LES LIVRES CANONIQUES
récités ou chantés par les prêtres à Tordinaire du service divin. Chacune de ses divisions, au nombre de 72,s'appelle hâiti ou hâ, et elles se répartissent en trois groupes de longueur sensiblement égale.
Le premier (hâ 1-27), à la suite de solennelles invitations adressées à tous les êtres divins que l'on convie nominativement à venir prendre leur part du sacrifice, contient les règles relatives à l'usage de l'eau bénite, du baresman ou faisceau sacré, du haoma, des gâteaux, des oblations, le tout entremêlé de professions de foi zoroastriennes et d'instructions théologiques (12, 19-21); car ce n*est point par la méthode de composition que se distingue aucun des recueils de la doctrine mazdéenne.
Le deuxième groupe (hâ 28-53), ce sont lesGâthâs, dont il va être question.
Le groupe final (aparô i/asnô) contient des louanges, prières et bénédictions en prose, adressées à diverses divinités.
L'ancien Stôt Yasht (p. 29, n. 1) nous a été entièrement conservé, fondu dans le Yasna : il se composait de 33 chapitres dont 11 en prose et en avestique ordinaire, et 22 en vers et en avestique archaïque, savoir les difficiles Gâthâs, la seule partie relativement authentique de l'œuvre attribuée à Zoroastre.
II. Les Gâthâs. — Etymologiquement, le mot gàthâ^ qui se retrouve identique en sanscrit, signifie « chant », soit donc « hymne ». Mais il ne faudrait pas que cette qualification prêtât trop à lillusion : la majeure partie des Gâthâs n'a guère de la poésie que
l'aspect tout extérieur, et leurs stances, bien qu'elles fussent chantées dans les offices, ressemblent plus à des versets de catéchisme versifiés qu'aux effusions des Psaumes de David ou aux splendides évocations des Védas. Les Gâthâs sont au nombre de cinq, désignées, suivant l'usage avestique et védique pour les formules de prière, par le mot initiaP, savoir: — G. Ahunavaiti, en sept sections, et en stances de trois vers, de seize syllabes chacun ; — G. Ushtavaiti, en quatre sections, et en stances de cinq vers, de onze syllabes chacun; — G. Spenta Mainyu, en quatre sections, et de même rythme, mais à quatre vers par stance; — G. Vohukhshathra, un seul hâ, trois vers de 14 syllabes à la stance; -^ G. Vahishtôishti, un seul hâ, stances de 4 vers, dont deux de 12 syllabes et deux de 19. — Entre les deux premières, s'insère la G. Ilaptanhâiti « des Sept Chapitres », qui est en prose, mais de même langue et de même style que les autres, bien qu'elle atteste un stade d'évolution religieuse un tant soit peu plus avancé.
III. Le Vîspéred. — Ce mot, qui serait en avestique vispè rataoô « tous les Seigneurs », désigne un livre très court, divisé en 24 chapitres* et contenant principalement des invocations à « tous les Dieux ». C'est une sorte de petit Yasna, où certaines sections sont plus développées ou semées de variantes liturgiques. Il est au Yasna ce qu'est à l'ordinaire de
1. De môme, en liturgie catholique, Paier^ Ace, Angélus^ etc.