‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 169 sur 228 · IVURCEL, TOINETTE, JE \N- CLAUDE · texte numérisé non relu

IVURCEL, TOINETTE, JE \N- CLAUDE

lis entrent en se disputant.

TOINETTE

Air : Non y non^ point de pardon.

Fi , fi qu-i* c'est vilain , Sans ct'ss' mc'dire D' ceux f^ui n' pouvont rien dire; Fi , ti que c'est vilain, Peut-on si mal parler d' ion cousirt.

JEAN CLAUDE

C'était un mi nteur, TOmETTE.

Qu'avait un bon cœur.

JEAN CLAUDE

C'cinit un poltron ;

TOINETTE

Pour ça , je dis qu' non.

JEAN CLAUDE

Un franc libertin ,

TOINETTB-

Qu' aurait fait son chemin.

JEAN CLAUDE

Un mauvais sujet ;

TOINETTE

Alais qui m' plaisait.

Fi , fi que c'est vilain , etc.

JEAN CLAUDE

Non , non c' n'est pas vilain , Ensemble. / ^ H faut bc rire

wuand on a rien a dire; Bon, bon c n'est pas vilain , Faut ben médire un p'tit brin , Du prochain.

TOINETTE

Vous avez un mauvais cœur , Jean-CIaudc.

JEAN-CLAUDE

N'y a pas de mauvais cœur à ça.

TOINETTE. 5

Décrier les siens.

JEAN-CLAUDE, J' lui rends justice ... y n' valait rien.

TOINETTE

Marcel .'' il valait mieux que vous.

MARCEL , à part.

Ah ! ah ! il est question de moi.

Faut avouer qu' vous êtes hen la fille de vol' père , ostinée comme trente-six Bretons ; enfin vous étiez si jeune quand ce mauvais garnement de Marcel s'est enfui du pavs, à peine si vous pouvez vous en souvenir , et vous êtes toujours a chanter ses louanges.

TOJNETTE.

Parce qu'il était bon et qu'il prenait toujours mon parti quand vous vouliez me battre.

JEAN-CLAUDÈ.

Moi .. je VOUS battais !,.. Si on peut dire...

TOINEITE.

Oui, INInnsicur,.. A préscn! que mon oncle m'a laissé viiig" <ni!ie franrs, je suis votre chère Toinellc, autrefois j elais une pciiie sotie.

Air : Un dit que je suis sam malice.

Plus d'une fi)is dans notre enfance , ^ ous me corrîj^iez d'importance, J' vous en dois assez , Dieu merci.

JE^N CLAUDE

Vous m' payerez <|uand j' s'ral vot' mari ;

Et dailleurs en fait de taloches ,

Si j' vous en baillais, sans reproches ,

IVIarcel mêles ren iait si bien,

Que d'puis longtemps vous n' me d'vez rien.

Par ainsi donfioos-nous quittance définitive etn' pensons qu'à uot' mariage,

MA RCEL , lui frappant sur r épaule.

C'est ç.T morbleu.

Je AN-Cî.AUDE, riant en se frottant l épaule. Tiens, c'est Ihuzani .. Il est gai Ihuzard , j" lai reconnu au toucher... L habitude de caresser son cheval.

TOINLTTE,

Vot' servante, monsieur Ber'ra;id.

MARCEL

Salut , mamselle Toinelte... Eh ! ben le papa est donc enfin raisonnable... et nous allons danser. jean-<;laud£.

N' m'en parlez pas, i! est j)!us lê'u que jamais; enfin, monsieur Ber'rand , vous qu ave/; connu uîon cousin Marcel à 1 armée, vous savez ben qu il est mort.

MARCEL

On me l'a dit.

to;î4ette.

Ça n'est pas sûr.

JEAN-CLAUDE

Eh ! ben , parce qu il n en a pas la preuve par écrit , mon oncle, le maître d'école, ne veut pas me mettre en

possession de rhérîfage], comme si ce pauvre Marcel étaiî obligé d' mourir par devant notaire pour lui faire plaisir . . . aussi je serai forcé de plaider.

TOINETTE

De plaider. . . ?

JEAN-CLAUDE

Oui, Mamselle... et même pour vous épouser, vous verrez qu'il faudra faire marcher les huissiers.

TOINETTE

Air : Traitant V amour sans pitié.

Contre mon père... ah ! l'horreur !

N' plaidez pas , Je vous rordonne.

JEAN CLAUDE

Les procès n' connaiss' personne.

Un arrêt Tra nol' bonheur.

TOINÉTTE.

Songez-y bien , j' yous 1' repète , Queuqu succès qii' ça vous promette, Si vous plaidez, plus d ' Toinette , Je r 'nonce à vous

JEAN CLAUDE

Et pourquoi ?

TOINETTE

Je n' veux pas qu'on m'etablls.se

Par autorite de justice , Et qu'on ni'aini' de par le Pioi.

JEAN-CLAUDE

Ah ! c'est égal... j'ai déjà fait publier les bancs , il faut qu' vot' père se décide ; parce quil est le maître d'école du village et qu'il sait quatre mots de latin qu'il met à toutes sauces, il se croit plus grec qu'un autre , mais y lui parlerai d' la bonne encre. Le v'ià qui sort de sa classe.

SCÉINE V.

Les Mêmes , Jacques GOBINET.

COBINET , arxourant.

Grande nouvelle , mes enfans !.. Post nebula , on voit luire Tarc-en-ciel !. . notre cher Marcel n'est point mort!

TOINETTE , avec joie Il n'est pas mort !...

JEAN-CLAUDE , troublé.

Il n'est pas mort! qu'est-ce qui dit une pareille bêtise ?

GOBINET.

Une lettre de Rouen... un ami qui a pris des informations et qui a suivi l'affaire , ab ovo , (^parcourant la lettre.^ i°. Notre fugitif s'était embarqué au Havre , et était resté trois ans dans les Indes.

JEAN-CLAUDE

Nous savions ça.

GOBINET,

2°, Il revint ensuite se battre en Italie... puis dans l'artillerie.., après ça en Pologne, dans un régiment de dragons, car c'était un garçon zw utroque jure ., qui maniait également le sabre et le canon ; depuis ce temps-là nous ne savions ce qu'il était devenu... mais un voyageur qui arrive deFecamp, et qui s'est arrêté c^iez la veuve Simoneau , assure avoir parfaitement reconnu Marcel, <Zs m«, c'est-à-dire des deux yeux, il y a deux mois , du côté d'Abbeville.

JEAN-CLAUDE , effrayé.

Un voyageur !

MARCEL, à part.

C'est ce petit marchand de toiles avec qui j'ai déjeûné.

Ça n'est pas vrai.

Pourquoi donc ^

TOINETTE

JEAN-CLAUDE

Parce que- . . parce que. . . quand on est mort , on ne vous fait pas de ces peurs-là , ça serait d'une insensibilité profonde. . . Moi qui ai porté son deuil ; car j' l'aimais dans le fond.

TOINETTE riant.

Le deuil . . . Ah ! je le crois bien.

JEAN-CLAUDE

Enfm , puisque M. Bertrand l'a vu tumber à ses côtés. . . N'est-ce pas , monsieur Bertrand î*

MARCIL.

Ah ! (lame , c'est possible , nt.is je ne l'assurerais pas,

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