‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 127 sur 234 · PoLiTis, art. cité, p. i3a · texte numérisé non relu

PoLiTis, art. cité, p. i3a

LES compétitio:ïs internationales (1870- 1904) 191

1877, où les Australiens furent unanimes à demander l'annexion des Nouvelles-Hébrides à leur profit. Et aussitôt, les grands journaux de Melbourne et de Sydney entreprirent une campagne en vue de « forcer la main », une fois de plus, au cabinet anglais ^ .

« Sans attacher à ce mouvement de l'opinion une très grande importance », le gouvernement français chargea cependant son ambassadeur à Londres de déclarer que : « pour ce qui le concernait, il n'avait pas le projet de porter atteinte à Tindëpendance des Nouvelles-Hébrides. » Il ajoutait qu' « il serait heureux de savoir que, de son côté, le gouvernement de Sa Majesté était également disposé à la respecter*. » Et le comte Derby, ministre des Affaires étrangères de la Grande- Bretagne, répondit « qu'il n'était pas dans les intentions du gouvernement de Sa Majesté de proposer au Parlement des mesures qui seraient de nature à modifier la situation indépendante où se trouvent actuellement les Nouvelles-Hébrides ^ » Ainsi, par la seule volonté de la France et par un simple échange de lettres, la question des Nouvelles-Hébrides devenait une « question diplomatique ». Le sort de cet aixhipel dépendait désormais « de l'accord commun des deux nations rivales », et « loin de résoudre le conflit naissant entre la France et l'Australie, l'accord de 1878 ne faisait qu'en constater officiellement l'existence \ »

Les rivalités ne tardèrent pas à se produire. Par une série d'ordonnances prises de 1877 à 1880, le Conseil privé de la

1. Cf. les arlides de V Argus de Melbourne, du Morning Herald de Sydney, in Deschanel, Les intérêts français..., p. Soo el sq.

2. Lettre du i5 janvier 1878. Livre Jaune^ 1887 (Affaires des Nouvelles- Hébrideset des îles Sous le Vent) pièce n" 2.

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