M'annonce de Sulfur les terribles succès : Acarus est vaincu ; je tremble pour Herpès. Un saisissant émoi de mon âme s'empare !. . . Mais, au loin, entends-tu résonner la fanfare? Les destins l'ont voulu ! calmez votre courroux, Dieuxjustes ! dieuxcléments ! épargnez mon époux.

PEMPHIGUS

Cachez-lui, s"il se peut, cette t'iste nouvelle. Je cours de nos soldats armer la citadelle.

(Il sort.)

Page 1