‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 200 sur 228 · SCÈNE Xlîl · texte numérisé non relu

SCÈNE Xlîl

Les Prccédens , Lady I\1ELF0RT.

LADY MELFORT , sortant avcc empressement. Ma fille , que me veux-tu ?

SIR ARTHUR

O! ciel , c'est ladj Melfori !

JULIETTE

Oui , celle à qui vous venez de ravir sa fille, son mari , tout son bonheur?.. Maman , dis-lui au moins que je ne suis pas folle , peui-eire il te croira?

SIR ARiHlR.

Quoi !.. ce que vous me disiez tout-à-l'heure...

JULIETTE

Etait la vérité... et ce billet que vous avez laissé prendre à ce vilain intendant...

LADY MELFORT

O! ciel , il indiquait la demeure de mon mari !.. Et si lord Mcifort tombe Ciiiie leurs mains , vous savez comme moi qu'il est perdu.

SIR ARTHUR

Quoi! vous pourriez supposer que sans motifs ?..

LADY MELl^OF.T.

Il en est que vous ignorez.. . mais enfin , puisque vous savez maintcnani qu. je suis , je vous supplie, sir Arthur, au nom de l'anutié que vous portait mon mari , par les liens de famille Cl de parenté qui nous unissent , donnez-nous les moyens de

(27) nous jeter aux pieds du Roi , c'est tout ce que nous vous demandons.

SIR ARTHUR

Venez , je vais vous y conduire moi-même.

JULIETTE

Hélas! mon cousin, vous ne pourrez pas! Cet intendant , ces valets armés nous reiieudroni en ces lieux!

SIR ARTHUR

Et de quel droit 1 oseraient-ils? Quand je leur commanderai...

LADY MELFORT , secouant la tête.

Ne l'essayez pas... ils obéissent ici à un pouvoir supérieur au vôtre.

SIR ARTHUR

Que voulez-vous dire? Et quel est donc votre persécuteur? Quel autre que moi pourrait donner ici des ordres aux serviteurs de mon père?.. Vous baissez les yeux!.. Vous vous taisez!.. Dieux! quelle idée!.. Seraii-il possible! Achevez de m'instruire.

JULIETTE

Non , non, mon cousin , nous ne dirons rien , ni à vous, ni à personne... vous êtes si bon... si généreux... nous épargnerons votre père... mais sauvez le mien.

SIR ARTHUR

Air : De Turenne.

Oui , votre exemple et me guide et m'éclaire , Plus d'un flatteur, plus d'un perfide ami , Je le vois trop, ont égaré inoa père; Mais je îaurai le sauver malgré lui :

Soustraire ainsi noire nom à l'outrage, C'est à jamais assurer son buuheur , Et l'empêcher de manquer à l'honneur, C'est défendre mon héritage.

Mais quel parti prendre?.. Los momens sont précieux... et je crois comme vous, maintenant, qu'on ne vous permettra pas d'aller trouver Sa Majesté. Moi, du moins , je puis sortir; adieu!.. Avant une demi -heure, vous aurez de mes nouvelles.

LADY MELFOr.T.

O! ciel , que voulez-vous faire?

M'exposeï" , peut-éire un peu !... mais si on ne risquait rien. . écoulez... Sa INÎajesté chasse dans les environs, et je dois aller au devant d'elle, pour la conduire au château de Birton , qu'elle ne connait piis,et où une niagnifi(jue collation l'attend. Vous savez ce que c'est qu'un appétit de chasseurs!.. Eh! bien, au lieu de les conduire à Binon, je les amène ici , où rien nest préparé , où il n*y a pas une seule provision!.. Mais qu'importe? Le Pioi comptait trouver un bon déjeuner... il trouvera une bonne action à faire... je le connais, il m'en remerciera.

JULIETTE

Oui , mais toute la suite du Roi va être dans une belle colère.

S!R ARTHUR

Du tout , quand le Roi ne déjeûne pas , ils n'ont jamais faim... Adieu.

( // sort en courant).

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