I.efeu qui près de vous s'allume Luira dans la postérité
Nous pouvons, avec ce volume, Faire un grand homme à volonté.
MADAME GERVAIS
Allons, mon cher, je me dévoue :
Savez-vous bien votre leçon?
Je voudrais voir, je vous l'avoue, Un savant de votre façon.
MONSIEUR GERVAIS
Parmi ces esprits qu'on renomme Chacun a ses talents divers :
Convenons d'abord du grand homme Qu'il faut donner à l'univers.
Faisons un esprit de lumière, Un astronome audacieux...
MADAME GERVAIS
Qui, perché sur une gouttière, Se croie un habitant des cieux.
MONSIEUR GERVAIS
Justement ; voici notre affaire.
Naissez, illustre rejeton...
MADAME GERVAIS
Non, non ; vous auriez peine à faire Mieux que La Grange ou que Newton,
MONSIEUR GERVAIS
A Galien j'ai bien envie
Que nous donnions un successeur.
MADAME GERVAIS
Je craindrais de perdre la vie En mettant au jour le docteur.
MONSIEUR GERVAIS
Un philosophe a son njérite.
MADAME GERVAIS
Y pensez-vous, monsieur Gervais ?
MONSIEUR GERVAIS
Eh bien, faisons donc un jésuite. . .
MADAME GERVAIS
Fi donc ! monsieur, fi donc ! . . . jamais.
MONSIEUR GERVAIS
Un héros ?
MADAME GERVAIS
Qu'en voulez-vous faire ?
MONSIEUR GERVAIS
Un émule de Cicéron ?
Un poète comme Voltaire ?
MADAME GERVAIS
J'irais accoucher en prison.
Guerre et malheur à l'homme habile Dans ce siècle ignare et falot ?
Pour qu'il soit heureux et tranquille,
Décidémeot faisons un sot.