CHAPITRE Vin
Oalte «t Utnrgle
La magie, malgré son importance, n*est qu'un accessoire du mazdéisme; la liturgie du grand culte en est le corps même, et pourtant elle tient encore dans l'Écriture moins de place que la magie, qui du moins s'est taillé son domaine dans le Vendîdâd. L'Avesta, on Ta déjà dit, est un livre de prières, et non un manuel de liturgie : il ne se peut pas, évidemment, qu'il ne se heurte à tout moment à quelque détail de culte ; mais il le traite par prétérition, ou par vague allusion pénétrable aux adeptes; de l'expliquer, il n*a cure. C'est ainsi, et occasionnellement \ que nous apprenons qu'il devait exister en Éran un culte domestique aussi développé que celui de l'Inde : la maison était un petit temple, avec feu, faisceau de branchages, coupes et même haoma'; quelque chose comme l'autel russe
1. A propos de la puriûcation des objets de culte déposés dans une maison où serait mort un homme ou un chien : Vdd. 5 39.
2. Alors pourtant qu'il ne peut être consommé que par les prêtres : est-ce une survivance du temps où le chef de maison était à lui-même son propre chapelain? Cf. Henry, la Magie, p- 2Jl.
,CULTB KT LITURGIE 151
OÙ la lampe brûle devanl les icônes. Mais quels rites on y pouvait l^en célébrer, en ddiors de la récitatioi»
des prières quotidiennes, nous rignorons, et il importe peu en somme, puisque ce menu culte n*a pu être qu'une réduction simplifiée de la grande liturgie, ou plutôt celle-ci un développement de celui-là.
Maïs, pour la grande liturgie, TAvesta ne nous laisse guère moins en défaut : pour être prosaïques, ses prières ne sont point des traités techniques; îl ne contient rien de pareil aux Brâhmanas de Tlnde, ces superbes fouillis de spéculation théoI(^ique, ni surtout aux Sùtras, ces fîls conducteurs du labyrinthe rituel *. C'est à des ouvrages de bien des siècles postérieurs à la compilation avestéenne, c'est surtout à la pratique du parsîsme contemporain, qu'on est obligé de demander le secret des détails de son culte. Sans doute, ces témoins ne sont pas d'une sûreté absolue ; car la tradition, depuis le temps, a pu varier, hésiter, se tromper sur nombre de points. Cependant, le fond de la religion étant resté sensiblement le même, fl n'est pas croyable que la forme s'en soit beaucoup modifiée : si elle a changé, c'est, ou sur des points assez importants pour que la tradition en aft gardé mémoire et nous en informe', ou au contraire sur des détaiTs trop infimes pour qu'une étude aussi générale que la nôtre s en éoîre sotrcfer*. Les prfères, les ministres,
L Cf. Uent>\ les LLUèi^attu-cs d» Vlmie^ p. 37 sqft. SL Par exemple, la suppeeasioa du sacrifice sanglaat, cf. infra p. 164.