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LES GOLO!*IIES AMÉRICAINES

Déjà Ton assiste à une transformation du régime de la propriété, avec les progrès du système des contrats, dits coopératifs, entre gros propriétaires et petits planteurs de canne, et dont les principales dispositions sont en général les suivantes. Le propriétaire s'engage à fournir gratuitement au planteur : des avances remboursables sans intérêts jusqu'à concurrence d'une certaine somme mensuelle, fixée d'avance ; un logement suffisant pour lui et sa famille, et l'entretien de ce logement ; du combustible pour l'usage domestique, à prendre dans certains endroits désignés ; les outils nécessaires aux premiers travaux d'irrigation, l'entretien et la réparation étant à la charge du planteur ; de l'eau d'irrigation dans les fossés adducteurs au milieu des champs ; des engrais et des moyens de transport pour les cannes. En échange, le planteur promet l'exécution stricte des instructions qui lui sont données pour la culture, l'irrigation et la coupe des cannes, sous peine de payer les frais de toute main-d'œuvre étrangère dont sa négligence aura imposé l'emploi au propriétaire \

Les Américains fondent de grandes espérances sur ce système de contrats coopératifs qui, entre mille avantages, présente en particulier celui de faire participer un plus grand nombre de personnes aux bénéfices de l'exploitation du sucre, jusque-là monopolisée par quelques gros capitalistes ^ Mais il faut bien se persuader que le succès définitif de ce système est étroitement subordonné à une immigration de planteurs de race blanche assez considérable pour absorber les éléments chinois et japonais.

Tant que subsistera la prépondérance numérique actuelle de la population asiatique, qui est plus de trois fois plus nombreuse que la population blanche \ la solution définitive du

I. CoLSOii, op. cil., p. 70 et sq. (On y trouvera un modèle de ces contrats) ; cf. aussi G. Whitney, op. cit., p. i56 et sq.

a. C. Whitney, op. cit., p. i5i et 157. 3. Voici, en effet, les chiffres du Census de 1900. Population totale, i54ooi.

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problème de la main-d'œuvre restera en suspens ; et les îles Hawaii n'atteindront pas le développement économique auquel leur situation géographique et leurs ressources leur donnent le droit de prétendre.

Comparées aux îles Hawaii, les autres possessions américaines dans le Pacifique sont à peu près insignifiantes. L'île de Guam, la plus grande et la plus peuplée des Mariannes (5i4 kilomètres carrés, 9000 habitants), n'a à peu près aucune importance commerciale, du moins pour les Américains, car le seul commerce qui n'y soit pas tout à fait négligeable, celui du coprah, est entre les mains de la Compagnie japonaise Hiki-Kaisha de Tokio *. Par contre, son importance stratégique est considérable, car elle est avec Honolulu, l'îlot de Midway* et Manille, un des points d'atterrissement du câble transpacifique améncain qui relie San Francisco à Hong-Kong, les Etats-Unis à l'Extrême-Orient'.

Moins étendues encore et moins peuplées que Guam, les Samoa américaines, Tutuila et Manua (199 kilomètres carrés et [\ 000 habitants) ont une vie économique plus intense, grâce à l'admirable port de Pago-Pago (Tutuila), qui n'est pas seulement une station navale de premier ordre*, mais aussi une des principales escales de la ligne de VOceanic Sleamship Company ^ qui relie San Francisco à Sydney via Honolulu et Auckland.

dont 37635 indigènes ou métis, 86877 Chinois ou Japonais et a8836 étrangers de race blanche, pour moitié Portugais. Cf. Haioaiian Annual (iQod). p. 18.

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