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CHAPITRE II

Zoroastre et l'Avesta

Si je ne m'abuse sur la valeur du précédent chapitre, nous devons nous estimer en mesure de restituer en ses traits fondamentaux le stade religieux, déjà passablement élevé, auquel étaient parvenus les Éraniens, bien avant la venue de Zoroastre : — croyance en des êtres puissants et bons, qui incarnaient les aspects bienfaisants de la nature et qui en dispensaient les trésors, notamment la lumière et la pluie ; — croyance en des êtres de ténèbres, sans cesse en lutte contre les premiers, dont les manifestations essentielles étaient la nuit, l'hiver, la sécheresse, et tous les fléaux qui en dérivent, la famine, la maladie, la mort; — essais de propitiation des uns et de conjuration des autres, par tous les moyens que suggère à cet effet la pratique quotidienne de la vie ; — et, notamment, comme l'intérêt le commande envers un bienfaiteur humain, prières et libéralités adressées aux puissances tutélaires, surtout sous forme d'aliments, ou, plus particulièrement, de libation d'une liqueur enivrante, qui passait pour le don le plus précieux que l'homme pût faire à la divinité, et que d'ailleurs il avait elle-même

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