De Quatrefages, Hommes foisiles,.., p. 437 efc sq
des nécessités alimentaires que par des superstitions religieuses *.
Sauf le poisson, qu'ils mangent cru, et encore dans quelques
Indigènes fabriquant de la potkkik a RbWA.
(Fiji.)
Les procédés de fabrication varient suivant les archipels ; le plus simple, {employé aux Fiji et À U Nouvelle-Calédonie, consiste à modeler de l'argile autour d'une noix de coco desséchée, en ne ménageant qu'une ouverture. On met ensuite le feu à celle noix de coco ; sa combastion fait cuire l'argile, et ses cendres tombent par l'orifice réservé, qui devient ainsi le goulot. Aux Nouvelles- Hébrides, la plupart des poteries semblent avoir pour forme génératrice la tortue de mer ; aux Salomon, les indigènes se sont inspirés surtout de la forme du poisson, ce qui donne aux objets plus d'élégance.
Pour plus de détails, lire Glauhoht, De l'art du potier de terre chez les Néo- Calédoniens ^ in L'Anthropologie, 1896, p. 4o.
archipels seulement, les Océaniens font cuire leur nourriture. Dans les archipels polynésiens où, faute d'argile, ils ne pouvaient fabriquer de poterie ^ les indigènes se contentaient, avant
I. Infra, p. 86. H est rare, en efTet, que l'anthropophagie ail pour caui^c première chez un peuple la nécessité de manger de la viande (Deniker, op. cit., p. 176 et sq.). 11 ne faut donc pas étendre à tous les Océaniens le mol prêté à un roi des Fiji, Thakombau, célèbre entre tous par sa férocité : « Vous autres blancs, disait-il aux missionnaires, vous avez des bœufs : voilà pourquoi vous ne mangez pas les hommes ; pour moi les hommes sont des bœufs. » — Le P. Piolet, op. cit., lY,
a. C'est cette absence d*argile seule qui doit expliquer l'ignorance de la poterie
l'arrivée des Européens, de chauffer des pierres dans un brasier et de placer les aliments au milieu de ces pierres une lois chauffées*, exactement de la même façon que, dans nos campagnes, on fait cuire dans la cendre des pommes de terre ou des châtaignes. Dans les îles mélanésiennes, au contraire,
TïPK DE CONSTRUCTION QUADRANGULAIRE. (Tahiti.)
Cette longue case est une u maison commune », comme on en retrouve la trace dans presque tous les archipels océaniens, et qui servaient, suivant les localités, de salle do réunion pour les hommes, de lieu d'amusement pour les enfants, de hangar pour les canots de guerre, d'hôtel pour les étrangers, de temple, de l>ourse et de marché.
OÙ les indigènes ont pu de tout temps pétrir l'argile, l'industrie de la poterie a atteint de bonne heure un développement remarquable, en particulier aux Fiji, aux Nouvelles-Hébrides, aux Salomon, dans l'archipel Bismarck et en Nouvelle-Guinée.
Il ne suffit pas de nourrir son corps ; il faut aussi le mettre à l'abri des intempéries sous un toit, ou même le vêtir.
chez les Polynésiens avant l'arrivée des Européens (A. Bernako, op. cit., p. a83) ; peut-être aussi faut-il remarquer que les peuples errants — et co fut longtemps le cas des Polynésiens — ne sauraient s'embarrasser de poteries fragiles (Dbniker, op. cit., p. i83). En tout cas, il n'y a pas lieu de trouver la civilisation des Polynésiens quasi bâtarde (curiously one-sided, dit Golqhoun, op. cit., p. 6), sous prétexte qu'ils ne connaissaient pas la poterie.