‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 20 sur 234 · SiEVKRS, op. cit., p. 4l · texte numérisé non relu

SiEVKRS, op. cit., p. 4l

2. Lbmasson, Les Établissements français de l'Océanie [Papeele, 1899], P* 7'*

3. Voir les cartes mensuelles des pressions dans le Pacifique, in ELa.rtiiolomew, op. cit.t pi. XII.

t^. Sur cette interruption de Talizé au milieu du Grand Océan, longtemps incompréhensible, lire les judicieuses explications proposées par A. Bernako, op. cit., p. i'i4; et H. Mager, Le monde polynésien [Paris, 190a], p. 74.

5. Le P. Hartzrr, op. cit.t p. 'iS-^y; cf. Sievers, op. cit., p. /|42.

G. Cf., par exemple, les observations de Sif.vers, op. cit., p. 3ii (à propos des Salomon).

orages et des cyclones, dont le principal foyer se trouve entre la pointe sud de la Nouvelle-Calédonie et les Samoa'. Certains de ces cyclones sont restés tristement célèbres dans

Us CYCLONE SUR UN ATOLL.

(Tuaraotu.)

Ccilo pliolographic a él^ prise lors du dernier cyclone des Tuamotu (11-17 janvier igoS), qui a coûte la vie à 5iD personnes, soit près du huitième de la population de rarchipcl. Plusieurs villages, submergés par les flots, ont été détruits ; presque tous leurs habitants ont péri, à l'exception de quelques personnes réfugiées au sommet des cocotiers. Telle fut la violence et la hauteur des vagues que des goélettes et des cotres ont été transportés à 200 mètres du rivage au milieu des ruines des villages.

rhistoire de la Nouvelle-Calédonie, des Nouvelles-Hébrides, des Fiji, des Samoa, des Tonga ou des Tuamotu ^

Au delà des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie, le Pacifique occidental forme une troisième région. Ce n'est pas encore le régime des moussons indiennes ; mais on y trouve

I. Cf. Knipping (E.), Die Iropischen Orkane der Sudsee :wischen Australien und den Paumotou [Tuamotu] Insein. (^Au$ dem Archiv der Deutschen SeeuHirte, 1898) [Hamburg, 1898]. L'ÂlIas de Bartholomew reproduit (planche xxxiv) une carte très signiBcative de Knipping.

a. Cf. A. Bfrnard, op. cit., p. 128-9; Wallacf, Australasia, lî, p. 474 ; Si air Joh:<, op. cit., p. 38 et sq. ; Sievers, op. cit., p. 364-5, 376, etc.

36 CONDlTIO:«S GÉOGRAPHIQUES DE LA VIE HUMAINE EN OCEANIE

des vents analogues, alternatifs et périodiques, et dont il faut expliquer l'existence surtout par la présence de masses continentales importantes, comme TAustralie. Au sud de Féquateur, pendant Tété, ce sont les vents d'Ouest qui dominent. Ils se font sentir d abord en Nouvelle-Guinée, en Nouvelle-Poméranie \ aux Salomon, puis plus tardivement, au fur et à mesure qu'on descend vers le Sud et l'Est. D'avril à octobre, ils sont remplacés par l'alizé'. Le mcme phénomène se produit au nord de l'équaleur. Les Mariannes, les Palaos et les Garolines sont successivement balayées par Talizé du N.-E., d'octobre à mai, puis de juin à septembre par des vents venant surtout du S.-0\

Les principales obscivalions pluviométriques relevées dans rOcéanie intertropicale conduisent, enfin, à ces conclusions^:

Les îles montagneuses reçoivent des pluies abondantes. Aux îles Hawaii, on note 8689 mm. (IIllo) ; aux Samoa, 3/i33 (Utumapu) et 3 178 (Apia) : il règne même dans cet archipel une humidité telle que tout s'y rouille, et que les allumettes les meilleures ne peuvent « prendre » ''. Aux Fiji, la moyenne des trois principales stations oscilleautour de 2 5oo mm. (Bua, 2 ^97 ; Levuka, 2 /|65 : Suva, 2629); mais Quara Valu, au sud de

1. La Nouvclle-Pomcranic! (Hait appelée autrefois, avant l'occupation allemande, Nouvelle-Bretagne. L'ancien nom persiste encore chez quelques auteurs.

