‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 7 sur 149 · LA CONNAISSANCE DES SEXES · texte numérisé non relu

LA CONNAISSANCE DES SEXES

Certain provincial, sortant de son village, Vint à Paris ; il avait vingt-cinq ans, Force de corps, joli visage.

Il joignit à ces agréments Le bonheur d'avoir été sage, Partant, une santé dont les belles font cas, Et qu'en ces lieux souvent on ne rencontre pas.

Hélas ! ici l'on est vieux à cet âge l Avec ces qualités, dont il sentait le prix, Il espérait s'avancer à Paris.

Pour le gros financier Dorante Il avait une lettre, il court la lui porter. Il frappe, on lui dit de monter.

Dans l'antichambre il se présente, Pas un laquais ! Il pénètre au salon, Personne ! Il le traverse, et tournant un bouton.

Il entre et voit (honteux de sa sottise)

La maîtresse de la maison, Jeune, jolie, et passant sa chemise.

Soit peur, soit projet, soit surprise, Au premier bruit de la porte, soudain La percale échappe à sa main.

Glisse sur un beau sein qui jamais ne repose, Et, se formant des échelons De monceaux de lis et de roses.

Descend enân jusqu'aux talons.

Dans son étonnement, madame est immobile,

Elie ne songe même pas A cacher de la main ses pudiques appas Ou dans la sombre alcôve à chercher un asile, rsotre provincial alors... de se troubler...

De faire un pas, de reculer.

Il tient sa lettre, enfin il la présente En disant d'une voix tremblante :

« N'est-ce point à monsieur Dorante Que j'ai Thonneur de parler? »

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