Cf. supra p. 78, n
3. Durant tout ce temps, l'accouchée subit le même isolement que la femme menstruée, et quiconque la touche devient impur: puis, après la cérémonie purificatoire, elle rentre dans la vie normale. Le rationalisme contemporain, qui tend à tempérer ces usages antédiluviens, les justilie toutefois en invoquant les soins particuliers que réclame une accouchée ; mais soigner et tenir en chartre privée sont deux, et il n'est pas douteux qu'un tout autre sentiment gise à la racine de ce traitement quasi barbare.
4. Le deuil oblige chaque membre de la famille à un isolement de cinq à trente jours, selon le degré de parenté avec le défunt ; et le double, si celui-ci était un pécheur (s'il est mort sans pénitence). Ici nous surprenons l'idée morale et religieuse interférant avec la superstition et s'y incorporant: la souillure est plus intense pour les proches, si le mort était lui-même souillé de péché. Vdd. 1'^.
attaché, selon les cas, à la personne, aux vêtements, à la demeure du patient ou de ceux qui cohabitent avec lui, et un double traitement devient nécessaire: la retraite, pour qu'ils ne contaminent personne autre, et la lustration qui expulsera le malin principe.
Dans la façon, également, dont on se représente la propagation et les effets de ce fluide invisible et redoutable, nous constatons une part d'observation qu'on peut qualifier de scientifique, bien que naturellement fort élémentaire, et une part d'atavisme préjudiciel qui y demeure adhérente et la contrarie. Exemple : le physicien du temps a fort bien vu que « le sec ne se mêle pas au sec^ », c'est-à-dire que les liquides sont les principaux agents de transmission des principes nocifs: qui touche un cadavre desséché reste pur; un squelette tout entier est inoffensif, pourvu qu'il n'y adhère plus une bribe de chair; encore un peu. Ton croirait lire une théorie des microbes et des bouillons de culture. Et voici qu'ailleurs on apprend sur quelle étendue est impure une eau courante où baigne un cadavre* : six pas en tra-
1. V<l(l. 8. 3î-3i, et cf. Vdd. 6. 1-9. — L'idée, paraît-il, a passé aux nuisuliiians de Perse : là où ils sont en force, ils interdisent aux juifs et aux chrétiens de sortir les jours de pluie, de peur de se souiller au contact de leurs vêtements mouillés.
2. Vdd. G. 39-40. — Ces mensurations minutieuses se répètent (26-H9) pour divers postes d'eau, avec des mesures préventives plutôt sommaires et inquiétantes : pour un puits, par exemple, il faut retirer le cadavre, rejeter au moins un cin- <iuième de l'eau, ai rès quoi le reste redevient potable.
vers, neuf en amont, et en aval... trois seulement. C'est au rebours du bon sens : d'où a pu procéder une semblable théorie, je ne sais ; mais, à coup sûr, ce n'est pas de lobservation des faits.
L'impureté, il va sans dire, vise avant tout l'homme qu'un crime, un péché ou une infection étrangère a imprégné. Tant qu'il est impur, il stationnera dans une enceinte close, à trente pas au moins du feu, de l'eau, des faisceaux sacrés et de tout fidMe. Il se peut, si son crime est inexpiable, comme celui de l'homme qui a porté un mort étant seul, qu'il demeure ainsi toute sa vie, véritable lépreux, nourri de vils aliments et misérablement vêtu. Encore est-ce là une atténuation charitable de la pénalité normale, car on sait qu'il est punissable de mort; mais, si on ne l'a pas tué en flagrant délit, on ne le tuera que quand il sera très vieux, à l'article de la mort, et sans douleur, d'un seul coup^ ; et cette mort, moyennant pénitence, l'affranchira du châtiment infernal.
Si la souillure est susceptible de purification, on y procédera suivant des rites dont le type le plus parfait est la grande lustration de neuf jours dite barashnûm nù-shaba, prescrite pour les cas les plus graves* et aussi pour le prêtre qui doit se présenter devant le feu Bahrâm ou célébrer les offices du Yasna ou du Vendîdâd.
1. Vdd. 3. 10-21, et cf. supra p. l:il S(i. Ce criminel est dit