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I. Dr Ségub, op. cit.f p

LA MISE E!« VALEUR

Tantôt, on désagrège la roche au moyen de jets d'eau très puissants : les débris sont alors entraînés dans un canal fait de planches, et en pente, appelé sluice ; le fond est garni de saillies de bois et de cavilés dans lesquelles on place du mercure ; l'or, plus lourd, est retenu par les saillies ou s'amalgame au mercure, et Ton revient alors au procédé précédent.

Extrac:tio?c de i.'or par i-a méthode hydraulique (sluice). (Communiqué par la Société de géographie de Paris.)

La Nouvelle-Zélande possède, en outre, de très importants gisements de houille, en particulier sur le versant occidental de l'Ile du Sud, où il existe des couches bitumineuses dont la qualité est égale, sinon supérieure à celle de tout autre gisement analogue du globe. La production s'accroît régulièrement depuis une quinzaine d'années ; elle est passée, de 1878 à 1902, de 162218 à 1862702 tonnes* : les districts de Westport, Otago

I. La tonne anglaise est légèrement supérieure k la tonne française (i oi5 kg.).

et Greymouth ont fourni ensemble, en 1902, les 3/4 de la production totale *.

On peut classer aussi, au nombre des productions minières, la gomme du pin kauri, qui se rencontre sous diverses formes, tantôt adhérant aux branches de Tarbre ou remplissant Taisselle des fourches, tantôt au pied de l'arbre, mêlée à l'humus végétal, tantôt sous terre à l'état fossile. Produite autrefois par d'immenses forêts de kauris, incendiées depuis, cette gomme se trouve enfouie à une certaine profondeur, au milieu des restes demi-pourris des arbres. Insoluble dans l'eau, elle a pu se conserver intacte pendant des siècles ; et le temps lui a donné la dureté qui fait son prix. Les champs de gomme (gum-jielclsj existent surtout dans la province d'Auckland, où ils ont été très avidement exploités. La masse de résine annuellement recueillie a beaucoup varié en ces dernières années ; la cause en est sans doute dans la difficulté de découvrir de nouveaux gisements. Mais la valeur de la gomme, de plus en plus recherchée pour les vernis à l'huile, ayant une tendance à augmenter, cette élévation de prix compensera vraisemblablement, pendant plusieurs années encore, l'épuisement progressif des gum-fields ^

On exploite enfin, en Nouvelle-Zélande, quelques mines d'argent, de cuivre, de chrome, d'antimoine, de manganèse, mais en très faible quantité : il est vrai que ces minerais n'ont pas encore faitl'objel de prospectage sérieux. Peut-être existentils plus abondamment que les chiffres de la production ne peuvent le faire supposer'.

Aux ressources du sol (agriculture et mines), il convient d'ajouter celles de la mer. La pêche est en effet très abondante le long des côtes néo-zélandaises ; on trouve sur ces côtes toutes

I. Weslport, 528462 tonnes; Otago, 3o83io; Greymouth, 216594.

3. Sur les gum-fields, voir Reeves, op. cit., p. 3 19 et sq. ; et de Ségur, op. cit., p. 168 et sq.

3. On estime, en effet, à 45a 781 livres sterling seulement la valeur de l'argent produit de i853 à 190a (contre 61 m 3i6 livres sterling d*or), k 60 846 celle du manganèse, 5a 598 celle de l'antimoine, 38 00a celle du chrome, 18 088 celle du cuivre.

LA MISE EN VALEUR

sortes de poissons : morues, soles, maquereaux, sardines, et une quantité de crustacés et de mollusques. D'autre part, et depuis plusieurs années déjà, on a organisé pour le peuplement des rivières néo-zélandaises des établissements de pisciculture qui ont donné de très bons résultats V

Le caractère essentiellement agricole de la vie économique en Nouvelle-Zélande se retrouve plus accentué peut-être encore quand, au lieu d'envisager seulement les ressources naturelles, on considère l'activité proprement industrielle du pays.