2. A. Bf.rnaiid, op. cit.,, p. 12G; Sievers, op. cit., p. a58.

3. SiEVEHs, op. cit., p. 452, d'après les observations de Voi.kfns. Bien que leur rôle actuel soit moins important que celui des vents dans la vie économique de rOccanie, il convient de rappeler que de grands courants marins (nord-cquatoriai et sud -équalorial) parcourent le Pacifique, d'Est en Ouest. Le premier se brise au contact des terres de l'Insulindc et se dirige sous le nom de Kouro-Chivo vers des latitudes plus élevées, achevant son circuit par un courant tiède (le courant de Californie) qui se réchauffe de nouveau. Le courant sud-équatorial est arrêté plus tâl par les ilcs océaniennes, plus nombreuses dans l'hémisphère sud que dans Thémisphèrc nord, et il s'infléchit très vite vers le Sud-Ouest, achevant ainsi plus rapidement son circuit. Entre ces deux courants, et formé d'une partie de leurs eaux déviées, un courant contre-équatorfal se dirige en sens contraire, d'Ouest en Est. Sur les courants du Pacifique, lire E. R ne lu s, op. cit., p. 82 et sq. ; et voir la carte 3 de V Atlas cité de \si Deutsrhr Seeivarti'.

f\. Sauf indication contraire, les renseignements qui suivent sont empruntés aux tableaux de J. Hann, op. cit.. Il, p. 248-9 et 2O8 9. 5. Graeffe, cité in Sieveks, op. cit., p. 304.

l'île de Taviumi reçoit jusqu'à 6281 mm. Les chiffres relevés en \ouvelle-Guinée sont également considérables : 2 780 mm. à Finschhafen, 27^1 à Hatzfeldhafen , 3072 à Konstantinhafen, 3 227 à Erima, 3 34o à Slephansort, 3778 à Friederich- Wilhelmshafen , 4 862 à Simbang, 5591 à Jomba. On aurait même relevé sur certains points plus de 65oomm. d'eauV

Ces pluies tombent, en général, en quantité inégale sur les deux versants des îles. Dans la région des alizés, le versant oriental est toujours le plus arrosé. Ainsi, aux Hawaii, Hilo, exposé au vent dominant, reçoit 3 fois plus d'eau que Kailua (i 270mm.) et Honolulu (i 002 mm.), tournés Tun et Taulre vers rOuest. Dans le Pacifique central et occidental, où se fait déjà sentir Tinlluence des moussons, cette différence est moins marquée, mais lorsqu'elle existe c'est en faveur du versant occidental. La raison en est facile à donner: les vents d'Ouest venant de l'équateur, c'est-à-dire d'une région où Tévaporalion atteint son maximum, sont naturellement plus humides que l'ah'zé, né dans la région sèche des tropiques.

Sur ces îles montagneuses et bien arrosées, les cours d'eau sont nombreux^ ; mais les fleuves puissants ne se rencontrent que dans les régions de plaines étendues. Aussi n'en trouvet-on guère qu'en Nouvelle-Guinée, où le Fly et le Purari\ dans la Nouvelle-Guinée anglaise, le Ramu ^ et le fleuve de l'Impératrice Augusta, dans la Terre de l'Empereur Guillaume, constituent de longues et précieuses voies navigables. De proportions plus réduites, le Revva dans l'île de Viti Levu peut être

1. ChiflTrcs fournis par Danckelm\n» in Kriiîger, op. cit., ch. iv.

2. W faut noler toutefois que dans celles de ces îles où le sol est constitué de roches volcaniques très poreuses, la jilus grande partie de l'eau s'infiltre au lieu de ruisseler à la surface en cours d'eau. Le fait est surtout sensible aux îles Hawaii où les habitants ont du faire d'importants travaux pour se procurer l'eau nécessaire à leur alimentation et à leurs cultures.

3. Suivant xMac Gregok, art. cité {Scott. Grogr. Mag., 1895, p. i6a), le Fly serait navigable sur plus de 53o kilomètres pour des vapeurs et le Purari sur plus do lao.

4. Lauterbach, art. cité (^Zeitschr . der Gesellsch. Berlin, 1898, p. i63), estime à 5oo kilomètres la longueur du Ha mu.

