‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 18 sur 234 · Cf. Wallace, Austrahisia, I, p. ^23 el sq · texte numérisé non relu

Cf. Wallace, Austrahisia, I, p. ^23 el sq

d entre eux, le Waitangl ou Waitaki, a 260 kilomètres de long et se termine par un petit delta.

Pour le climat des autres îles océaniennes nous sommes assez mal renseignés. Les stations météorologiques y sont peu nombreuses et le plus souvent assez mal placées. Les obsei^a-

Le VVaiiio prenant sa source au glacier François-Joskpii. (Cùle ouest de l'île du Sud, Nouvelle-Zélande.)

tions portent sur des périodes relativement très courtes : les tableaux insérés dans le Manuel de Climatologie de J. Hann indiquent plus souvent des durées inférieures à 10 et même 5 ans que des durées supérieures ; or les observations météorologiques ne peuvent prouver quelque chose que si elles se répartissent sur un assez long espace de temps. Elles sont en outre intermittentes et peuvent ainsi porter sur des périodes a peu près identiques, d'où il s'ensuit que les conclusions qu'on en tire sont erronées parce qu'elles ne tiennent pas compte des années

intermédiaires où des modificalions climatériques très sensibles ont pu se produire.

Néanmoins, quelque insuffisants que puissent être nos renseignements sur le climat de TOcéanie in ter tropicale, quelque prudente quedoive être l'utilisation des observations sporadiques qui ont été faites, il est possible d'en présenter une synthèse à cause de la situation cosmique de ces archipels. En effet, par suite de la superficie extraordinairement réduite des terres dans cette région du globe, c'est la mer qui exerce son action prédominante \ Il en résulte une régularité plus grande du climat, de sorte que Ton peut, sans trop de témérité, généraliser des observations qui seraient tout à fait insuffisantes pour des contrées continentales.

La comparaison des chiffres de température conduit d'abord à une double constatation*. D'une part, les moyennes annuelles , sont plutôt élevées puisqu'elles oscillent entre 20°, 5 (Râpa), et 27® à Jaluit (Marshall) et à Port-Moresby (Nouvelle- Guinée)', — D'autre part, la différence entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid n'est pas considérable. A peu près insignifiante, dans les archipels voisins de Téquateur ou situés dans la Polynésie orientale, elle ne s'accroît qu'à mesure qu'on se rapproche des tropiques ou des masses continentales de l'Ouest: elle est de o°,4 à Jaluit (Marshall), de i°,6 à Hilo (Hawaii), de i°,8 à Apia (Samoa), de 2^,7 à Papeete (Tahiti), de 2'*,9 à Port-Moresby (Nouvelle-Guinée anglaise), de 4'',2 à Suva(Fiji), de 6*» à Tanna (Nouvelles-Hébrides), de 6**, 7 à Nouméa, etc.

Ces conditions thermiques pourraient faire croire, a priori, à un climat insalubre. Ce qui nuit à notre organisme, en effet,

I. Sur ce principe fondamental en climalologic, de la répartition des terres et des mers et de leur inégal échauflcmcnt ou refroidissement, voir Buchan, Challenger HeportSy Physic and Chemistry^ t. H (Reports on atmospheric circulation) , p. 48.

a. Voir les tableaux de J. [Knn, op. cit., II, p. a66 (pour les îles du Pacifique autres que la iNouvelle-Guinée), et de Danckelman in Kkiecek, \eu Guinea, chapitre IV. Cf. aussi, dans Vailascité de la Deutsche Seewarte, les cartes lo et ii.

3. KiRCiiHOFF (L'mrisse 2U einer J.andeskunde der Karolinen, in Geoyr. Zeitschr., 1899, p. 549) donne même 28°, 3 pour Ponape.

LE CLIMAT. LA FLORE Et LA FAUNE 33

c'est moins rintensllé que la continuité de la chaleur ; et l'influence déprimante du climat des tropiques vient précisément, en grande partie du moins, de sa faible variabilité \ Mais, outre que les variations de température sont certainement plus fréquentes que ne peuvent le laisser entrevoir des moyennes nécessairement imparfaites ^ il ne faut pas oublier Tinfluence bienfaisante qu'exercent sur la température les vents qui soufflent sans relâche à travers le Pacifique.

Pendant longtemps, on s'est imaginé le Pacifique comme le domaine de l'alizé régulier soufflant de l'Est ; de la même façon, du reste, qu'on regardait les îles indiennes comme le domaine exclusif de la mousson avec des vents, également réguliers, soufflant alternativement du N.-O. et du S.-E^ Mais des observations nombreuses ont fait abandonner définitivement celte opinion. On divise aujourd'hui l'Océanie intertropicale en trois zones de vents distinctes \ Dans la région orientale, au delà du 170° de long. O., dans l'hémisphère nord, et du i4o** de long. O., dans l'hémisphère sud, l'alizé souffle régulièrement presque toute Tannée, interrompu seulement par quelques brises alternantes autour des îles. Ainsi à Honolulu on a relevé, pour une période de i4 ans, une moyenne de 258 jours par an de vents du Nord-Est. Ces vents se font sentir le plus souvent en été, surtout en juillet etaoût*^ ; plus rares de décembre à février, ils sont remplacés, à ce moment, par des

1. La chaleur continue, dit M. Bernard, détermine généralement chez l'Européen le ralentissement de l'activité nutritive des tissus en même temps que des modifications dans la composition du sang. 11 en résulte une déchéance physiologique lente, mais graduelle, qui se traduit par une inaptitude progressive au travail des hras et de la pensée, et qui amoindrit de plus en plus la résistance de l'individu contre les maladies. Â. Bkrnard. op. cit., p. 33a.

2. Cf. à co.sujet J. Navarrk, Manuel d hygiène coloniale [Paris, 1895], p. a.

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