Lettre du 26 février 1878. Ibid., pièce n
A. PoLiTis, art. cité, p. i3^. L'auteur fait très justement observer qu'en prenant cet engagement la France seule renonçait & des droits acquis. — Il est assez singulier remarque, de son côté, M. Deschanel (Lm intérêts français..., p. Soq), qu'au moment même où le cabinet français se voyait dans la nécessité de négocier pour détruire les funestes effets de la convention de 18^7, relative aux lies Sous le Vent, il ait provoqué un arrangement analogue pour les Nouvelles-Hébrides.
f92 LE PARTAGE POLITIQUE
reine avait placé tous les sujets britanniques, établis aux Nouvelles-Hébrides ou dans les autres îles du Pacifique indépendantes, sous Tautorité et la juridiction du gouverneur des Fiji, nommé Haut commissaire de Sa Majesté, pour le Pacifique occidental. Et pour rendre effective la protection des colons anglais, un navire de guerre anglais vint, à de fréquents intervalles, stationner dans les eaux néo-hébridaises*. En moins de quatre ans, la Grande-Bretagne, abusant de la liberté d'action que lui reconnaissait l'acte de 1878, prenait une position si forte aux Nouvelles-Hébrides que les intérêts français eussent été irrémédiablement compromis sans l'initiative intelligente et énergique de quelques commerçants de Nouméa qui, sous la direction de John HigginsonS fondèrent, en 1882, la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides.
A peine formée, la Compagnie des Nouvelles-Hébrides (( galvanisée )), pour ainsi dire, par son entreprenant directeur, fit preuve d'une activité prodigieuse. En quelques mois elle achetait à des colons anglais i5oooo hectares de terre, 200000 aux indigènes, négociait de nouvelles acquisitions avec les chefs de tribu, traçait des routes, multipliait les établissements agricoles et les stations commerciales, installait des colons venus de Nouméa ou même de France, commençait des exportations de coprah, de maïs et de café. Les Australiens prirent peur: ils essayèrent d'opposer à la Compagnie calédonienne une Compagnie anglo-australienne beaucoup plus puissante qui devait avoir pour centre d'opérations Mallicolo'. A peine eut-il