SCÈNE XIV
M. DU R AIN D, M. GODARD, U"'". DE SAINT-ANGE, M-'. BENOISÏ, M"". RENARD, 31-°% DLROLZEAU, Parens et Parentes.
Ivl. GODARD, k la cantonnade.
Oui , ma chère amie. . . . oui , dès qu'il sera baptisé , nous te le rapporterons; . . mais tiens-toi bien chaudement, je t'en prie.
M. DURAND, à part.
Ce pauYie Godard ! il me fait peine. ... Ce calme. . .. cette tranquillité. . . . Mariez-vous donc? ( Haut , iui donnant une poignée de main. ) Eh bien, mon pauvre ami ! M. GODARD.
Eh bien , mon cher , tout va bien ! . . . J'espère que vous êtes content.. . . Un beau filleul. . .. gros et bien portant. M. DURAND.
C'est donc décidément un garçon ?
M. GODARD
Eh! paibleu , qui est-ce qui en doute.!' M. DURAND , à part.
Alors , arrangez-vous. . . . L'un dit une fille. . . . l'autre
un garçon Ces deux Messieurs devraient s'entendre.
M. GODARD
Allons , partons . . . toutes les voitures sont à la porte.
Mme. BENOIST.
Oh mon Dieu! et le nom de l'enfant?
I\I. GODARD se Irappant le front.
Le nom de l'enfant. .. c'est pourtant vrai. . . nous n'y
pensions pas. . . Comment l'appellerons-nous?
Mme, DE SAINT -ANGK.
Moi , )e n'ai pas d'avis . . . cela regarde la lamilie . . .
Mme. DUROUZEAU.
Voulez-vous un joli nom. . . Théophile cob n'est pas
commun.
M. GODARD
Du tout; je connais quelqu'un qui porte ce ncn là et qui est borgne. . . Moi , c'est peut-être une idée. . . je me suis toujours promis que si j'avais un fils il s'appellerait Barnabe.
TOUTES
Oh ! Barnabe! . . . quel vilain nom !
M. GODARD
Gomment ?... un vilain nom apprenez que e*e.-l le
mien , et que décidément mon fils s'appellera Barnabe.
Mme. BENOIST.
Du tout. ... du tout. . . . j'ai ce qu'il vous faut, le plus joli nom de l'almanach. .. un nom admirable et sonore. . . Théodore. . . et cela ira très-bien , parce que, vo^^ez-vous , on dira : où est Théodore?. . . qu'est devenu Théodore ? . . . qu'on donne le fouet à Théodore.
M. GODARD
Eh bien, on dira, où est Barnabe?. .. qu'est devenu Barnabe. . . qu'on donne le fouet à Barnabe ?. . .
Mme. BENOIST.
Jamais mon petit fils ne s'appellera Barnabe.
M. GODARD
Et jamais mon fils ne s'appellera Théodore , j'aimerais mieux qu'il ne fût pas baptisé.
Mme. BENOIST.
Et moi , q'i'il n'eût jamais de nom !
M. GODARD, furieux.
C'est cela un enfant anonyme î quelle tournure cela
aurait-il dans le quartier?
M. DURAND
Eh! mais, calmcz-vous ; n'y aurait-il pas moyen d'arranger cela. ... et d'en choisir un tout autre ? M. GODARD.
Au fait nous n'y pensions pas combien je vous
demande de pardons c'est Monsieur qui est le parrain .... et c'est à lui de nommer. . .
TOUT LE MONDE
C'est trop juste.
M. DURAND
Eh bien , pour mettre d'accord tous les intéressés et ayant cause. . . . car il paraît que dans cette affaire-ci. .. . il y en a plus qu'on ne croit.. . . si nous appelions l'enfaat Hippolyle ?
Mme. B EN O I S T , avec approbation.
Hippolyte. . . . voilà ! j'allais le proposer.
M. GODARD
Au fait... . Hippclyte. ... c'est justement ce qu'il nous faut.... ça n'est pas trop.... et en même temps c'est assez. . . . Parbleu quand on l'aurait fait exprès. . . et puis , j'ai idée que ma femme m'en parlait l'autre jour. ... Va donc pour Hippolyte.
I\lme. DE SAINT-ANGE.
Enfin. . . . voilà la discussion terminée, ce n'est pas sans peine. .... [J Durand. ) Allons, mon cher compère, ouvrons la marche et paitons.