‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 64 sur 149 · L'IMPUISSANCE · texte numérisé non relu

L'IMPUISSANCE

Certain mari, d'impuissance accusé, De ce reproche avait l'àme touchée :

(Un galant homme à moins se croit lésé.) Un jour, voyant son épouse accouchée, 11 va pourtant conter en triomphant Cette nouvelle : « Eh bien 1 on me diffame On veut, dit-il, que je sois impuissant ; Or, me voici bien lavé de ce blâme, Ma femme vient de me faire un enfant.

— Eh mais ! monsieur, dit un plaisant, On n'a jamais douté de votre femme. »

TJN AVEU.

(Extrait des Essais historiques, litté raires et critiques sur V art des accouche ments^ par Sue, prévôt du coDège Saint Côme, 1779. — Anecdotes médicales.)

Une maison connue étoit toute en rumeur. Voisins, gardes, servants, invoquoient saints e

[saintes La dame du logis se sentoit en douleur Pour accoucher. Falloit entendre ses complaintes Falloit voir les soins de l'époux.

Mais très époux et portant mine D'un être débonnaire et doux !

Aux moindres cris il conjurait Lucine De regarder en pitié Sa moitié.

La maligne femelle Crioit encore de plus belle.

L'accoucheur actif travailloit, Et l'époux bénin sanglottoit.

Assez souvent on compte sans son hôte ; Vous allez voir : « Mon cher petit mari, Dit la femme souffrante au bonhomme attendri, Ah ! ne pleure pas tant, va ; ce n'est pas ta faute.

Page 1