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2. Ibid., p. 83 (la photographie a été prccîsément prise en Nouvelle-Calédonie).

3. Nous n'insisterons pas ici sur la colonisation pénale, nous permettant de ren-

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qu'on se proposait avant tout le relèvement moral des condamnés, il fallait choisir une région suffisamment peuplée et assez vaste pour que Télément pénal pût y être <( noyé » au milieu d'une population libre, sans cesse croissante, dont il eût subi Theureuse influence, et non pas se prononcer pour un pays neuf, qui comptait, tout au plus, quelques centaines d'habitants de race blanche et où la superficie cultivable était trop réduite pour que les deux colonisations, pénale et libre, pussent s'y développer, normalement, l'une à côté de l'autre.

Une seconde erreur fut de confier le soin de développer les cultures soit aux agents de l'Administration pénitentiaire, d'autant plus enclins à multiplier les acclimatations et les expériences de culture, que le budget de l'État faisait seul les frais de ces acclimatations et de ces expériences, parfois les plus bizarres; soit à des colons recrutés, officiellement, parmi des déclassés incapables de travail, ou parmi des ouvriers des villes plus honnêtes mais nullement préparés a la vie agricole, et qui devaient, par suite, se décourager dès la première difficulté.

En outre, rinexpérience et l'ignorance des agriculteurs calédoniens se trouvaient aggravées par le fait que les saisons n'étant pas bien tranchées, ils n'eurent souvent que « l'embarras du choix » des cultures et ne surent distinguer la plante qui doit venir de celle qui vient le mieux : ainsi s'expliquent les tâtonnements multiples et l'insuccès des premiers essais tentés \

vojer à notre travail sur la Transportation et colonisation pénale, où la question est étudiée avec détails.

I. A. Bernard, op. cit., p. 370-371. Cf. aussi Jean Garol, op. cit., p. 76 et sq. Sous le titre plaisant « A la recherche de l'idéal », Tauteur donne a la déBnition et le résultat » de ces premiers essais de colonisation libre. L'un d'eux vaut la peine d'être rappelé : celui de la Ouaméni (1889). L'État avait acquis sur ce point 7000 hectares de terres environ. Il en donna i 000 à la Société de colonisation récemment fondée, qui se chargea d'y envoyer i3 familles de papetiers originaires de la Dordogne, 53 personnes en tout. Lorsque ces émigrants quittèrent la France, leur succès parut à tous indubitable, et l'on parla pompeusement du « Réveil de la colonisation française» (Hevue de géographie » 1892, 11. p. 116). A leur arrivée en Nouvelle- Calédonie, ils trouvèrent leurs terrains allolis, défrichés, labourés, ensemencés, entourés de palissades, pourvus de routes et de maisons d'habitation : des équipes de relégués avaient fait tout le nécessaire. Chaque famille reçut, en outre, des outils.

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L'histoire de l'élevage révèle, enfin, une troisième erreur qui devait, elle aussi, provoquer des crises désastreuses. La certitude de trouver toujours un débouché dans Tapprovisionnement en viande des nombreux rationnaires de TEtat, soldats ou condamnés aux travaux forcés, en même temps que l'absence à peu près complète de main-d'œuvre agricole, fit que, dès le début, les premiers colons calédoniens dirigèrent surtout leurs efforts vers l'élevage. Malheureusement, ils s'y adonnèrent sans mesure et au mépris des conditions géographiques du pays. Ils s'imaginèrent pouvoir faire de l'élevage suivant la méthode australienne, sans remarquer que le <( squattage », bon pour les pays de steppes étendus, ne pouvait convenir à Tîle calédonienne, de dimensions fort restreintes et fort accidentée \

Cette erreur géographique eut les plus fâcheux effets. Non seulement un pareil système d'élevage créa un régime de grande propriété funeste dans une colonie où la superficie des terres arables est si réduite qu'aucune parcelle ne doit demeurer improductive ; mais encore le rassemblement annuel des troupeaux dans les a paddocks » présentant de grandes difficultés, à cause du relief du sol, le bétail fut abandonné à lui-même, sans surveillance et sans soin ; il envahit les cultures canaques, ce qui fut une des causes de l'insurrection de 1878*, et dévasta les

des ^ ivres pendant 6 mois au moins et deux génisses. On leur donna en commun 3oo hectares de pâturages enclos. On leur fit même des avances d'argent. « On voulait, dit Jean Garol, que l'expérience fût complète... Eh hien ! elle Ta été. » Moins d'un an après leur installation, les colons de la Ouaméni désertaient leurs jolies maisonnettes et, un à un, rentraient à Nouméa.

1 . Il faut noter aussi qu'au début l'administration locale, par l'institution des permis d'occupation, avait singulièrement favorisé cette tendance naturelle des éleveurs au « squattage ». Pour favoriser l'essor de la colonisation, un des premiers gouverneurs, le capitaine de vaisseau Gaultier de la Richerie, avait décidé, dès 1871, que des « permis d'occupation » seraient délivrés à tous ceux qui désireraient s'installer immédiatement sur des terrains dont le plan n'était pas encore levé. L'administration s'engageait à passer avec eux soit un bail, soit un acte de vente, le jour où le terrain aurait été atteint par la triangulation. Celte mesure fut très bien accueillie par les colons, qui occupèrent ainsi, en quelques mois, pi es de i5ooo hectares (^Moniteur de la Nouvelle-Calédonie , du i3 septembre 1871).

a. Cf. sur l'insurrection de 1878 : Henri Rivièke, Souvenirs de la Nouvelle- Calédonie. L'insurrection canaque [Paris, 188 1].

