SCÈNE VI
NADIR, BALACHOU.
NADIR
Ces pauvres petites... c'est la douceur même... mais avec cela , si on n'y mettait pas un peu de caractère... Eh ! bien , mon cher Balachou, parle, je t'en conjure, tu dis donc que Zéneyde... cette Zéneyde , que j'adorais , que j'adore encore.. Tu l'as vue?..
BALACHOU.
Oui , notre maître...
NADIR
Et où est-elle?., conduis-moi à l'instant. .
BALACHOU.
Que je vous conduise!.. Pardi, je ne demanderais pas mieux... Mai? on ne peut plus y retourner , et c'est ce qui me désole!..
Elle existait... et moi qui croyais l'avoir perdue pour jamais!.. Tu es bien sûr que cotait Zeneyde... celle dont je te parlais sans cesse. ..
BALACUOU.
Vous allez en juger... hier soir... après la petite partie de d«^bauche que vous aviez imaginée , comme vous veniez de partir... je sentais que je ne pouvais pas l'éciiapper... le froid rac gagnait déjà, mais je me retenais tant que je pouvais... parce que c'est toujours terrible , à la Heur de Tage. . . Une mort prématurée... Surtout quand on a pas mis ordre à ses affaires., enfin , je me défendais comme un démon!., au milieu de ceux qui nous entouraient... une seule fcuime me louciiait par son désespoir... elle s'écriait : c'est lui qui m'a sauvé la vie, et je n'ai pu lui témoigner ma reconnaissance... malheureuse Zéneyde...
^ADIR.
Zéneyde... c'est bien elle!.. Q\ù pouvait Tavoiï amesce près de nous?..
BALACHOU.
Eh! mon dieu... vous ne comprenez pas... que nous étions chez son père... le seigneur Nathan le riche.
îsADIU.
Son père !
EALACHOU.
Au moins, a-t-elle ajouté, qu'il emporte au tombeau le titre de mon époux! Elle s'est emparée de ce bracelet que vous portiez... et vous a donné son anneau.
NADIR , le regardant à son doigt.
Son anneau! Il serait possible... je serais sou époux...
BALACHOU.
La belle avance... ra fait une veuve de plus... et une veuve qui vous est bien attachée , car elle a donné des ordres pour qu'on vous élevât un mausolée de toute beauté... du marbre, du porphire , des sculptures... vous pouvez voviS vanter d'avoir un bieu joli petit tombeau, vous serez là comme un ange... ensuite , on vous préparait mi convoi magnifique... des gardes, des esclaves, des flambeaux... Malheureusement, je n'ai pas pu
le voir , je suis mort au moment où le cortège allait se mettre en marche.. . mais le coup-d'œil devait élre superbe...
Malheureux que suis... comment cette Zéneyde que j*aimais... que j'idolâtrais... elle était à moi, j'aurais pu passer ma vie auprès d'elle... et je vais comme un insensé...
BAIACHOU.
Là... ce que c'est que de se presser...
NADIR
Mais réponds loi-raérae... comment prévoir qu'au moment où tout semble vous abandonner... le bonheur est là... près de nous...
BALACHOU.
C'est pour cela , seigneur , qu'on a tort de se mêler de ce qui ne nous regarde pas... Que diable, dans ces cas là on attend.
NADIR
Eh ! fais moi grâce de tes réflexions... Elles me désespèrent.
BALACHOU.
Et moi donc , croyez -vous que je sois ici pour mon plaisir.. avoir laissé cette pauvre Nyn-dia , qui m'aimait comme une folle. . . mais voyez que de victimes vous entraînez après vous.
NADIR
Ah! rien n'égale ma douleur... cl si je m'en croyais..: Allons , encore mes femmes ! . .