Bernard, op. cit., p
334 '-A MISE EX VALEUR
l'île, on rencontre à peu près exclusivement les mines d'or, de cuivre et de plomb ; 2" dans l'immense formation serpentineuse, qui forme comme l'ossature de Tlle et s'étale très largement dans l'est et le sud, on trouve surtout du fer, du chrome, du cobalt et du nickel ; 3"* les terrains secondaires, enfin, abondants dans l'ouest, présentent des gîtes d'antimoine et de manganèse et des gisements de charbon.
Les premières mines exploitées ont été les mines d'or et de cuivre. Dès i863, le Moniteur delà colonie annonçait l'existence de l'or dans la rivière de Pouebo. La nouvelle fit grand bruit et l'on pensa même, en France, que le peuplement rapide de la Nouvelle-Calédonie était désormais assuré * ; toutefois les premiers lavages ne donnèrent pas des résultats très encourageants ^ En 1870, on découvrit sur la rive gauche du Diahot un gisement dit de Fernhill^. On se mit aussitôt à l'exploiter, mais des difficultés de toutes sortes arrêtèrent à différentes reprises les travaux*. En 1897, une Compagnie anglaise, la Fernhill Gold Mine Society'^, tenta de nouveau l'exploitation; à son tour cette Société est tombée en déconfiture avant d'avoir fait aucun travail sérieux. Cependant malgré l'échec de cette dernière entreprise, il est certain que l'or existe en Nouvelle- Calédonie, et même sur une grande étendue. Pour en détermi-
I. J. DuvAL, Les colonies et la politique coloniale de la France [Paris, i86^|, p. 38o.
a. L*ingéaieur Jules Garnier, qui fit des recherches dans la région de Pouebo dès 1864, s'étonnait que la découverte d'une aussi faible quantité d'or te ait pu produire tant d'émoi ». — J. Garnier, Voyage autour du monde. Nouvelle-Calédonie côte orientale [Paris, 1871], p. 245.
3. Glasser, rapport cité (^Annales des Mines^ io« série. Y, p. 5o4).
4. Ibid., p. Ô08 ; Jean Carol, op, cit., p. 48. — Une des plus grosses difficultés tenait à ce que la nature du minerai se modifiait au fur et & mesure qu'on pénétrait plus profondément dans le sol ; & la surface, on avait de l'oxyde métallique ; en bas, on avait du sulfure. Or, au lavage, l'or s'en allait dans la rivière, et il ne restait que le sulfure, que l'on n'avait pas, alors, le moyen de traiter.
5. Cette Compagnie n'est qu'une section d'une association plus grande encore, {'International Mining Corporation. A cet égard, on peut regretter que les capitaux français se laissent devancer en Nouvelle-Calédonie par les capitaux étrangers. 11 y a là un réel danger. Cf. Trade of New Caledonia for tlie year 1901 (rapport consulaire cité), p. 6.
ner la quantité, même approximative, il faudrait des recherches méthodiques qui n'ont jamais été faites et qu'il serait grand temps de commencer*.
Des « chercheurs d'or » venus dans la vallée du Diahot y découvrirent aussi du cuivre, dès 1872. Mais, jusqu'à présent, les résultats obtenus ont été, comme pour l'or, insignifiants : du moins convient-il de noter que l'existence de gisements cuprifères très abondants et très riches est incontestable, et que leur exploitation bien conduite « pourrait peut-être apporter à la prospérité de la colonie un appoint important*. »
Découverts et exploités un peu plus tard, les minerais delà région serpentineuse (nickel, chrome, cobalt) constituent la grande richesse actuelle de la Nouvelle-Calédonie. Les statistiques oDicîelles les plus récentes évaluent à 5i6 i43 hectares, soit environ le tiers de la surface totale de l'île, l'étendue des terrains sur lesquels, au i" janvier 1904, s'exerçait l'industrie minière. Sur ce nombre, les entreprises de nickel occupent 255 302 hectares, celles de chrome 75 543 hectares, celles de cobalt 132 099 hectares ' se répartissant ainsi :
Nickel