‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 152 sur 234 · VALEUR · texte numérisé non relu

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332 LA MISE EN VALEUR

lages que peuvent présenter d'autres cultures coloniales : le caoutchouc, par exe m pie, dont les essais ont déjà donné de beaux résultats ; l'indigo et la vanille, auxquels, par contre, il faudra renoncer, à cause des découvertes récentes, par Tindustrie chimique allemande, de Tindigoline et de la vanilline. On se préoccupe surtout, semble-t-il, d'étendre les cultures susceptibles de recevoir sur place une première transformation industrielle : le coîotier, les arachides, le manioc, les arbres à fruits, dont les produits sont utilisés dans des savonneries, des huileries, des fabriques de tapioca ou de confitures, qui, peu à peu, s'organisent à Nouméa ou dans quelques centres de l'intérieur, à Bourail et à La Foa. En même temps, on s'efforce de développer les cultures vivrières, réduites jusque-là au maïs et aux haricots. Ces efforts ne sauraient manquer d'aboutir, car il est parfaitement possible d'obtenir, en Nouvelle-Calédonie, du blé, du vin et nos légumes européens.

La même transformation s'est fait sentir dans l'élevage, que Ton considère de plus en plus comme un « auxiliaire » de Tagriculture. Il ne se réduit plus à l'élevage des animaux de boucherie. Si l'on n'a pas renoncé à la fabrication des conserves de viandes \ on recherche beaucoup, d'autre part, les vaches laitières; on installe sur divers points de l'île, des beurreries, des fromageries; et ce nouveau système du petit élevage intensif ne s'applique pas seulement aux races bovines, mais il s'étend aux chevaux, aux moutons, aux animaux de bassecour (porcs et volailles), dont le nombre va sans cesse croissant.

Aux ressources de l'élevage et de l'agriculture il conviendrait d'ajouter encore celle des forêts *, très activement exploitées

I. Il est question de créer, outre l'usine déjà existante deOuaco (supra, p. aa6), une nouvelle usine de conserves dans les environs de Nouméa. — La Quinzaine Coloniale, lo juillet 1904.

3. Jeannenbt, op. cit.^ p. a88 et sq., donne une nomenclature assez complète des principales essences forestières calédoniennes.

LES COLONIES FRAMÇAISES 233

autrefois V Les principales essences qu'on y rencontre: le kaori^ l'acacia, le chêne-gomme, le burao, donnent d'excellents bois de charpente, de menuiserie ou d'ébénisterie. Ces forêts couvrent une surface évaluée à 120 000 hectares environ, sans parler des parties réputées jusqu'à présent improductives et qui pourraient être assez aisément reboisées. Il importe toutefois de ménager sagement ces richesses et, par l'organisation d'un service forestier qui est encore à créer en Nouvelle- Calédonie, de prévenir le retour des abus qui ont amené la disparition presque complète d'essences précieuses, comme le santal ou le bois de rose.

Cependant, quel que puisse être son avenir, la colonisation agricole sera toujours subordonnée, en Nouvelle-Calédonie, à la colonisation industrielle, l'Ile étant avant tout — toutes proportions gardées — un des plus riches pays miniers du monde.

L'inventaire des richesses minières de la Nouvelle-Calédonie est loin d'être encore complètement dressé, malgré les travaux importants consacrés déjà à l'étude des mines de notre colonie ^. Le voyageur qui traverse l'île rencontre encore souvent, aujourd'hui, des prospecteurs, généralement des libérés de la transportation, en quête de gisements dont la découverte doit réaliser leur rêve d'or. Les connaissances actuellement acquises permettent, toutefois, de distinguer en Nouvelle-Calédonie trois régions minières, qui correspondent à peu près exactement aux trois grandes régions géologiques que révèle l'inspection de la carte ^ : 1° dans les terrains du nord et du centre de

I . Les premiers caboteurs qui visitèrent file furent à la fois pécheurs de biche de mer et « sandalicrs ».

a. Sur cet arbre, que l'on appelle kaurien Nouvelle-Zélande, voir i/i/ra, p. a6i -a6a.

3. Le plus récent, en même temps que le plus complet et le plus remarquable peut-être de tous ces travaux, est le rapport de M. Classer, envo^ré en mission, en Nouvelle-Calédonie, par le ministre des Colonies. Ce Rapport sur les richesses minérales de la Nouvelle-Calédonie se trouve in Annales des Mines, io<^ série, IV^ (igoS), p. 399, 397 ; V (1904), p. 39. 5o3 et 6a3.

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