SCÈNE XII
THÉRÈSE , seule.
Enfin ils sont partis... et Monsieur Alfred I quelle idée cmporte-t-il de moi?., au moment même, où il me donnait tant de preuves de sa bonté... de sa tendresse... il me croit fausse... perfide... et impossible de me défendre... de me justifier... non, il ne me croirait plus... il ne doit plus avoir pour moi... ni confiance, ni amitié... [s'approchant delà toZ>Ze. ) Et ce papier... ces présens qu'il m'otVrait avec tant de générosité... il faut tout lui renvoyer... il faut partir aujourd'hui, ce soir... même... mais puisqu'il a pu me juger ainsi; puisqu'il a pu me condamner sur les apparences, il connaîtra toute la vérité... il saura... oui, il saura que malgré moi, je l'ai toujours aimé... et que je le quille ])our jamais... {Elle se meta la table. ) C'est cela... demain , quand je serai loin de ces lieux... on lui remettra ma lettre... (on entend la symphonie du bal. ) C'est le bal... ( elle prend la plume , et s' arrête en écoutant la musique de la danse , que l'on entend dans le lointain et qui accomparjne la romance suivante.) Il est là [montrant la fenêtre qui est restée ouverte.) il est heureux !.. et moi... seule... seule toute la vie. ( elle s'assied, et écrit. )
KOMANCE.
( Elle écrit et se parle en même temps, )
Adieu , douce cspcrance l)jQt ï'eDtvra mou cœur j
Une seul» împruJence Me ravit le borilieur...
Hélas!... lui dois-je écrire Des regrets superflus...
^ yiprès une pause. ) Ah ! je puis tout lui dire.i.
Je ne le verrai plus.
( Pendant la ritournelle , elle ploie la lettre , et y met Cadresse. )
( Elle quitte la table. )
Dans cet écrit sincère, Qu'il me juge à son tour...
Il me plaindra j'espère...
Mais quoi! parler d'amour...
Du trait qui me déchire Et de mes vœux déçus î
( j^près une pause. ) Ah! je puis tout lui dire , Je ne le Terrai plus.
J'eolends quelqu'un I,.. ah! mon cœur me disait qu'il reviendrait... ( Elle court vii'ement à la porte ^ et reste stupéfaite.) Non... c'est Pierre !