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CHAPITRE VI

Morale et Législation

La morale du mazdéisme se déduit, avec une irréprochable logique, de sa conception de Tunivers : puisque la création est un champ de bataille, riiomine est un combattant, et Thomme vertueux est celui c^ui travaille le mieux à seconder les créatures du Bien, à terrasser celles du Mal. C'est une morale essentiellement utilitaire, terre à terre même la plupart du temps : rarement elle s'élève à la conception d'un bien idéal, rarement elle consent à s'épancher en ces effusions mystiques d'une àme qui communie avec TAbsolu ; sage et médiocre, elle chemine par la route battue du sens commun ; mais, telle quelle, encore serait-il à souhaiter que, de nos jours, le ^rand nombre, mazdéens ou non, chrétiens même, la pratiquât.

Dans un de ces dialogues Iréquents entre Ahura et Zoroastre, qui constituent la marque distinctive de l'enseignement avestéen, Dieu lui-même révèle au prophète les actes qui « rendent la Terre le plus heureuse » et, par conséquent, emportent le plus de mérite : construire une maison; cultiver un champ;

semer beaucoup de blé, de fourrage, et planter des arbres fruitiers ; élever beaucoup de gros et de menu bétail, dont l'engrais répandu réjouit le sol'.

Il ne faudrait pas, cependant, exagérer cet aspect ({uelque peu matérialiste de la doctrine : Tavestisme connaît et prise des vertus plus hautes. En tète du morceau même qu'on vient de citer, en tète des hommes qui réjouissent la Terre, Ah ura place le fidèle qui prie, tenant en main la bûche, le faisceau et le lait de vache, accordant sa voix à celle de la Religion, invoquant Mithra et Râma. La distinction des vertus sociales ou laïques et des vertus morales et religieuses apparaît nettement dans plusieurs instructions : le bon parent, le bon confrère, Tami fidèle se présentent devant Ahura, réclamant la récompense promise à ses tenants; mais il les reconnaît pour des démons, justes seulement selon le code mondain, abominables à la loi divine'. Autre chose est d'aimer ses proches, autre chose de pratiquer la justice envers tous, de seconder partout et toujours la volonté d'Ahura, l'ordre suprême de l'univers.

Cet ordre, le mazdéen l'appelle d'un nom vénéré, qui lui est commun avec la religion védique, en zend anha, en sanscrit vtn\ C'est de par cette entité, presque divinisée de part et d'autre, que les Dieux maintiennent et règlent le cours immuable des cieux ;

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