Vdd. 10. lo-K
4. Vdd. i:^.l:>-15ot:^4-27,15. 51,13.4,14.2, et cf. supra p. 10:^'
sq(i.
ques-unes de ces peines ; aussi bien est-il difficile de croire qu'elles aient jamais été toutes appliquées telles quelles dans la pratique. Mais il convient, en terminant, de se faire une idée précise et parfaitement juste du concept de la peine chez les Éraniens.
Elle ne se fonde pas sur la légitime défense sociale; elle n'a pas pour objet, directement du moins, Tamendement moral du coupable : elle est, dans toute l'acception du mot, une expiation, une anticipation et un apaisement de la justice divine, et — sans ambages — la balance d'un compte, l.'n crime vaut tant : si le coupable a subi le châtiment afférent, le méfait est compensé. D'autre part, une bonne action vaut tant, — ce tarif aussi était fixé': — selon l'importance de l'acte méritoire, cent ou mille péchés peuvent être effacés *. C'est, durant la vie, un doit et avoir perpétuel, qui se solde après la mort : si alors le bien remporte ou fait équilibre, l'âme va au ciel; si le mal l'emporte de plus de trois coups de lanière, en enfer^* ; si de moins, en purgatoire. Ainsi l'idée de la collaboration intime de Dieu et de l'homme, telle qu'elle ré-
1. Nous savons, par exemple, que le fait de tuer un homme surpris en flagrant délit d'incinération d'un cadavre vaut un tanâfûhr à l'actif du meurtrier, et, par suite, compense notamment une récidive dhomicide ordinaire.
2. Se rappeler le pourceau dont Zim-Zizimi eut compassion et qui dans la balance céleste pesa plus que tous ses crimes : V. Hugo,(/") Lrfje/tfh' (/<'-< Sièr/cs.
3. Gela semble bien cher pour quatre coups de fouet; mais il faut se souvenir que lenfer n'est pas éternel, puisque le mal doit finir.
suite du plan de la création, se déploie avec la même et constante logique de dualisme dans la morale et la législation ' l'homme est le ministre de Dieu sur terre, et ce qu'il délie sur terre est autant de délié au ciel, autant de gagné sur les noires puissances des tourmenteurs infernaux.
§ 3. — Droit civil et administratif.
De la législation civile de l'Avesta, nous ne connaissons guère, directement, que sa classification des contrats, indiquée un peu plus haut'. C'est maigre; mais, en sût-on cent fois davantage, notre petit livre, essentiellement consacré à la religion, n'en aurait point affaire. Au contraire, quelques notions de droit administratif, complémentaires de la géographie et des éphémérides sacrées, ne seront pas ici déplacées.
L'unité territoriale la plus simple est « la maison » nmâna\ que gouverne sans contrôle le père de îdiimWe'^ (nwAnôpaiti, en sanscrit dampati), son chef naturel.
Au dessus, vient l'agglomération plus ou moins
1. Supra p. 123. On trouvera dans les ordalies les règles du serment: infra p. 14.">.
2. En pithique (fe/ndan (/mdna^ qui se rattache à la môme racine que sanscrit (fama « maison », lat. ciomus, etc., etc.
3. Entendre par là, non le père immédiat, mais l'ascendant le plus éloigné dans la ligne masculine, qui dès lors, dans la famille patriarcale, peut régner parfois sur une centaine de sujets : c'est ce qui explique qu'à son rang hiérarchique réponde administrativement une véritable magistrature (infra p. 128).