‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 178 sur 228 · MARCEL , JEAN CLAUDE · texte numérisé non relu

MARCEL , JEAN CLAUDE

JEAN-CLAUDE , à /?a7f.

Dieu 1 s'il n'était pas militaire, comme je lui repasserais une vendange normande sm' les épaules^™, MARCEL , d'un air liant.

Eh! bien, mon cousin. . . êtes-vous content de moi?. . .

JEAN-CLAUDE

Ma fine. . . je serions ben difficile , vous avez bien fait la friine ■ . .

MARCEL , se frottant les mains.

Enfin me voilà reconnu, je vais me faire rendre mes comptes. . . ensuite je penserai à mon mariage.. •

JEAN-CLAUDE

Avec qui ?

Avec ma cousine.

Laquelle .'' Toinette.

JEAN-CLAUDE

Par exemple , vous plaisante^.

JEAN-CLAUDE

MARCEL

MARCEL

Je ne plaisante jamais.

JEAN-CLAUDE

ÎSous verrons.

MARCEL

C'est lout vu.

JEAN-CLAUDE

Assez comme ça, Tliuzard... c'étail bon jusqu'à c't' heure. ^ mais si ça continuait je me fâcherais.

MARCEL

Pourquoi donc ?

Air : Ronde de la ferme.

Ah ? puisque le père et la (ille

INI 'ont liieu accueilli , IJieu merci,

Heuieux au sein tle ma famille ,

Je ne quitt' plus ce pays-ci; (bis.)

l'rés d'un' cousine aussi jnhe

Quil m' s'ra doux de passer ma vie.

JEAÎS -CLAUDE.

ÎNÎarchez donc , marchez , marchez donc y J' suis un cadet d' la Normandie.

ÏNIaichez donc, marchez, marchez donc, Vous n' dites pas ça pour tout d' bon.

MARCEL

Si , ma fol, ou le dlaLIc m'emporte , à présent que me voilà reconnu de toute la famille, moi , je n'ai jamais hérilé, et je ne serais pas fâché de faire connaissance avec une succession. . . .

JEAN-CLAUDE , à part.

Il profile de ma position pour me rançonner ( haut ). Allons , je vois qu'avec vous autres huzards, faut toujours vous donner une part du bulin . . . voyons si une vingtaine d'écus pouvaient vous être agréables.

MARCEL

V ingt écus...

JEAN-CLAUDE

Dame! au prix où tout est, avec vingt écus j'aurais eu une demi-douzaine de petifs cousins bé gentils.

W vRC EL.

M i«> érable !

Même air que le prn édinl.

L'aveu que tu v'cns de me (.«ire Pour mon honneur est outra^i'ant , Apprends cl' nioi (|u'un franc militaire N' bat pas en r'trait' pour de l'argent ; Je n' saib dan» ina coierc extrême , A (juoi tient qu' sur ta Tiee bién»e.

( Il fait le geste de donner un soufflet. )

JEAN-CLAUDE , tendant sa joue.

Tapez donc , tapez , tapez donc ,

J' vous Trais un bon procès tout d' même ;

Tapez donc, tapez , tapez donc ,

C'est tout profit , n y a pas d'aflront.

MARCEL, se modérant.

Tu n'en vaux pas la peine,

JEVN-CLAUDE.

Vous reculez malgré ça. . . Lein ! vous n'osez point.

MARCEL

Ecoutez, entrons eu accommodement , changeons de rôle . . vous aimez Targcnt :*

JEAN-CLAUDE

Eh ! bé donc , quoique vous voulez que j'aime ?

MARCEL

Moi , j'aime Toinette ...

JEAN-CLAUDE

Vous aimez Toinette ... et moi qui suis son fiancé.

MARCEL

Fiancé , c'est un grade sans conséquence . . ■ Tenez , je vous abandonne la moilié de ma part de la succession et vous signez mon contrat de mariage.

JEAK-f LAUDE , étouffant.

Par exemple , c'est trop fort , je ne vous donne plus rien.

MARCEL

Eh ! bien , je garde tout.

JEAN-CLAUDE

Nous verrons , je cours tout avouer à mou oncle.

MARCEL

Je vous ea défie.

JEAN-f.LAUDE.

Lui flire que vous n'êtes pas plus mon cousin que le grand Turc.

MARCEL , riant.

Ingrat. . vous qui m'avez reconnu.

JEA^-CLAUDE.

Vons faire chasser du village comme un vagabond. . . . un intrigant. . . un inslru.

MARCEL

Comment !

JEAî^-cL\UDE , s'éloignant.

Oui , un voleur de succession , ah ! jarni, je n'ai point peur. . . je défends mon bien et je n'en lâche plus mi dénier.

MARCEL

Morbleu.

JEAN-CLAUDE , chante.

a Tapez donc, etc.

( Il sort. )

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