également remonté par des navires de faible tirant d*eau ou à fond plat jusqu'à près de 80 kilomètres depuis son embouchure*. Partout ailleurs, en Nouvelle-Calédonie, aux Samoa, à Tahiti, aux Hav^raii, etc., l'espace manque aux fleuves et c'est pourquoi Ton n'y rencontre que de petites rivières auxquelles les régions tourmentées qu'elles traversent donnent un cours encombré de cascades et de rapides ; la rivière Fautaua (Tahiti) est à cet égard tout à fait caractéristique.

Ce caractère torrentiel des cours d'eau a des conséquences importantes au point de vue du climat. En l'absence de toute espèce de digues, ou de travaux d'assèchement, ils arrachent du flanc des montagnes des quantités énormes de détritus qui forment des barres, des atterrissements obligeant la rivière, après avoir encombré son lit, à se déverser et à s'étaler sur les terres voisines*. On a ainsi, sur plusieurs points, en Nouvelle- Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides notamment, la formation de marécages auxquels s'ajoutent ordinairement des lagunes saumâtres, des plages marines très basses, couvertes de palétuviers et qui peuvent être très insalubres.

Un tel danger n'existe pas dans les lies coralliennes, où, par suite de l'extrême perméabilité du sol calcaire, TinflUration absorbe presque toute l'eau qui tombe \ Cette eau n'est, du reste, jamais bien abondante. Si quelques îles, voisines de l'équatcur, reçoivent, par exception, d'assez fortes pluies, comme Jaluit où l'on a noté pour une période de 4 ans une moyenne annuelle de 4017 mm., le plus souvent les vapeurs se dissolvent dans le ciel au-dessus des atolls. L'évaporation des lagons, dont la température est plus élevée que celle de la mer environnante, détermine, en eflet, un courant ascensionnel d'air très chaud ; en passant dans cet air chaud, les nuages dis-

I. Thomson, art. cité (Scott. Geogr. Mag., 189^. p. 137). a. A. Bernard, op. cit., p. 336.

3. Il en résulte, par conlrc, de grands obstacles pour raliuiciitalion des habitants. Cf. Scott. Geogr. Mag., iSgo, p. 537 (d'après Ekivi:( Stkinbach).

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La rivière Fautaua.

KTahili.)

« Nous arrivions au fond de la gorge obscure où le ruisseau Fautaua. comme une grande gerbe argentée, se précipite de trois cents mètres de haut dans le vide... L*eau de la cascade, émiettéc, pulvérisée par sa chute, arrivait en pbiie torrentielle, en masse échevelée et furieuse*. Elle se réunissait ensuite en Imuillonnant dans des bassins de roc vif, creusés et polis par la main patiente des siècles; et puis se reformait en ruisseau, et continuait son chemin sous la verdure. Une fine poussière d'eau était répandue comme un voile sur toute cette nature ; tout en haut apparaissait le ciel, comme entrevu du fond d'un puits, et la télc des grands mornes à moitié perdus dans des nuages sombres, n P. Loti, Le mariage de Loii [Paris, 1890J, p. 1^1-2.

4o CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES DE LA VIE HUMAINE EN OGÉANIE

paraissent, pour se reformer d'ailleurs au delà, et ainsi (( les contours de Tîle se dessinent dans Tcspace aérien par une île d'azur \ »

Si maintenant Ton considère, non plus la quantité mais la saison des pluies, la corrélation très étroite qui existe entre les pluies et les vents apparaît aussitôt.

Dans le Pacifique oriental, où Falizé, vent dominant, est mieux établi en hiver, c'est l'hiver surtout qui est la saison pluvieuse: ainsi, aux Hawaii, c'est de novembre à février que tombent les plus grandes quantités d'eau'; de même, dans l'hémisphère sud, aux Marquises par exemple, les pluies sont plus fréquentes pendant l'hiver, de juin à septembre \ — Partout ailleurs, c'est-à-dire là où l'alizé est remplacé une partie de l'année par des vents opposés, c'est, au contraire, en été, précisément à l'époque de ces vents*, que les pluies sont le plus abondantes. Dans certaines îles, en particulier à Tahiti, aux Fiji, aux Nouvelles-Hébrides, le contraste est frappant entre la période novembre-avril et la période mai-octobre, celle-là étant de beaucoup la plus riche en pluies, celle-ci, de beaucoup la plus pauvre ^. — Même dans les régions où la pluie tombe abondamment toute l'année, comme aux Salomon, en Nouvelle-

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