‹ Le partage de l'OcéanieChapitre 25 sur 234 · A. Bernard, op. cit., p. aoi · texte numérisé non relu

A. Bernard, op. cit., p. aoi

3. Sur les funestes conséquences du déboisement aux Fiji cl à TIlc de Pâques, par

Le dLIliAT. LA FLORE ET LA FALNE /iy

Sous ces réserves, la végétation océanienne ne laisse pas cependant d'offrir à l'homme de précieuses ressources. On peut y distinguer trois zones dont Tétagement se reproduit à peu près régulier dans toutes les îles montagneuses de TOcéanic.

Les plages maritimes basses, que la marée couvre ou découvre alternativement, sont le domaine d'une formation végétale particulière : c'est \si forêt littorale tropicale on forêt de palétuviers \

Palétuviers.

Cette photographie montre bien rcnchcvctrcmcnt caractéristique des racines, qui pennet difficilement de reconnaître à quel tronc se rattache telle racine ou telle branche déterminée. Pour le tronc et les feuilles, voir, infra, la photographie de la page 71.

Les arbres qui la composent ressemblent à d'énormes araignées «dont le corps serait constitué par la lige, les branches et les feuilles, et dont les pattes, très grêles mais très nombreuses, partiraient de ce corps comme des arceaux pour s'enfoncer dans la vase^. » Chez certaines espèces, le pandanus, par exemple, les branches elles-mêmes envoient, vers le bas, une

exemple, lire Guillemard, Australasia, II, p. /|74; et J.-B. de Lesseps, Relation du voyage de La Pérouse... [Paris, i83i], p. 57-58.

I. O. Drude, op. cit., p. a33 et sq. On étend quelquefois à la flore entière des palétuviers le nom primitif cl vulgaire d*une de leurs espèces, la mangrove. Cf. CosTANTiN, La nature tropicale [Paris, 1899], p. 289 et sq.

a. COSTANTIN, op. cit. y p. 2^0.

multitude de racines adventives, destinées aussi à accroître la force de résistance de la plante contre Tassant perpétuel de la vague. Au point de vue économique, Técorce des palétuviers peut servir dans le tannage des cuirs ; et les feuilles du pandanus, (pie Ton mange comme des artichauts, constituent une part imporlanle do Talimentation des indigènes dans C|uclques îles coralliennes.

U.Ni: CASE KN COCOTIER.

(Iles de la Société.)

L\'A un tvpe de conslruclion qui disparull, los indigènes cux-mènies construisant leurs maisons en sapin d'Orégon.

Aussi peu difïicile que les palélu\iers, sous le rapport du sol et du climat, le cocotier Cocos nnclfera , qui veut surtout du vent et du sel, est répandu à Iravers tout le Pacifique et se rencontre aussi bien sur les côtes de la Nouvelle-Cîuinée et de la >îouvelle-Calédoiiie, que sur Tétroite bordure des atolls*. On peut dire quMl n'est pas de partie dans le cocotier qui ne

I. Sur le cocotier, lire K. Davillé, ?\olions itnUiqiws de cultures coloniales. La culture du cocotier, l^aris, 1899.

LE CLlIlAT. LA I^LORE Et LA PAtNE ^9

soit utilisable ; et si l'emploi du tronc et des feuilles dans les constructions est peu à peu abandonné, du moins les fruits continuent-ils de jouer un grand nMe dans la vie économique des archipels océaniens. Groupés par régimes, d'une dizaine de noix chacun, ils contiennent, lorsqu'ils sont frais, une amande crémeuse et un liquide incolore, qu'on appelle lait, légèrement acidulé, et assez froid pour glacer une boisson ; en séchant, l'amande devient le coprah, dont on fait du savon, de l'huile d'éclairage, des graisses pour essieux, des pommades, etc. La noix est entourée d'une bourre brune de fibres très résistantes qui servent d'éloupe aux marins et avec lesquelles on fabrique des tapis, des brosses et des cordes.

Au delà et au-dessus de cette bande littorale, souvent très étroite, commence une seconde zone que l'on pourrait appeler la zone des savanes et des cultures : on y rencontre, avec ça et là des herbages propices aux animaux*, les principaux aliments de la nourriture indigène.

L'arbre à pain (Artocarpus incisa) demande un sol excellent, au besoin même fumé et exige beaucoup de chaleur et d'humidité. On le trouve donc, de préférence, dans les îles volcaniques au sol riche et plutôt dans le voisinage de Téquateur que vers le tropique. Il pousse mieux à Tahiti qu'en Nouvelle-Calédonie ; son fruit, généralement très gros, ovoïde ou arrondi, pesant de i à 3 kg., consiste essentiellement en une pulpe amylacée très fine, dépourvue de fibres, et qui, cuite au four avant maturité, avant que l'amidon ne soit converti en sucre, fournit un mets excellent dont les chevaux même sont très friands. L'arbre produit des fruits au bout de 5 ou 6 ans, mais peut fournira partir de cette époque jusqu'à 3 récoltes par an^

Si l'arbre à pain se rencontre surtout dans le Pacifique cen-

t . H convienl de noter, toutefois, que, d*une façon générale, les climats intertropicaux sont moins favorables que les climats tempérés au développement des pâturages et à Télevage du bétail. Sagot et Raoul, op. cit., p. 5, 5a5 et sq.

a. Ibid., p. a33.

Part, de i/OciUme. 4

5o CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES t>E LA VIE HUMAINE EN OGEANIK

tral et orienlal, c'est dans le Pacifique occidental, en Nouvelle- Guinée principalement, que domine le sagoutîer (Melroxylon,

B^^adBj

^pjitji^

Akbres a pain.

(Tahiti.)

C'est un palmier à tronc épais, dont les fruits arrondis, luisants et d'une belle couleur acajou, paraissent sculptés en forme de larges écailles, mais sont loin d'offrir la valeur alimentaire que présente Tarbre à pain ^ .

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