‹ Le ParsismeChapitre 106 sur 203 · Yt. 24. 19 (Vîshtâsp Yasht · texte numérisé non relu

Yt. 24. 19 (Vîshtâsp Yasht

puissant pour le mal autant que pour le bien? — C'est en vue du bien, dira-ton, qu'il fait ou appelle le mal sur le méchant. — A la bonne heure; mais ceci, encore une fois, n'est que la façade mazdéenne appliquée sur une officine de magie noire aussi vieille que la race indo-européenne ; et d'ailleurs, combien précaire le placage, puisqu'il est loisible à chacun de tenir pour (( méchant » quiconque le hait ou le gèiie^ quiconque est de lui haï, envié ou suspecté!

Il y a même plus encore dans l'Avesta : dans cette liturgie trè.> sobre et très pure, il y a des traces non équivoques du temps reculé où les opérations liturgiques du culte adressé aux dieux étaient en même temps ou du moins pouvaient être, dans les intentions de l'officiant, des pratiques symboliques et infaillibles d'envoûtement dirigées contre son ennemi personnel ou celui du laïque au nom duquel le sacrifice était offert. Je m'explique : aucun rite védique n'est plus saint et plus pur que le pressurage du sôma; eh bien, le prêtre védique, tandis qu'il broie le sôma, s'il vient à dire en sa pensée (( Broyé soit un tel ! » son souhait est accompli, — survivance manifeste d'un broyage inagiciue destiné à retentir sur l'ennemi absent\ — La survivance est bien plus discrête et plus pâle dans l'Avesta : on ne l'apercevrait même point sans le secours de la comparaison historique, tant elle se voile et se restreint ; elle existe pourtant, mais ce n'est plus

1 . Cf. nombre de simulacres analogues, soit dans la liturgie cultuelle, soit dans la magie pure et simple : Henry, op. cit. j>. 223, 224, et tout le chapitre.

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l'ennemi en général que le maléfice atteint, c'est une variété d'impie.

« [O saint Haoma,] je fais tomber, en t'agitant [dans le liltpe], la maison de la méchante à l'esprit égai*é, qui s'imagine tromper TAthravan et Haonia. et qui ellemême est trompée et périt*. »

Voilà tout ce qui demeure au mazdéisme des innombrables pratiques de magie noire et de sorcellerie à l'état brut dont apparaît encore fourmillant le service divin des Védas.

De la magie blanche, d'autre part, nous ne sommes pas beaucoup mieux informés : du moins n^en possédons-nous que ce qui intéressait directement le vrai sacerdoce, soit donc les parties les plus élevées de la profession : les purifications, les ordalies, la médecine; encore, la plupart du -temps, sans détails techniques. Quant aux menus charmes de la vie quotidienne, — charmes de longue vie, de prospérité, de victoire, etc., — ou bien ils se sont incorporés en des prières et des bénédictions pieuses et incolores, ou bien encore, sans doute, lorsqu'ils avaient un objet trop spécial ou trop profane, — comme les incantations amoureuses*, — les mages déjà les jugeaient indignes d'eux et les abandonnaient à d'intimes opérateurs, à des charlatans vulgaires dont le formulaire

1. Ys. 10. 15 (Hôm Yasht, 2, 15). — 11 sagit de la ménagère avare qui ne donne pas au dieu Haoma la part qui lui revient (le roblation sanglante : la mâchoire, la langue et l'œil gauche ( Darmesteter, ibUf.yii. 46).

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