MARCEL , JEAN CLAUDE
JEAN-CLAUDE , à /?a7f.
Dieu 1 s'il n'était pas militaire, comme je lui repasserais une vendange normande sm' les épaules^™, MARCEL , d'un air liant.
Eh! bien, mon cousin. . . êtes-vous content de moi?. . .
JEAN-CLAUDE
Ma fine. . . je serions ben difficile , vous avez bien fait la friine ■ . .
MARCEL , se frottant les mains.
Enfin me voilà reconnu, je vais me faire rendre mes comptes. . . ensuite je penserai à mon mariage.. •
JEAN-CLAUDE
Avec qui ?
Avec ma cousine.
Laquelle .'' Toinette.
JEAN-CLAUDE
Par exemple , vous plaisante^.
JEAN-CLAUDE
MARCEL
MARCEL
Je ne plaisante jamais.
JEAN-CLAUDE
ÎSous verrons.
MARCEL
C'est lout vu.
JEAN-CLAUDE
Assez comme ça, Tliuzard... c'étail bon jusqu'à c't' heure. ^ mais si ça continuait je me fâcherais.
MARCEL
Pourquoi donc ?
Air : Ronde de la ferme.
Ah ? puisque le père et la (ille
INI 'ont liieu accueilli , IJieu merci,
Heuieux au sein tle ma famille ,
Je ne quitt' plus ce pays-ci; (bis.)
l'rés d'un' cousine aussi jnhe
Quil m' s'ra doux de passer ma vie.
JEAÎS -CLAUDE.
ÎNÎarchez donc , marchez , marchez donc y J' suis un cadet d' la Normandie.
ÏNIaichez donc, marchez, marchez donc, Vous n' dites pas ça pour tout d' bon.
MARCEL
Si , ma fol, ou le dlaLIc m'emporte , à présent que me voilà reconnu de toute la famille, moi , je n'ai jamais hérilé, et je ne serais pas fâché de faire connaissance avec une succession. . . .
JEAN-CLAUDE , à part.
Il profile de ma position pour me rançonner ( haut ). Allons , je vois qu'avec vous autres huzards, faut toujours vous donner une part du bulin . . . voyons si une vingtaine d'écus pouvaient vous être agréables.
MARCEL
V ingt écus...
JEAN-CLAUDE
Dame! au prix où tout est, avec vingt écus j'aurais eu une demi-douzaine de petifs cousins bé gentils.
W vRC EL.
M i«> érable !
Même air que le prn édinl.
L'aveu que tu v'cns de me (.«ire Pour mon honneur est outra^i'ant , Apprends cl' nioi (|u'un franc militaire N' bat pas en r'trait' pour de l'argent ; Je n' saib dan» ina coierc extrême , A (juoi tient qu' sur ta Tiee bién»e.
( Il fait le geste de donner un soufflet. )
JEAN-CLAUDE , tendant sa joue.
Tapez donc , tapez , tapez donc ,
J' vous Trais un bon procès tout d' même ;
Tapez donc, tapez , tapez donc ,
C'est tout profit , n y a pas d'aflront.
MARCEL, se modérant.
Tu n'en vaux pas la peine,
JEVN-CLAUDE.
Vous reculez malgré ça. . . Lein ! vous n'osez point.
MARCEL
Ecoutez, entrons eu accommodement , changeons de rôle . . vous aimez Targcnt :*
JEAN-CLAUDE
Eh ! bé donc , quoique vous voulez que j'aime ?
MARCEL
Moi , j'aime Toinette ...
JEAN-CLAUDE
Vous aimez Toinette ... et moi qui suis son fiancé.
MARCEL
Fiancé , c'est un grade sans conséquence . . ■ Tenez , je vous abandonne la moilié de ma part de la succession et vous signez mon contrat de mariage.
JEAK-f LAUDE , étouffant.
Par exemple , c'est trop fort , je ne vous donne plus rien.
MARCEL
Eh ! bien , je garde tout.
JEAN-CLAUDE
Nous verrons , je cours tout avouer à mou oncle.
MARCEL
Je vous ea défie.
JEAN-f.LAUDE.
Lui flire que vous n'êtes pas plus mon cousin que le grand Turc.
MARCEL , riant.
Ingrat. . vous qui m'avez reconnu.
JEA^-CLAUDE.
Vons faire chasser du village comme un vagabond. . . . un intrigant. . . un inslru.
MARCEL
Comment !
JEAî^-cL\UDE , s'éloignant.
Oui , un voleur de succession , ah ! jarni, je n'ai point peur. . . je défends mon bien et je n'en lâche plus mi dénier.
MARCEL
Morbleu.
JEAN-CLAUDE , chante.
a Tapez donc, etc.
( Il sort. )