MAGIE ET MÉDECINE
de blancheur, candide en son ame comme en son vêtement; il n'a point commerce avec les démons; il n'est qu'un exorciste; il n'exècre, précisément, que les démons .
Mais, par cela même qu'il les exècre, sa nature primitive, celle du sorcier -conjuraleur en mal comme en bien, transparaît encore çà et là à travers la correction de tenue que lui a imprimée la piété plus réfléchie d'un âge de civilisation relative. On ne saurait trop le redire, la pente est glissante : qui est le démon? qui, du moins, ses suppôts? les adversaires, quels qu'ils soient, du 'fidèle mazdéen, tous ceux qui font échec à son salut spirituel ou à son bien-être matériel ; et
voilà, de par la religion du bien elle-même, la porte grande ouverte aux incantations malé(iques\ De fait, maudire le maudit, c'est encore bénir le juste, et il ne manque pas de textes où ces deux aspects de la prière mazdéenne soient mis fortement en relief par une opposition contrastée*. Quand le prêtre excommunie% lorsqu'il communique au roi Vishtàspa la force d'écraser « les ennemis, les hommes de haine, par centaines de centaines, par milliers de milliers, par myriades de myriades, par innombrables multitudes* », que fait-il autre chose que se souvenir de son rôle préhistorique de magicien transcendantalement amoral,