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DROIT CIVIL ET ADMINISTRATIF

dense de maisons, la vis (sanscrit viç), soit le village, la bourgade ou le canton : dans une société agricole, c'est Torgane primaire par excellence, au centre duquel se trouvent un marché, un lieu de réunions religieuses ou autres, un enclos fortifié pour y abriter les moissons et les bestiaux en cas d'alerte, et un maire juge de paix pour concilier les intérêts contraires et veiller aux intérêts communs, le vispaiti, en Sanscrit viçpâli,

La fédération de plusieurs vis forme le district, le zantu^ dont le nom est étymologiquement apparenté à celui de la gens romaine. Il est administré par un zantupaiii, dont les fonctions croissent en importance,. à mesure que les unités isolées prennent davantage conscience de leur solidarité et s'organisent en unecentralisation plus avancée.

Enfin, le mot dahiju^ « province, pays », est le même que le sanscrit dasyu, qui signifie « ennemi barbare » : cette nomenclature, à elle seule, contient implicitement l'histoire de la prise de possession du soi par les Âryas, effectuée par voie de conquête sur de pauvres autochtones, mal armés, laids et sauvages. Le dai/lhiipaiti, qui y préside, deviendra, sous la paternelle et despotique dynastie des Achéménides, le satrape ou même le roi, — subordonné au Roi des rois, khshàyathiijànam khshât/athiya, aujourd'hui shâhiji'shâh, — préposé à l'un des nombreux dahyus que nous énumèrent leurs orgueilleuses inscriptions.

Au sommet de cette hiérarchie plane « le plus [semblable à] Zoroastre », le Zarathushtrôtema, le chef de

la lleligion, souverain spirituel, non pas absolu, mais immédiatement inférieur au Roi des rois. Là où il siège, à Ragha en Médie^ la ville sainte où la tradition fait naître Zoroastre, il n'y a point de dahyupat : (î'est lui-même qui en remplit Toffice, comme notre Saint Père est évêque de Rome. Comme, du haut en bas de l'échelle, la justice est rendue par les mages, cet ensemble nous donne l'impression d'une organisation, à l'origine, exclusivement théocratique, dont les offices civils et administratifs ont peu à peu passé aux mains de fonctionnaires civils, mais dont les fonctions judiciaires sont restées étroitement liées aux attributions des chefs religieux.

Et la religion elle même, sous la forme du culte journalier, a imprimé sur cette hiérarchie, son sceau indélébile. Elle a créé cinq déités, qui correspondent exactement à ces cinq ordres de division territoriale :

— Nmânya, génie du dàtôbar (dâvar) ou juge; — Vîsya, génie du magûpat (môbed) ou prêtre ordinaire;

— Zantuma, génie du ratii (rat) ou archi prêtre, aujourd'hui remplacé par le Dastûr ou prêtre d'un temple du feu, chef de toute une communauté; — Dahyuma, génie du magû-andarspnt « inspecteur des prêtres », qui n'a plus d'équivalent actuel ; — Zarathushtrôtema, enfin, génie du magùpatân-magûpat

1. Ne jamais oublier que les mages sont mèdes et non point perses : l'hégémonie des Perses, à partir de Cyrus (cf. notre chapitre XII) a bien pu restreindre leur importance politique, mais n'a point porté atteinte à leur prestige et à leur monopole religieux.

DROIT CIVIL ET ADMINISTRATIF l^i)

(( Mobed des Mobeds ». — A chacun de ces génies est assigné, respectivement, un des Gâhs de la journée liturgique, dans l'ordre où ils ont été énumérés'. Ainsi, encore une fois, entrent en communion les deux mondes, visible et invisible, et l'Aslia se réalise, à toute heure du jour et pour chaque parcelle du sol béni de l'Éran, en isochronisme parfait avec les évolutions des phalanges célestes.

1. Supra p. 103 sq., et cf. Dannesteter, T.. -\., 1, j). i7-:3.

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