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Cultures indigènes.
(Nouvelle-Calédonie.)
On remarque à gaucho do. cette photographie rétagcmcnt de la végétation sur difîerentes terrasses irriguées et parallèles.
Hébrides, aux Fiji, aux Tonga, aux îles Cook, aux Hawaii, la Natu re y oblige les indigènes à plus d'efforts pour se procurer leur
70 CONDITIONS GÉOGRAPHigrES DE LA VIE HUMAINE EN OCÉANIE
nourriture. Ils pratiquent dans ces îles le système des cultures en terrasses et irriguées, et sont arrivés, dans ce domaine, à des résultats surprenants. Les plantations sont accrochées aux flancs des montagnes sur des terrasses édifiées, au moyen de terres rapportées, avec beaucoup d'art et de patience. Pour les arroser les indigènes arrêtent ou captent partiellement le cours d'un ruisseau et le détournent dans un canal jusqu'à l'extrémité latérale d'une plantation : là, ils établissent un saut de moulin pour faire arriver l'eau dans un second canal, parallèle et de même largeur, et ainsi de suite, jusqu'au pied de la montagne, qui se trouve sillonnée de canaux étages au milieu desquels surgissent les plantations verdoyantes*.
Avec Tagriculture, la pêche oflre aux Océaniens de grandes ressources. Habitant des terres pour la plupart petites et isolées au milieu de l'Océan, ils ont naturellement demandé une partie de leur subsistance à la mer. Le développement côtier extraordinaire de leurs îles, presque toujours entourées de récifsviviers, a fait d'eux d'excellents pêcheurs*.
Ils possèdent d'ailleurs un matériel de pêche très perfectionne : des nasses en tiges de bambou, des filets fabriqués avec le plus grand soin en fibres de pandanus ou de bananier ; des hameçons faits de coquillages, d'écaillés de tortue, d'os, ou de bois. Quand ils vont pêcher en mer, ils équipent des pirogues construites le plus souvent d'un tronc d'arbre creusé auquel deux perches rattachent un balancier pour empêcher les chavirements : le mât porte une voile triangulaire, généralement en feuilles tressées de pandanus ; et ils se servent de rames appelées pagaies.
D'autre part, certains de leurs procédés de pêche révèlent une ingéniosité et une habileté merveilleuses. Quelquefois, aux cris rauques de vieilles femmes, un village entier se précipite à
I . Sur ces cultures en terrasses, lire, en particulier, Glaumont, La culture de l'igname et du tara en Nouvelle-Calédonie, in L'Anthropologie, 1897, p. 4l et sq. a. Fkiedel, art. cité, p. 369 et sq.
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7 a gouditious géographiques de la vie humaihe en ogéaiiie
la mer avec des branches de cocotier. Arrivés à une certaine distance tous les nageurs font volte-face, se rapprochent les uns des autres en ligne très serrée et reviennent au rivage en tenant immergées perpendiculairement les branches de cocotier. Cernés par cette muraille humaine et pris dans l'entrelacement des branches, les poissons viennent s'échouer sur la plage, où il est aisé de les ramasser*. Les indigènes excellent aussi dans la pèche à la sagaie, qui suppose une adresse plus remarquable encore : debout sur les récifs ou même plongés jusqu'à la ceinture dans la mer, ils guettent patiemment leur proie, la visent avec une précision admirable et l'atteignent presque à tout coup ; la nuit, tenant à la main des torches qui attirent et fascinent le poisson en même temps qu'elles permettent d'assurer le coupd'œil, ils font songer, dans les ténèbres, à des apparitions de sorcières ou de diablotins'.
Les produits de l'agriculture et de la pêche, tels sont les deux principaux éléments de la nourriture des Océaniens. On peut négliger les ressources de la chasse, à peu près insignifiantes dans ces îles où la faune est si pauvre. Autrefois les Maoris de la Nouvelle-Zélande chassaient des moas: pour attraper ces animaux lents et stupides, mais doués d'une telle force musculaire qu'une seule de leurs ruades brisait la cuisse du plus robuste guerrier, les Maoris incendiaient les forêts où l'on avait signalé leur présence ; ou bien — c'était un procédé moins coûteux — ils les poussaient vers les lacs où, montés sur leurs canots, ils pouvaient les tuer sans danger^. Aujourd'hui, les moas ont tout à fait disparu. — La seule chasse à peu près universellement pratiquée avant l'arrivée des Européens et qui subsiste encore sur quelques îles, c'est la chasse à l'homme ; mais il faut expliquer ce cannibalisme, semble-t-il, moins par