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PoLiTis, art. cité, p

LES COMPÉTITIONS INTERNATIONALES (iSyO-igO^) IQS

vent de ces projets que John Higginson organisa une expédition aux Nouvelles-Hébrides. Avec quelques négociants et un capitaine d'infanterie de marine, il s'embarque sur un petit navire affrété à la hâte, le Néoblie. En trente-six heures, après une navigation très difficile et qui faillit se terminer par un naufrage, l'audacieuse petite troupe arrive à Port-Havannah (île Vaté) siège de la Compagnie calédonienne; de là, elle se dirige vers l'Ile Mallicolo que John Higginson fait placer par les chefs indigènes (( sous la protection des Français » (novembre

« Battus sur le terrain de la lutte commerciale et patriotique les Australiens portèrent alors tous leurs efforts sur le terrain diplomatique*. » Avec une inlassable ténacité, saisissant avidement les moindres prétextes (abus produits par la traite des Néo-Hébridais, projet du gouvernement français d'envoyer des récidivistes en Nouvelle-Calédonie, ou peut-être aux Nouvelles-Hébrides, etc., etc..) ils ne cessèrent de réclamer au cabinet de Londres l'annexion pure et simple d'un archipel sur lequel ils affirmaient avoir d'indiscutables droits. Ils étaient tout disposés d'ailleurs, ajoutaient-ils, à payer leur part des dépenses que nécessiterait cette prise de possession. De nouveau, comme en 1878, il y eut entre la France et l'Angleterre un échange de vues qui aboutit à la confirmation officielle, en i883, de l'accord de 1878^

De i883 à 1886, les cabinets de Londres et de Paris reprirent, à différentes reprises, leurs pourparlers sur cette question des Nouvelles-Hébrides, en y rattachant celles des îles Sous le Vent et de Terre-Neuve. En 1886, à la suite d'une expédition qu'il avait dû organiser pour rétablir l'ordre aux Nouvelles-

1. Il faul lire le récit, presque épique, de cette expédition, par Gh. Lemire, La conquête des Nouvelles 'Hébrides par un vieux ponton français, in Bulletin Soc. géoyr. comm. de Paris, VIII (i 885-6), p. a^o.

2. PoLiTis, art. cité, p. 187. — Toute cette partie diplomatique est très bien vue par DESCHAneL, Les intérêts français..., p. 3 10 et sq.

3. Voir les textes in Deschanel, Les intérêts français..., p. Sigetsq.

Part, de l'Ockanie. i3 ^^ ,

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Hébrides et punir les indigènes du massacre d'un certain nombre de nos compatriotes \ le gouvernement français, se hâtant de répudier toute idée d'annexion de larchipel comme l'espéraient les Calédoniens et comme le craignaient les Australiens, proposa au gouvernement anglais de fixer, par une entente commune, un système de surveillance ou de police permettant de garantir la sécurité de tous les Européens établis aux Nouvelles- Hébrides. Les négociations, reprises dans ce sens, aboutirent à la convention de Paris du i6 novembre 1887, qui résolvait en même temps la question des îles Sous le Vent' et celle des Nouvelles-Hébrides '.

Au sujet des Nouvelles-Hébrides, la convention n'avait d'autre objet que « la protection, à l'avenir, des personnes et des biens, au moyen d'une commission mixte » (art. i). — Cette commission devait être composée d'officiers de marine, appartenant aux stations française et anglaise du Pacifique (art. 2) : et faire l'objet d'une déclaration spéciale, signée par les deux gouvernements (art. 3). Les règlements destinés à guider la commission seraient élaborés par les deux gouvernements, approuvés par eux, et transmis aux commandants français et anglais des bâtiments de la station navale, dans un délai de quatre mois au maximum (art. 4) ; en outre, à l'expiration de ce délai, les troupes françaises devaient évacuer l'archipel (art. 5)*. — La question des Nouvelles-Hébrides entrait ainsi dans une phase nouvelle, celle du condominium ; mais elle n'était pas encore résolue. Au contraire, les conflits qui s'étaient produits jusque-

I. Cf. une note but L'occupation française aux Nouvelles-Hébrides, in Bulletin Soc. géogr. comm. de Paris, IX (1886 1887), p. 7^ et sq. a. Supra, p. 169-170.

3. Cf. Livre Jaune ci/é (1887), pièce n» 48. — De Clercq, op. cit., XVII, p. 494 et sq.

4. Celte assurance du reirait des troupes françaises dès Tapprobation des règlements avait été donnée avant même la signature de la convention. Cf. une lettre de M. Flourens à M. Egerton, ministre de la Grande-Bretagne à Paris, du 5 novembre 1887, in Livre Jaune cité, pièce n*> ^7» et de Ci.ercq, op. cit., XVII, p. 5oo. — L*évacualion eut lieu le 16 mars.

LES COMPÉTITIONS IXTERNATIONALES (187O-T904) IQS

là « entre initiatives privées ... en vue de racquisition d'une supériorité commerciale et industrielle » risquaient désormais de se produire « entre deux autorités qui prenaient pied aux Nouvelles-Hébrides, en vue de l'acquisition d'une prépondérance administrative et politique \ »

Depuis 1887, la lutte s'est poursuivie « plus âpre que jamais*. » Dès 1888, TAngleterre installa, à Port-Vila, un agent avec le titre de consul. Les Français y virent une violation indirecte de la convention de 1887', et leurs protestations amenèrent le départ du consul anglais en 1890. Mais, presque au même moment, le Foreign Jarisdiclion Ad (1890) donnait au gouvernement anglais le moyen de garantir la protection des sujets britanniques résidant ou ayant des intérêts dans tout pays étranger oîi les pouvoirs locaux étaient incapables d'assurer une bonne gestion de la justice*. Un peu plus tard, le conseil privé de la reine promulguait une très longue ordonnance qui est <( un véritable code administratif et de procédure pour les autorités anglaises du Pacifique. » C'est le Pacific Order in Council du i5 mars 1893. Grâce à une réglementation minutieuse qui s'est efforcée de prévoir toutes les difficultés possibles, les colons anglais des Nouvelles-Hébrides « sont assurés aujourd'hui de voir leurs personnes et leurs biens protégés, leur état civil légalement constaté et la plupart de leurs différends rapidement tranchés par une autorité nationale ^. »

Pendant ce temps, les colons français manquaient de tout appui officiel. Abandonnés à eux-mêmes ils essayèrent d'organiser, par leurs propres moyens, l'administration et la protection qu'ils avaient réclamées en vain à leur gouvernement*' ; ils fon-

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