Part, de l'Ockanie. i5

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cultures européennes. Il y eut alors abâtardissement de la race et surproduction. La viande tomba à si bas prix, que les éleveurs perdirent courage et négligèrent plus ou moins leurs stations, dont ils ne pouvaient plus couvrir les frais ; quelquesuns même, contraints par la nécessité, vendirent leur troupeau tout entier à des conditions dérisoires V C'était la ruine des

Un troupkau de bi-:tail. (iNouvelle-Calédonie.)

On remarquera le relief accidenté et la végétation sfioradique des a niaoulis », l'arbre caractéristique de la flore calédonienne : son bois dur, de couleur rougeàtre, est entouré d'une série d'écorces très tilamentcuses, en même temps que moelleuses et souples, et dont les reflets d'argent rappellent un peu le bouleau.

éleveurs et, pour le budget local, la perspective d'un déficit considérable, l'élevage étant, pour ainsi dire, la seule richesse du pays. Aussi en 1886, cédant aux instances des éleveurs calédoniens, le gouvernement français provoqua-t-il l'établissement, à Ouaco, d'une usine de conserves. Dès 1888 l'usine expédiait en France près d'un million de boîtes de i kg. et ainsi l'élevage calédonien fut sauvé du désastre *.

Depuis une dizaine d'années on semble vouloir tirer quelque

1.40 et même 3o fr. la tête. Cf. L. SiMOJi, Conférence à la Société de géographie de ParUt février 1899.

2. Gauhakou, Géographie de la Nouvelle-Calédonie [^ouméi, 1892, 2« éd.], p. 96.

LËâ COLONIES t^ilA?«ÇAlSEâ

profit des expériences du passé. D'abord, la colonie ne reçoit plus ni forçats ni relégués : le dernier convoi est arrivé à Nouméa en février 1897; et malgré la campagne récente en faveur de la reprise de la transportation des condamnés en Nouvelle-Calédonie, il parait assez peu probable qu'on consente à renouveler une aussi malheureuse expérience.

D'autre part, on s'est efforcé de tenir compte des nécessités géographiques du pays dans le choix des colons et dans la création de centres nouveaux. On a cherché, surtout, à n'introduire que des immigrants ayant l'habitude des travaux agricoles et des ressources suffisantes. Par une propagande active *, le gouverneur Feillet (1894-1902), qui a attaché son nom à un nouveau programme de colonisation agricole, a réussi à attirer plusieurs centaines d'immigrants (787 de 1895 a igo3 dont 3oo hommes, 177 femmes et 3io enfants)*. — De plus, l'installation de ces colons se poursuit suivant une méthode véritablement géographique : on remonte de proche en proche le long des nombreuses vallées transversales, qui aboutissent de part et d'autre à la mer et relient la côte est à la côte ouest

1. Cette propagande reçut, au début, de précieux encouragements de V Union coloniale française, dont l'organe, La Quinzaine Coloniale, fit pendant les premières années de sa publication (1897 et sq.) une véritable campagne en faveur du système de colonisation préconisé par le gouverneur Feillet.

2. Voici, du reste, la répartition annuelle des arrivées, du i*"" janvier 1896 au Sojuin 1903.

Hommes. . . .

Femmes. . . . Enfants. . .

Total. . .

ANNÉES 1

Si, en fait, le programme de Feillet n'a pas donné, du propre aveu du gouverneur, tous les résultats désirables, cela tient, en grande partie, à la paresse ou à l'imprévoyance de bon nombre de colons qui se sont montrés par trop « amateurs ».

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LA MISE EN VALEUR

par des cols dontrallitude dépasse rarement 4oo ou 5oo mètres. En effet, dans le sens de la longueur de l'île, les centres peuvent être, sans grand inconvénient, un peu éloignés les uns des autres, à cause des zones étendues de pâturages et de terrains miniers qui les séparent, ou par suite de la facilité relative des voies de communication maritimes. Dans le sens transversal,

Construction d'une route. (Roule du col d'Ainieu.)

au contraire, il est aisé d'établir, au fond des vallées fertiles et bien arrosées, une série de centres agricoles prospères, très rapprochés et reliés entre eux par des routes charretières, d'autant plus utiles au développement de la colonie que cette région centrale de l'île est la plus riche.

L'agriculture calédonienne, enfin, dans son développement nouveau, se rapproche de plus en plus de l'agriculture française, sinon par les produits qu'elle exploite, du moins par les procédés qu'elle emploie.

La culture qui a été le plus volontiers encouragée est celle du

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LES COLONIES FRAÎiÇAISES

café, pratiquée depuis assez longtemps dans la colonie, mais qui s'est considérablement étendue, depuis une dizaine d'années

Préparation du café. (Nouvelle-Calédonie.) (Séchage et triage.)

surtout \ Cependant les dangers de la monoculture, comme aussi la concurrence du Brésil, qui lend de plus en plus à accaparer le monopole du café, ont attiré l'attention sur les avan-

I. Voici, d'après des renseignements fournis jwr V Union agricole calédonienne et La Quinzaine Coloniale, les exportations de café de 1894 ^ 1903, en quantité (tonnes) et en valeur (milliers de francs).

AUNÉES

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