ALFRED, THÉRÈSE
THÉRÈSE
Quoi ! VOUS voilà déjà de retour ? vous avez donc abandoimé ces Dames dans les allées de votre parc?.... Mais c'est trèsmal.
ALFRED
Oui , notre promenade a été assez ennuyeuse ! Et loi , qu'astu fait pendant ce temps?
THÉRÈSE, soupirant.
Moi !... j'ai pensé à vous.
ALFRED, avec joie.
A moi !
THÉr.èsE.
Oui ; à vos travers... à vos défauts.
ALFRED
Eh ! mais... tu os une manière de penser à moi , qui est trèsdésagréable.
THÉRÈSE
C'est l'amitié que j'ai pour vous.... je voudrais que toulie monde vous aimât.
ALFRED
. Eh bien! si tu commençais... si lu leur donnais l'exemple. ..
THÉRÈSE
Je ne peux pas, et c'est ce qui me désole... vous vous arrangez de manière qu'il n'y a pas moyen.
ALFKED.
Je voulais te parler; mais à toi seule, «t depuis que je suis arrivé, je n'ai pu en trouver l'occasion.
THÉRÈSE
Eh ! mon Dieul qu'avez-vous donc à médire ?
ALFRED
Tu te doutes hien que je ne venais pas seulement ici pour prendre des inForuialiou.s sur ma prétendue... j'avais une dejiiaiidc à te faire. . Eh bien ! tu ne le croirais pas, je ne sais comment m'y prendre !
THKRÈSE.
Quoi , Monsieur?
ALFRED
Oh , ne t'effraie pas... je ne veux pas te parler d'amour !... Ne crois pas que je m'expose encore à tes railleries, à tes mépris... j'aimeriiis mieux mourir que de te faire la cour.... parce que... certainement , tu es fort jolie, je crois même que tues mieux que jamais... mais lu as des défauts... lu en as de très-grands... d'abord tu ne peux pas me souffrir.
THÉRÈSE
Moi , Monsieur ?
ALFRED
Oh! je sais ce que tu vas me dire... c'est moi seul, ce sont mes extravagances qui l'ont fait quitter Paris... Eh bien! lu avais raison de me fuir... de repousser mes offres... je t'aimais :ilors... mais... maintenant que je ne t'aime plus... que je ne t'aimerai jamais... ou le Diable m'emporte... je ne vois pas ce qui l'empêcherait d'accepter. ..
THÉRÈSE
Que voulez-vous dire ?
ALFRED
Oui , Thérèse ; ce moulin... cette prairie... les terres qui
dépendent... [Jetant un parchemin sur la table.) Tout cela est à toi... C'est ce que je voulais te supplier d'accej>ler.... tu ne peux pas me refuser., moi , c'est Uni... je me marie... ça u'esl point suspect... c'est le présent de noce.
DUO
tbérÈse.
Non, non je ne puis croire encoro A tant de générosité ; Mais cette amitié qui m'honore Sufût à raa félicité.
ALFRED
Tu me refuses...
THÉRÈïE,
Je le ào'j^
ADFRED.
Comment, Thérèse?
THÉRÈSE
Ah ! laissez-moï, Laissez-moi, je tous en supplie Garder le nom de voire amie.
Eh ! quoi tu serais mon amie?
Ton regard n^est-il pas trompeur?
K'est-ce point encore une erreur?
THÉRÈSE, tendrement.
Non , non , plus de coquetterie , Flus de détours, de fausseté, Mon cœur a dit la vérité.
Ensemble.
Je ne puis croire encore A cet espoir flatteur.
Un bonheur que j'ignore Fait palpiter mon cœur.
ALFRED , plus tendrement-
£h! quoi ne puis-je donc préteqdre
La Meunière,
Qu'à ta SRule amitié?
Jarnaii) d'un seutiruent plus tendre Mon amour ne sera payé !
THÉRÈSE , émue.
Votre amour!...
ALFRED, vicernent.
£h ! bien... oui , je t'aime.
Mon cœur, en dépit de moi-même , Lrùle toujours du même feu.
( Moment de silence. )
Eh! quoi, Thérèse sans colère, T'i viens d'entendre cet aveu ?
Ton cœur Mrail-il moins sévère?
( A part. )
Elle est émue, et ce trouble soudain.
( Haut. )
N'est-ce point encore une ruse?...
Parle, dis-moi... si je m'abuse...
Réponds... ou je \ais croire enfin Que tu partages ma tendresse.
( A part, )
Elle se tait!...
( Haut. )
Oui, c'en est fait.
Connais donc tonte ma faiblesse.
( Se jetant à ses pieds.)
Et reçois en ce jour Et moo cœur et...