SCÈNE III
Les PaÉGÉDENs , THÉPiÈSE.
THÉRÈSE
Vot' servante, Mesdames... on m'a dit que vous me faisiez l'honneur de venir prendre du lait au moulin, et je vous demande mille pardons de vous avoir fait attendre... (^^ Fierre ,
qui est resté immohile devant elle. ) Eh bien ! que fais-tu là?... va donc chercher du lait... du pain frais... Pierre!... m^eiilends-lu?... En vérité... il y a des momens, où tu ne sais ce que tu fais...
PIERRE, toujours immohile.
Si fait... si fait... c'est que j'étais là, à vous regarder, madame Thérèse...
THLBÈSE.
La belle occupation !.
JULIETTE
Pierre avait rai'^on... cet air de franchise et de bonne humeur... [soupirant.) Vous éles bien heureuse, madame Tiiérèse ; vous êtes toujours gaie.
^ . THÉRÈSE
Toujours?... ehî mais oui... à peu-près... pourquoi ne le serais-je pas ?... on est toujours lieureux ,. quand on n'a mis son bonheur à la disposition de personne; et je me suis arrangée pour que le mien ne dépendit que de moi... fille d'un brave mililaire, qui avait gagné plus d'honneur que d'argent, je fus obligée, à sa mori, d'entrer conune Demoiselle de compagnie auprès d'une grande dame. Là , j'avais lu per^ipective de passer ma vie à végéter dans »m salon... en butte aux caprices de Madame , aux airs protecteurs de ses bonnes amies , aux propos galans des jeunes gens du bon ton , qui croyaient m'honorer eu me faisant la cour, et qui trouvaient mauvais que je me moquasse d'eux... c'était à n'y pas tenir... j'ai renoncé à mon brilîant esclavage; j'ai pris à ferme ce moulin ^ et, au lieu d'obéir, je commande.