‹ Le ParsismeChapitre 44 sur 203 · Ys. 62 (Âtash Nyâyish · texte numérisé non relu

Ys. 62 (Âtash Nyâyish

3. Bahrâm est le môme mot que Verethr.aghna ; mais le Feu Bahrâm ne se confond pas avec le héros de ce nom.

hufryâna (( l'excellent ami », le Feu qui brûle au corps de l'homme, la chaleur vitale^ ; — 3<> Urvâziskta (sens indécis), le Feu qui se cache dans les plantes et s'en dégage par friction ; — 4^ Vâztshta « le très rapide » (?), le Feu du ciel, la foudre; — 5^ Spêniskta « le très-saint », le Feu qui perpétuellement brûle devant le trône d'Ahura. — Ce dernier pourrait bien être originairement le même que le Hvarenô (( céleste », qui, localisé sur terre, y devient le Feu sacré du prêtre et le symbole de l'entité dite « Gloire Royale » ; et celui-ci, à son tour, se confond, par ce dernier aspect, avec le Nairyôsanha, celui qui réside dans le nombril des rois, c'est-à-dire « qui se transmet de père en fils par l'hérédité » v mais il n*est pas expressément dénommé Feu, quoique invoqué à la suite des autres incarnations d'Àtar^

2. Âpô (( les Eaux », déités femelles et multit>les comme dans le Véda% se sont incarnées en un seul

1. Cf. Henry, la Magie, p. 233. — Tous ces concepts sont indo-éraniens : seule en diffère, dans les deux domaines, la classification postérieure et tout extrinsèque.

2. Darmesteter, Z. A,, I, p. 151 sqq. — Dans le Véda, Narâçamsa est un des surnoms d'Âgni, en tant que feu du sacrifice, et en relation avec les Mânes, ce qui concorde avec la donnée avestique. — Le nom du célèbre docteur Néryosengh (p, 39) est le même que celui de ce personnage divin*

3» La tradition, représentée par le Bûndahlsh, en fait une énumération fort pédante: eau courante, stagnante, de pluie, sperme, urine, salive, lymphe, larmes, sueur, eaux de l'amnios, sang, sève, lait, etc., etc. ; en tout, 17 espèces (Darmesteter, Z, A., I, p. 267). Mais le concept premier était tout uniment celui de l'eau pure.

LES YAZATAS 49

génie de sexe masculin (Àbân). Mais le Yasht 5 (Âbân Y.), qui lui est censé consacré et ne fait guère que le Dommer, lui substitue d'emblée une divinité féminine dont le culte eut sous les Âchéménides un éclat assez vif pour être remarqué des Grecs et relevé dans leurs annales, Ardvî Sûra Ânâhita : c'est une source merveilleuse, située dans la région des étoiles, au sommet d^un mont céleste, et d'où sont issues toutes les rivières de la terre ^ Plus tard, mais sous l'influence du syncrétisme hellénistique, elle fut assimilée à Aphrodite née des eaux et à la planète Vénus*.

L'eau est, après le feu, l'élément le plus pur et purifiant : aussi est-ce un grand péché que de la souiller, un grand péché aussi que de faire entrer en antagonisme ces deux êtres divins ; le Saddar prend soin de spécifier qu'il ne faut jamais remplir le pot au feu qu'aux deux tiers', de peur que Teau bouillante ne déborde. Théologiquement l'union intime de l'eau et du feu est symbolisée par un génie qui porte dans le Véda et dans l'Avesta le même nom à peu près, Apâm Napât « fils des eaux », et qui, dans le Véda, à coup sûr, est une incarnation d*Agni, le feu céleste né des

1. Dans l'Inde, c'est le Gange (Gaiigâ, féminin) qui tombe du haut du ciel, d'abord sur la tête de Çiva, puis sur terre : le mythe, sans doute, n'apparatt que tardivement ; et néanmoins il n'est pas probable que les Âryas de l'Inde l'y aient inventé de toutes pièces.

2. Cette dernière assimilation pourrait être authentiquement perse : le lien est étroit entre l'eau et la planète Vénus, puisque l'étoile du matin ou du soir distille la rosée ou le serein.

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