Moniteur officiel du commerce, 1901, 11, p
2. Trade of the territory of Hawaii for ihe year 1901 (Diplomatie and consular Reports, Annudl Séries, n® 2837). p. 12 ; Annuaire financier et économique du Japon, 4' année (1904), p. i46; il convient d'ajouter que le .\orddeutscher Lloyd songe aussi à établir une ligne desservant Honolulu.
324 LA MISE EN VALEUR
des îles Hawaii * , on peut dire que son développement continu ne sera définitivement assuré que le jour où les Américains auront résolu d'une façon satisfaisante la question de la main-d'œuvre*.
Ce grave problème de la main-d'œuvre s'est posé aux îles Hawaii, comme dans les autres archipels océaniens, du seul fait de la disparition des indigènes, dont le nombre a diminué de moitié en moins d'un demi-siècle (71 019 en i853 ; 87 635 en I90o)^ De plus, ces indigènes, naturellement très indolents, ne fournissent à peu près aucun travail sérieux, ou tout au moins ne s'engagent que pour des travaux où il leur est possible de satisfaire leur passion pour la mer ou le cheval. Mais ici, la question de la main-d'œuvre a revêtu de très bonne heure un caractère particulier d'acuité, par suite du développement très rapide des plantations de canne à sucre.
Dès 1875, c'est-à-dire dès le lendemain du traité de réciprocité avec les Etats-Unis, qui devait marquer aux îles Hawaii les débuts de Vère du sucre'', on organisa à Honolulu un Bureau d'immigration chargé d'attirer, dans l'archipel, des travailleurs. On songea d'abord à faire venir des individus dont l'établissement définitif dans le pays fût désirable ; et c'est ainsi que le Bureau d'immigration s'adressa surtout aux Portugais des Açores et de Madère : en 10 ans il en introduisit 7 000 à 8 000.
I. Les tableaux statistiques de Whitmey et de VHawaiian Annual marquent bien les progrès du commerce général des îles Hawaii depuis ces vingt dernières années. Suivant une progression à peu près continue, les importations ont presque triplé (56343^0 dollars en i883; i3 98a 485 en iQoS), et les exportations sont plus de trois fois plus fortes (8 i33 344 dollars en i883 et aG 375 438 en iQoS) : ces deux derniers chiffres d'exportation comprennent même les marchandises importées et réexportées.
a. On trouvera in Whitney, op. cit., p. i33 et sq., un très bon chapitre sur The labor question.
3. Hawaiian Annual (^iQoti), p. i8. Dans le chiffre de 37 035, il faut compter 7 848 métis ; dans le chiffre précédent il n'y en avait que 983 (cf. Whitnky, op. cit., p. 335).
4. On divise l'histoire du développement commercial des îles Hawaii, au xix« siècle, en 3 périodes dont chacune est caractérisée par l'exploitation presque exclusive d'un seul produit: d'abord le santal, puis la baleine, enfin le sucre. Cf. Whitney, op. cit., p. 117 et sq.
LES COLONIES AMéRIGAI!*IES SqB
Il attira aussi des Allemands, des Norvégiens et même des Polynésiens recrutés presque exclusivement dans les Gilbert et lesEllice*. Pendant le même temps, et sans les encouragements du gouvernement hawaïen, les Chinois n'avaient cessé d'affluer: en douze ans, de 1872 à i884, leur nombre avait presque décuplé (1 988 en 1873 ; 17 987 en i884)'.
La main-d'œuvre fournie par les Portugais et les Chinois était excellente'; malheureusement, l'immigration officielle des premiers avait l'inconvénient d'être onéreuse au gouvernement et aux planteurs \ et les progrès continus de l'immigration spontanée des seconds* parurent bientôt si inquiétants, qu'à deux reprises, en 1881 et en i883, les autorités hawaïennes durent interdire momentanément et réglementer pour l'avenir l'introduction des travailleurs chinois*.
Depuis vingt ans, ce sont les Japonais qui fournissent la plus grande partie de la main-d'œuvre employée aux îles Hawaii. En 1884, ils étaient tout au plus une centaine; au dernier Census (1900), on en comptait plus de 60 000 \ c'est-à-dire presque la moitié de la population totale de l'archipel. Il ne parait pas que le gouvernement hawaïen cherche à enrayer cet essor inattendu et dangereux de l'immigration japonaise. On pourrait même dire, au contraire, que l'annexion des îles Hawaii aux Etats-Unis, en rendant applicable sur leur territoire le Chinese exclusion act, n'a fait qu'ouvrir plus largement encore les portes à l'invasion japonaise ^ Mais les Japonais se
I. C. Whitnev, op. c'U.t p. i35-6; Stubbs, Report..., p. 83-4. a. Hawaiian Annual (1904). p. 18.
3. Les Canaques des Gilbert et des EUice ne donnèrent pas de bons résultats et furent, de bonne heure, presque tous rapatriés. Stubbs, loc. cit.
4. Le prix d'Introduction d*un Portugais variait entre aho et 4(>o dollars. G. Whitnbt, op. cit., p. i35.
5. En 1872, la population chinoise n'atteignait pas 4 "/n de la population totale (i 988 sur 56 897) ; en i884, elle avait dépassé 20 ®/o (17 987 sur 80 678). Hawaiian i4iviua^ 1904)» p. x8.