M. DE EOSTANGES ET PAULINE
Arrêté !
LE BARON
Oui vraiment; j'ai lu il y a à-peu-près deux mois, dans Is moniteur, que M. de Villiers, officier de marine , venait d'être arrêté et transporté au cliateau de Si. -Vincent. Le plus bizarre, c'est que celte forteresse n'est qu'à une derai-Iieue d ici ; mais la vérité est que je u'y suis pas, que me voilà et que jusqu'à présent personne n'a songé à rn'inquiéter ! c'est là ma clière Demoiselle , ce que j'avais à vous confier, et vous savez, le reste : voici mainienaiit mes intentions ; j'ai cinquante raille francs de rente , je vous les donne.
M. DE ROSTANGES.
» Un moment... et ton neveu.
LE BARON
Du tout , il n'aura rien ; un drôle , qui est mon seul parent , La Petite Sœur. a
l'iiérilier de mon nom et qui s'avise de devenir amoureux.'
PAULIUE.
Amoureux...
LE BAROK.
Une passion dont on ne connaît pas l'objet, mais qui lui fart négliger ses devoirs , son avancement.
Air de Marianne, Moi'LIeu , ce n'est pas à son âge, Qu'il est permis d'être amoureux, Lui qui peut à peine, je gage, Compter une campagne ou deux!
Faisant le tour de l'univers , Quand il aura battu toutes les mer», Dans vingt combats Yii le trépas , Heureux et fier enfin quand il aura Trente cicatrices nouvelle*, Un bras de moins... et cœtera, C'est alors , morbleu! qu'il pourra Songer à plaire aux belles.
Enfin, depuis deux mois et demi; impossible de savoir ce qu'il est devenu l
vAvhiv%, vivement.
Comment Monsieur ! vous croyez qu'il lui est arrivé quelque malheur ?
LE BARON
Ma foi , je n'en sais rien , et je ne m'en embarrasse guères .; l'essentiel mainlenanl est de songer au contrai j vous sentez que je ne veux pas y figurer sous le nom de M. Legrand.