Vdd. 9. Notamment pour la femme dont lenfant est mort-né
Cette cérémonie longue et minutieuse doit être dirigée par un prt^tre d'une compétence toute spéciale: la moindre omission, la plus légère interversion entraînerait nullité*. On commence par déblayer, défricher et raser; sur un sol sec, à trente pas au moins du feu, de l'eau et des habitations, un espace rectangulaire, environ trois fois plus long du nord au sud que large de l'est à l'ouest. Dans le sens de la longueur, on y creuse neuf trous, espacés comme suit: un pas entre chacun des six premiers et des trois derniers; trois entre le6« et le 7®. Ces trous sont destinés à recevoir et à absorber l'excédent de gômêz — les six premiers — et de nirang âb — les trois derniers — qui découlera du corps du patient* : en conséquence, on ne les creuse que de deux doigts de profondeur en été, mais de quatre en hiver, puisque alors la terre est moins perméable. Le rectangle est ensuite enclos et divisé en trois carrés, par un système de deux fois, trois fois et quatre fois trois sillons parallèles tracés avec grand soin : c'est du côté du nord que se trouve le maximum de sillons, — douze, — parce que c'est par là que Thomme entrera dans l'enceinte et qu'à ce moment il sera encore tout chargé d'impureté; l'objet des sillons, en effet, est d'arrêter la druje et de l'empêcher, lorsqu'elle quittera le patient, de prendre
1. On ne fera ici que la résumer, d'autant que le rite des Parsis de l'Inde n'est pas tout à fait le même que celui de 1 Avesta ; mais ceux de Perse l'ont, paralt-il, gardé intact.
2. Voir plus haut, p. 102, n. 1, la nature et le mode de préparation de ces substances.
ses quartiers chez quelqu'un des assistants ; la défense doit être la plus forte là où le risque est le plus intense. Ce dispositif effectué, l'homme se place près du premier trou, et le prêtre, debout en dehors de l'enceinte, récite une prière', que son client répète après lui, ainsi que toutes les formules qui vont suivre. Puis il saisit une cuiller de fer et de plomb, emmanchée à un long biUon à neuf nœuds', et asperge degômêz le patient: d^abord les mains; ensuite, méticuleusement, chaque partie du corps en opérant de haut en bas \ A chaque organe qu'il baigne, la druje est forcée de déguerpir ; à la fin, lorsqu'on arrive à la plante du pied gauche, « elle tourne sous l'orteil, on croirait voir une aile de mouche*. » A chacun des six trous, même aspersion, et alors l'homme s'essuie successivement avec quinze poignées déterre, jusqu'à ce qu'il soit « sec jusqu'au dernier cheveu ». Il passe au 7® trou, où il se lave à l'eau, une fois; au 8**, deux fois ; au 9^, trois fois^ ; il s'essuie, se parfume de
1. De seus obscur, comme mai ut verset des Gâthàs : Ys. 49. 10 (G. Sp. M.. 3, 10).
2. Les nœuds du bois ont aussi leur importance dans la magie hindoue : cf. Henry, oy>. cit., p. 196, et index s. v.
3. Il semble que ce soit la prescription fondamentale de la magie universelle : Henry, p. 45. — L'opérateur récite en môme temps X'ahuna aurya (infra p. 15;:^) et d'autres prières de haute vertu : Vdd. î). 27-x8
4. Comparer le rite de bannissement du venin dans llnde : Henry, op. cit., p. 202.
5. Comparer, dans l'Inde, l'ablution dans trois huttes successives qu'on brûle à mesure, pratique qui précisément s'applique aussi à la femme qui a avorté : Henry, o/i. r/^, p. 142. Il y a là certainement un legs de la haute antiquité indo-éranienne.
plantes de bon augure, et rentre s'enfermer chez soi sans voir personne. Ainsi durant neuf jours; après quoi, il est redevenu pur.
Si en général la magie avestique nous est lettre close, de cette cérémonie du moins, qui était pour les prêtres du plus haut intérêt, nous savons absolument tout, jusqu'au moindre détail, jusqu'aux honoraires de Topérateur. Un prêtre ainsi purifié ne doit à son confrère que sa bénédiction ; mais, pour tous autres clients, le tarif est moins idéal, nettement fixé et dégressif :
Un chef de province, — Un beau chameau mâle;
» de district, — Un bel étalon mâle;
)) de bourgade, — Un beau taureau;
)) de maison', — Une vache de 3 ans; Une femme du précédent, — » de labour ;
Un serviteur » , — » de trait;
Un petit enfant, — Un petit agneau.
Ce n'est pas à l'homme seul que la lustration s'applique, mais à tout objet que la mort a souillé de son contact : à la maison d'un défunt, au feu, à l'eau, à la terre, au bœuf ou à tout autre animal domestique, aux plantes que cultivait le mort. Mais dans ces cas Texorcisme est beaucoup plus simple : il se compose de deux formules, Tune qui varie avec l'objet à purifier, l'autre commune à tous-. Au contraire, la purification de la vaisselle contaminée est toute matérielle : elle varie suivant la matière première, d'autant plus diffi-