‹ Le ParsismeChapitre 31 sur 203 · LES LIVRES CANONIQUES · texte numérisé non relu

LES LIVRES CANONIQUES

la messe le « Propre du Temps » : en d'autres termes, le livre dit du Vîspéred n*a pas d'existence en luimême ; il ne contient que les modifications apportées au service commun dans le service spécial dit du Vîspéred, qui se célèbre aux fêtes saisonnières, et il n'acquiert sa vraie valeur que dans sa combinaison rituelle avec le Yasna,

IV. Le Vendîdâd. — Ce livre, qui formait un Nask de l'Avesta complet, et qui s'est conservé en totalité à raison de son extrême importance pour les praticiens du sacerdoce, est un exemple topique et sûr de l'inimaginable désordre qui dut régner dans cette indigeste compilation : il débute par deux chapitres de cosmogonie, traite pêle-mêle de matières de droit civil et de droit pénal, et encadre une exécration contre le prêtre indigne entre les prescriptions sur la coupe des cheveux et des ongles et la glorification du coq^ Par son objet général, toutefois, qui est le bannissemenl de l'impureté sous toutes ses formes au moyen de lustrations appropriées^ il justifie son titre, qui serait en

1. Vdd. 17-18. — C'est Ahura lui-même qui prend la peine d'édicter qu'il faut creuser un trou, en dehors du logis, pour y enfouir ses rognures de cheveux et d'ongles : si on les laisse tomber sur le sol, il en naît des Daôvas. On sait que cette précaution fut suggérée, dans la magie primitive, par la crainte jqu'un ennemi ne s'emparât de ces débris, pour les soumettre à quelque envoûtement qui retentit sur la personne elle-même : cf. Henry, ^ 3/a/7â», p. 9 et 125. — Quant au coq, c'est également Ahura qu'on fait intervenir en son honneur : il est l'oiseau sacré par excellence, qui appelle les hommes à la prière matinale et au bon combat quotidien contre le démon.

zend vîdaêoa data « le Code antidémoniaque ». Le chapitre s'y nomme « Fargard », et il en contient vingtdeux, tous en prose et d'un très vif intérêt.

V. Les Yashts. — Le mot i/asht (zend yèshti) est de même racine et à peu près de même sens que le mot 1/asna, mais il s'est spécialisé dans une acception technique : il désigne les textes dont la récitation est l'élément essentiel du culte \oué aux divers Yazatas (dieux inférieurs ou anges), dont le catalogue se lit au Sîrôza et à chacun desquels est consacré un des trente jours du mois mazdéen. A ce compte, le livre, s'il était complet, semblerait devoir contenir 30 morceaux ; mais il n'en contient que 21, et, sur ce nombre, 18 ou 19 Seulement qui répondent respectivement à une ,d^s déités du Sîrôza (infra). Ces hymnes, pour la plupart assez longs, en vers ou en une prose qu'il serait facile de ramener à une versification de facture très simple, sont parfois d'un assez bel élan, quoique alourdis de remplissage, et constituent le plus ancien document qui nous soit parvenu sur la légende héroïque de la période mythique anté-avestéenne ; mais les faits n'y sont traités que sous la forme d'allusions plus ou moins voilées, qui seraient difficilement intelligibles, si la littérature épique postérieure ne s'était exercée sur ces thèmes traditionnels et ne nous en offrait l'ample développement. Les plus justement célèbres de ces poèmes sont : — le 5®, dédié à la déesse des eaux; — le 8^^, Tishtar Yasht, à la brillante étoile Tishtriya (Sirius) ; — le 13®, Farvardin Yasht, aux Fravashis ou Mânes ; — le 14°, Bahrâm Yasht, à

Page 1