VALEUR DE LA PRODUCTION DES PRINCIPALES INDUSTRIES DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE (EN LIVRES STERLING).

Conserves de viandes.

Préparation des laines, cuirs

et peaux

Beurre et fromages. .

Fabriques de lainages. .

Minoteries

Brasseries cl germoirs. . .

Industries du bois. . . .

Totaux

194 3ii 754 83o 4^1 197 177 713

Industries métallurgiques)

(fonderies de fer cl de^ 368919 cuivre, etc.) 1

Imprimerie.

Valeur globale approximative'

des produits de rindustrie[ 5 700 000 en Nouvelle-Zélande. . . 1

5oi 374 3o2 433 874 656 4i8 83o 898 807

Le simple examen du tableau précédent", qui indique la valeur de la production des principales industries de la Nouvelle-Zélande révèle, en effet, au premier coup d*œil, la prépondérance marquée

I. Lire à ce sujet Ps'ew Zealand Officiai Year-Book, 1894, p. 43 1 et sq. 3. Les éléments de ce tableau sont empruntés au New Zealand Officiai Year-Book, 1908, p. 356.

des industries directement dérivées de ragricullure (élevage, cultures, forêts) et, en particulier, des industries alimentaires. L'une des premières industries pratiquées en Nouvelle- Zélande a étéTindustrie de la laine : tous les ans, de septembre à janvier, les propriétaires de troupeaux faisaient tondre leurs moutons, soit à la main, soit à la machine', et l'on expédiait les toisons telles qu'elles tombaient des ciseaux du tondeur.

Transport des balles db laine. (Nouvelle-Zélande.) (Cliché Wheeler and son, communiqué par la Société de géographie de Paris.}

Mais bientôt l'élevage du mouton, pratiqué seulement au début pour la laine, donna naissance à une industrie nouvelle très florissante aujourd'hui : celle des viandes gelées cl des conserves de viandes. Lorsque vers 1880, pour satisfaire à la demande sans cesse croissante de viande — en particulier de viande de mouton — de la part des grandes villes d'Angleterre, quelques colons de la Nouvelle-Zélande eurent Tidée de

I. On trouvera d'intéressants détails sur la tonte des moutons en Nouvelle- Zélande, in De Ségur, op. cit., p. i35-i36, et de Courte, La MouvelleZélande, [Paris, igo^]» p. 55 et sq.

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transporter à Londres Tanimal entier, conservé à l'état congelé, les vieux éleveurs, « très expérimentés », traitèrent de chimères tous ces projets. Ils se infusaient à croire, comme plusieurs Taffirmaient, que la colonie pût consacrer i million de moutons par an à lindustrie des viandes gelées, sans préjudice pour le développement de Tindustrie lainière. Les faits ont prouvé que leurs craintes seules étaient chimériques ; et aujoui-d'hui le nombre des moutons tués pour l'exportation dépasse 4 millions par an *. A la congélation des viandes de mouton est venue s'ajouter celle des viandes de bœuf, qui a pris en ces dernières années un extraordinaire développement *. Au total, d'après les chiffres fournis par le Census de 1901, l'industrie des hfeal freezing and presertnng wiUi boiling down tvorks comprenait 48 établissements occupant 2 282 ouvriers \

La congélation des viandes se poursuit dans des usines réfrigérantes, généralement situées à proximité d'un centre important de pâturages. Leur organisation est fort simple : les bâtiments où se fait la congélation proprement dite se composent ordinairement de chambres à cloisons étanches, où Ton fait arriver de l'air comprimé : la brusque expansion de Tair dans une pièce où il reprend immédiatement son volume primitif en abaisse la température, et l'on obtient ainsi un froid d'autant plus intense que Tair a été plus comprimé et que la chambre est plus grande *.

Presque partout, à côté de ces usines, il existe aujourd'hui

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