‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 146 sur 228 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes , FATMÉ , ZULÉMA , Troupe d'odalisques qui

sortent de tous côtés , et qui entourent Nadir et Balachou ;

plusieurs gondoles dorées s'avancent sur les bords ducanalf

elles sont conduites par des Houris.

CHOEUR

Viens, cher Natlir, . .

Par le plaisir Et la folle, Que cette vie Soit embellie; Et que tes jours,

Exempts de peine, Forment une chaîne Dont les amours Charment le cours.

BALACHOU.

Mais quelle fête Ici s'apprête?

NADIR

Que voulez-vous ?

zulÉma.

Fartons... suis nous; Obéis au prophète...

fatmé.

Notre amour et nos vœux Te suivront en tous lieux.

CHOEUR

C'est l'heure de la fête.

NADIR , avec distraction:

Une fête. . . une fête. . .

Ici l'on ne voit que cela. . .

( à Balachou ) .

Il faut partir. . . attends-moi là, , , Mais je prévois que cette fête , Et les houris et le prophète , Ne pourront chasser de mon cœur £t Zéneyde et ma douleur.

CHOEUR

Fartons. . . c'est l'heure de la fête.

Nadir monte dans une gondole , avec plusieurs femmes ; Fatmé et Zuléma j suivies des Houris , l accompagnent sur les bords du canal , en chantant et en dansant ).

CHCœUR.

Vieni, cher Kadir,

Var le plaisir

Et la folie,

Que cette vie

Soit embellie,

£t quêtes joura,

ExempU de peine.

Forment une chaîo»

Dont les amours

Charmant le cours. ( lia disparaissent).

( ¥"> ) SGÈPvE \\U.

BALiiCnOU, seul.

Seigneur Nadir, ne soyez pas long-temps... je ne tonnais pas les êtres... il est déjà bien loin 3 ad!., me voilà doue en paradis... le diable m'emporte si je m'y attendais... quoique bon Musulman dans l'ame, je n'ai pas toujours suivi très-exactement tous les préceptes de l'Alcoran. ( A voix binse). Pour du vin... je ne ui'eu suis jamais fait faute... et même dans le temps que le seigneur Nadir mon maître avait des sequins , j'ai ide'e que nous partagions quelque tois à son ins<;u.. ( Se retournant et à voix haute ). Mais du reste... on le sait puisque me voilà... et la seule chose qui m't'tonne ici, c'est d'abord de m'y voir , et ensuite de n'y pas rencontrer certains dévots personnages de ma connaissance.

Premier Couplet.

Je n'y vois pas ce radi qu'on renomme j

Je n'y vois pas notre illustre visir;

Je n'y voi5 pas notre iinan , ce saint homme

Qui récemment s'était laissé mourir ,

Lui, dont les jours s'écoulaient à rien faire.

Lui qu'on citait dans notre ville entière

Et comme un juste et comme un bienheureux. . .'

Je vois enfin que tout est pour le mieux!

Puisqu'ils ont fait leur paradis sur terre ,

Ils ne pouvaient le trouver en ces leux!

Deuxième Couplet.

Et moi!. . grands dieux! qne les destins avares

En me créant avaient privé il e tout j

Dévalisé, battu par les tartar«s.

Jeûnant souvent et rarement par goût !

Traînant, obscur, ma pénible carrière;

Et pour sortir enfin de ma misère ,

Parfois coquin et pourtant toujours gueux!. .

Ah! le propUèie est juste et généreux l

N'ayant point eu de paradis sur terre ,

Je devais bien le trouver en ces lieux.

Ici au moins on est à Pabri des Tartares... on n'a pas à à craindre comme là bas , des rencontr^îs fâcheuses. ( // ap-

perçoit Sa-hah et Hours-han , qui passent leur tête à travers un buisson j et regardent de tous cotés ). Ah !... Mahomet... qu'est-ce que je vois h\... ( Tremblant et se cachant). C'est incroyable, voilà deux élus... qui ressemblent comme deux gouttes d'eau!., à mes coquins d'hier au soir...

SCÈINE IX.

BALACHOU, SA-IIAB, OURS-KAN, s avançant avec

précaution :, ils sont vêtus en Tartares ^ barbes épaisses,

turbans de couleur j larges cimeterres au coté.

SA-HAB , à Ours-han.

Ne l'avance pas trop... nous ne sommes pas en force...

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