MARCEL, JEAN CLAUDE
MARCEL , à part.
Ou'est- ce qu'il a donc ?
JEAN CLAUDE , avec une colère concentrée.
C'est une indignité. . .uiie trahison .niais, jarni, je m'en vengerai.
MARCEL
Comment ?
JEAN CLAUDE
Mon ami mon cher ami , vous m'avez <\l\ cent fois
que vous m'aimiez ni plus ni moins qu un l'rèrc.
MARCEL
Parlez ! . . .
JEAN CLATJDE.
Vous voyez qu'ils sont tous contre mé, ils veulent resâusciler Marcel pour me ruiner. . Mais je les j.revic:i.'raj.
MARCEL
Vous allez plaider.
JEAN CLAUDE
Ah! (jue nenni. . . pas si bêie pour le qii^ri-d heure , ça traînerait trop en longueur, j ai un au're ni(i)cn une
bonne bourde... une frime Normande qui part de là., ça dépend de vous.
MARCEL
De moi f
JEAN CLAUDE, câHnani.
Etes-vous un bon enfant ?
MARCEL
Mais , jusqu'à présent. . .
JEAN CLAUDE
C'est pas ça que je vous demande... êtes-vous un bon enfant.?..
MARCEL
Sans-doute
JEAN CLAUDE
Mon oncle ne veut conclure mon mariage qu'en présence de Marcel.
MARCEL
Eh ! bien !
JEAN CLAUDE , d'un air fin.
Eh! ben si. . . si. . . vous étiez mon cousin. . . hem!
MARCEL , à part.
Est-ce qu'il se douterait. (^Haui.) que voulez-vous dire ?
JEAN CLAUDE
V'iàtout, c'est mon idée. . . Si vous étiez mon cousin .''
MARCEL
Si J€ l'étais. . . alors nalurollement. . .
C'est pas ça. . . . Je dis si tous étiez mon cousin. . . une supposition . . ça veut dire soyez mon cousin. . .
MAaCLL.
Ah ! je commence à comprendre , vous voulez dire que je fasse semblant. . .
JEAN CLAUDE
Juste! vous aurez voulu nous éprouver. • . voir si nous vous regrettions. Marcel retrouvé y mon oncle ne peut plus s'opposer . . j'épouse Toioette. . . je m'empare des biens. . et puis nous avouons" la frime au père Gobinet. . . Allons, hardi. . . Ça va-t-il ?
M A lie EL, à part.
Ma foi... je ne résiste pas au plaisir de me faire connaître de Toinetle.
JEA.^' CLAUDE.
Eh! ben. . . vous vous tâtez ?
MARCEL
Non., je sens que je fais mal, mais, ma foi, le plaisir do vous obliger.
JEA^f CLAUDE , T emhrasscOit .
Ah ! l'honnête homme ... le brave brigadier . . • Ah ! çà , vous savez l'histoire de Marcel ?
M\KCEL.
Comme la mienne. . . Depuis quinze jours que je vous en entends parler.
JEAN CLAUDE
Vite à la besogne. . . retirez-vous une minute. . . pour que je 'es prépare. . . il faut une reconnaissance, l'émotion ,. dites d(î4ic, si vous pouviez pleurer , ca ferait une fière avance.
Ah ! je ne vous promets^ pas ça.
Ata du Verre.
On ne pleure pas à son gré « D'vous obliger j'aurais t-nvie, IVIais croiriez— vous que j'n'ai pleure Qu'une seule fois dans ma vie ;
ha Famille normande. 2
( rS )
Or, «U'vinez quel coup f;)lal, A ce point nvait pu m'alinttre...
C'était de m\oir à IMiopital Un jour oir l'on devait Se battre.
JEA^ CLAUDE.
Vous étiez Lé bon. . . je n'aurais pas pleuré pour ça , moi. Tenez-vous là, el vous arriverez quand je vous ferai sigue.
MARCEL
C'est convenu. (^1/ sort.)
SCÈiNE Vil
JEAN CLAUDE , srnr
Je les tiens- • Au moyen de deux ou trois bouteilles de cidre j'en serai quille avec Thazard... Hardi , Jean Claude. ( // se frotte les mains.')
Air : Une vendange aussi bonne , aussi belle .
Je sais ben que je fraude , Mais de cbaque pays Il faiit suivi' la uu'fbndp , Et j'Ios vois tous surpris,
I3ii': c'est Marce! ,
Queu coup du ciel!
Oui, c'est lui! c'est ma fine bé lui. . . Comme il est. grandi , embiîHl .. ilsle reconnaissiont , l'emluassionl , et moi j' suis muclié dans un petit coin , je vois tout ça . je ris dans ma barbe. . . et ;e dis : Allez. . . allez. . . ( // t:huiUi\)
Malgré mon nom je n' suis point d'Ia saint-Claude; \ la uti cousin Que )' *ous ai fait c' malin.
( // danse. )
La scène sera chaude ,
Vu (|uc c'est un malin , Qu'est qu'çani' lait ([u'on clabaude, Pourvu <iu'ce soif 1' lend'main
Qu' j aurai 1' magot Kl 1' coujungo.
Dtet»! ça s'ra-t-il bon! <|uand j'aurai ronvoyé l'huz.Trd après n»e9 noces. . . c» que , le !cniltn»ain , ma (emmc dira :
Eh! ben Jean CInude, on va déjeuner, appelle donc lu cousin , mois j' n'aurai point l'air. . . el je dirai. . où donc qu'il est?.,. C'-ousin!.. On lappèlera .. . On le cherchera... Moi je rirai et dirai tout bas!. . Allez. . allez. . {Il chante. )
Courez après, je n'suis pas d'ia saint-Claude, N'y a plus d' cousin, Pas plus que d'ssus ma luain.
( // danse. ) Allons, allons. . . prenons une figure à révènemcnt. ( // appelé. ) Mon oncle! Toinetle ! liabet ! . . . Grande nouvelle, uion oncle