Pauly, Climatologie comparée t p
maie sur les îles ^ . Leurs observations répétées les ont conduits à affirmer, d'une part, Yorigine étrangère des flores et faunes insulaires, surtout dans les lies parasitaires, qui sont de formation relativement récente ; d'autre part, Vendémisme de ces flores et de ces faunes, c'est-à-dire leur caractère tout à fait spécial, conséquence de leur isolement ^
Il serait hors de propos de vouloir reprendre, ici, ces théories, en ce qui concerne TOcéanie. La distinction des diverses zones floristiques ou zoologiques, établies par certains géographes \ intéresse peu l'économie coloniale, car l'aire de dispersion des principales espèces utiles (cocotier, bananier, arbre à pain) s'étend àpeu près sur toute l'Océanie. Déplus, il importe moins au colon de connaître Thabitat primitif des plantes ou des animaux, que de savoir quel parti il peut tirer de la végétation et de la faune indigènes actuelles*.
Un des premiers faits qui frappent l'attention, dans les archipels océaniens, c'est la richesse de leur végétation. Sur les îles continentales ou volcaniques, celte riche végétation s'explique
I. Cf. en particulier Grisebach, La végétation du globe [trad. Tchihatchef. Paris, 2 vol., 1876-7], II, p. 747 et sq. ; Wallace, Isldnd life [a"'^ édition, London, 1895]; Trouessart, La Géographie zoologique [P^rh, 1890], p. 168-169; Drude, Manuel de géographie botanique [trad. Poirault, Paris, 1897], P- logetsq.
a. « L'isolement d'une région a toujours amené le développement de formes systématiques diflërcntcs, dont la divergence augmente avec le temps. » (Drude, op. cit., p. 99.) — D'autre part, il faut noter que le nombre et la variété des espèces varient suivant l'àgo des îles et leur mode de formation. En Océanie, les îles continentales ont une flore et une faune plus riclies que les îles purement volcaniques ou coralligèncs, non seulement parce qu'elles ont un sol plus varié, mais aussi parce qu'elles sont do formation moins récente. Voir, sur ce point, A. Bernard, op. cit.^ p. 343 ; et Wallace, Island life^ p. 33o.
3. Sur les diflerentes zones floristiques do l'Océanie, voir les travaux récents de Warburg, Monsunia. lieitrage zur h'cnntniss der Végétation des Sud-und ostasiatischen Monsungebietes, Band 1, Leipzig, 1900; — et de Reimicke, Die Samoa-Inseln und ihre Végétation in PJlanzengeographischer Beziehung, in PetcrmannsMitt., 1908, p. a4i- 249; — cf. aussi la carte de Sievers, op. cit., p. 44.
Pour les zones zoologiqucs, une seconde carte spéciale de Sievers, op. cit., p. 53, fournit tout rcsscntiel.
4. Il suffit do rappeler, à ce sujet, le bon travail de Ai.ph. de Ga^sdolle, Origine des plantes cultivées [Paris, 4*^ éd., 1896].
LE CLIMAT. LA FLORE ET LA FAt'NE f\b
aisément par la nature du sol qui la porte, et plus encore peutêtre par Tatmosplière qui la baigne. Elle s'y développe d'ordinaire avec beaucoup plus de puissance dans les régions exposées aux vents. Dans le Pacifique oriental et central, en particulier aux Hawaii, aux Fiji' et dans les archipels nlicronésiens^ le contraste est frappant entre le versant exposé à Talizé et celui qui se trouve sous le vent. — La richesse plus grande des îles mélanésiennes tient à ce qu'elles reçoivent une humidité suffisante des deux côtés.
L'exubérance de cette végétation se retrouve jusque sur les îles coralliennes, dont quelques-unes vues du large semblent couvertes d'une forôt luxuriante, telle Ilonden, l'une des Tuamotu^. Le fait, si surprenant qu'il paraisse à première vue, est aisé à expliquer. Sur ces bancs de coraux ont végété d'abord quelques plantes de littoral aptes à supporter la salure du sol ; puis, un terreau formé de feuilles mortes et de débris organiques s'est accumulé, et la salure du sol a été diminuée par le lavage des pluies : alors une végétation plus variée, dont les semences ont pu être apportées par les oiseaux et le vent, s'est développée, et des cultures ont même pu s'établir \ Les forêts des îles Loyalty, de Lifou et d'Ouvéa surtout, montrent quelle puissante végétation peut faire naître, sur le calcaire presque nu et avec une couche de terrain insignifiante, l'influence de la chaleur et de l'humidité '.
La formation de ce terreau ou humus, que l'on trouve aussi bien sur les lies continentales ou volcaniques que sur les îles coralliennes, ne doit donc pas faire illusion sur la valeur agricole du sol qu'il recouvre. De hautes et superbes forêts peu-
I. Cf. Grisebach, op. cit., II, p. 791 ; É. Kkclus, ojt. cit., p. 87'!. a. SiRVF.Rs, op. cit., p. 435.