‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 111 sur 228 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

FILERIN, GUSTAVE. .

GUSTAVE

Eh ! bien , mon cher confrère?... et monsieur le duc?...

FILLRIN.

Qui?

Monsieur le duc ?

Quel duc ?

GUSTAVE

FILEIUN.

GUSTAVE

Eh ! parbleu , monsieur le duc d'Ambrefeuille , que vous vous proposiez de voir...

FILERIN , se frappant le front.

Allons... je l'ai oublié, mais c'est bien pardonnable dans ma position... si vous saviez ce qui m'est arrivé... Eh ! bien , monsieur le philosophe, vous qui prétendez que le mérite doit rester les bras croisés , qui me blâmiez de faire ma cour aux ministres ! . . .

GUSTAVE

Qu'y a-t-il donc d'extraordinaire?

FILERIN.

Je suis médecin en chef des hôpitaux !

GUSTAVE

En vérité.

FILERIN.

Et la croix... elle m'était bien due 5 il y a assez longtemps

que je la demande... Allons , j'ai oublié de dire à ma fille d© faire meure une boutonnière à tous mes babils. GUSTAVE , avec affection.

Ab ! je partage votre joie de bien bon cœur.

FII.ERIN.

Du moins , il respecte le mérite !

SCÈ]\E XV.

Les ISIêmes , BERNARD , accourant.

BERNARD , criant. Monsieur , monsieur ! . . .

riLERiN , effrayé.

Çu'est-ce que c'est... je t'ai déjà dit de ne pas me faire des révolutions.

BERNARD

J'ai cru bien faire... je vous apportais une bonne nouvelle! FlLERIjy .

Eb ! bien.

BERNARD

Vous allez être bien surpris , vous êtes en tête du travail. FlLERlN , à Gustave.

Eb! bien, qu'est-ce que je vous disais... je suis en tête du travail... médecin en chef des bôpitaux... la croix... l'académie va de suite. . qui sait où cela peut mener., doucement., doucement... ne nous bvrons pas trop à la joie... ra peut devenir dangereux... ou a vu des exemples de <;a...

BERNARD

Oui, monsieur, mais le secrétaire - général dit que vous alliez tout de suite au ministère... parce que c'est un autre qui va être nommé.

FILERlN.

Comment , un autre !

BERNARD

Oui , un concurrent qui a tout plein de mérite.

IILERIN

Encore une injustice... mais qu'il ne se flatte pas de l'emporter. Voilà nos intrigants qui sont toujours à liarceler nos pauvres ministres... je cours chez son excellence...

BERNARD

Dépéchez-vous , monsieur, vous savez bien... les enfanS du ministre... c'est décidément la fièvre scarlatine qu'ils ont. FiLERiN , s'arrétant, La fièvre...

BERNARD

Scarlatine.

Miséricorde !

Qu'avez-vous donc ?

FILERIN.

GUSTAVE

FILERIN.

Ces enfaus... et moi qui les ai vus hier!...

BERNARD

C'est à quoi je pensais.

GUSTAVE

Allons, docteur , songez que les places se donnent si rapidement.

FfLERIN.

Oui, mais les maladies se gagnent si vite... et cet imbécille qui ne me prévient pas qu'ils ont la fièvre.

BERNARD

Monsieur, vous les avez examinés.

Qu'est-ce que cela dit... il faut toujours m'averlir , je ne l'emmène avec moi que pour cela... aussi toute cette nuit j'ai ressenti des inquiétudes... et puis ce matin... la joie!... la contrariété, il n'en faut pas davantage pour faire une maladie...

GUSTAVE

Eh! bien, n'allez-vous pas vous persuader...

FILERIN.

Eh ! mon dieu !... je sais bien ce que je sens...

BERNARD

Ah •' mon dieu vous voilà tout rouge !

FILERIN.

Vous voyez bien... je suis tout rouge...

BERNARD

Et pv»is vous pâlissez...

FILERIN.

Je pâlis... quand je le disais... donne moi une chaise.

GUSTAVE

Allons, mon cher confrère... ( Filerin s'assied ).

BERNARD

Ne vous frappez donc pas comme ça , monsieur , ce n'est peut-être rien du tout.

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