I. Mason, Origins of Inventions [London, 189')], p. i
Type de construction ronde. (Nouvelle-Calédonio.)
Ceci est une case de chef, facile à distin^^iicr, à la fois à cause de sa hauteur et de la décoration qui l'accompagne.
76 CO:SDlTIONS GÉOGRAPHIQUES DE LA VIE HUMAINE EN OCÉANIE
On trouve, en Océanie, trois types d'habitations : des maisons quadrangulaires, des hutles rondes, des constructions sur pilotis ou dans les arbres. Les maisons quadrangulaires dérivent
À.riâv^^.^
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TypK DE coxsTRucTiON SUR PILOTIS, (lles Salomon.)
On ne voit qu'une petite partie de la maison d'habitation, à gauche; on peut y distinguer toutefois la barla, cest-à-dirc la plate-forme avancée qui caractérise ces constructions.
très probablement du désir de se protéger contre la température : quelques troncs d'arbres surmontés d'un simple toit suffirent au début. Les hultes rondes en forme de ruche d'abeilles ont plutôt pour origine l'abri sommaire élevé aujourd'hui encore par les Australiens, contre le vent, et formé d'une série de branches fichées en terre et réunies ensemble par leur extrémité supérieure. La nécessité de se garantir contre la pluie, et dans certains cas de se défendre même contre les hommes, a donné l'idée des constructions sur pilotis ou dans les arbres \
1. Sur CCS maisons construites dans les arbres, lire Winter (Sir Francis P.),
LES POPULATIONS INDIGENES
Suivant H. Frobenius, la forme ronde prédominerait dans le Pacifique sud-occidental ; dans les archipels orientaux, on ren- , contrerait plutôt la forme carrée, tandis que les îles mélanésiennes voisines de Téquateur (Nouvelle-Guinée, Salomon, etc.)
Maison d*un chef fijien.
Celte photographie esl intéressante à divers titres : d'abord on y trouve le mélange des trois types de construction (ronde, quadrangulairc et sur pilotis ; les pilotis sont remplacés ici par un mur en pierres sèches) ; — d'autre part, on note une certaine habileté architecturale à laquelle, du reste, notre civilisation n'est pas étrangère, ainsi qu'en témoignent les chambranles des portes et les escaliers : ceux-ci rappellent exactement, en effet, les passerelles mobiles des navires h quai.
seraient le domaine des constructions sur pilotis V Mais les dérogations à ces règles sont nombreuses'; et Ton conçoit aisément, du reste, que de la même façon que les trois éléments du climat (vent, température et pluie) sont indissolublement
Notes on a Government expédition. . . to the Main Range y British New Guinea in Queenstand Geogr. Journ., N. S., XVl, 1900-1901, p 63-68.
1. H. Frobenius, Oceanische Bautypen [Berlin, 1899, in-folio).
2. C'est ainsi, par exemple, qu'on a trouvé en Nouvelle-Guinée des huttes coniques reposant à même le sol. H ad don, art. cité (Geogr. Journ., 1900, II, carte de la page 4a3).
78 CONDITIONS GEOGRAPîUQLES DE LV VIE HUMAINE EN OCÊANtE
unis l'un à Tautre, de même ces divers types de constructions se combinent presque toujours ensemble.
La douceur relative du climat océanien rend moins nécessaire
que dans les régions tempérées ou froides le port des vêtements. Aussi, dans les îles du Pacifique, le coslume se réduil-il le plus souvent, k la parure. Dans plusieurs archipels les indigènes vont entièrement nus \ Très fréquemment aussi, hommes et femmes se tatouent afin de se rendre mutuellement plus séduisants et de montrer en même temps leur endurance pour la douleur physique*. Les hommes non tatoués sont alors l'objet du mépris des femmes :
les pères leur refusent la main de leurs filles et Ton a vu souvent de jeunes prosélytes quitter les missions simplement parce qu'il leur était interdit de se faire tatouer^.
Un visage de Maori tatoué
1 . En parliculicr aux Salomon. Cf. Festetics de Tolna, Vers l'écueil de Minicoy.. p. 5i.
a. Pratiqué comme chez les Mélanésiens, par incision, de façon que le dessin soit produit en relief par des cicatrices, ou par piqûre, comme chez les Pol^^nésiens, en introduisant sous la peau une poudre noire à l'aide d'une aiguille, le tatouage est une opération très dangereuse, quelquefois même mortelle.
3. Marquardt, Die Tâtowirung beider Geschlechter in Samoa, Berlin, 1899, in-4®. — fl faut noter toutefois que l'habitude du tatouage tend à disparaître. Les généralions nouvelles, moins courageuses que leurs aînées, trouvent moins douloureux de se barioler le corps d'inscriptions peintes, dont quelques-unes sont souvent bizarres, témoin celle que nous avons vue nous-même, sur le dos d'un Canaque de Thio (Nouvelle-Calédonie): Absinthe Pernod Jils.
LES POPULATIONS INDIGENES
Un mode d'ornemen talion plus perfectionné consiste dans la parure mobile. Or, quand on a peu ou pas du tout de vêlements, comment accrocher des objets au corps sinon en se perforant Toreille, les narines ou les lèvres? De là ces mutilations grotesques, si fréquentes surtout chez les Mélanésiens.
Chef 8a.lomonien es teiNue de gala.
(Extrait de Les Missions au xix«^ siècle, t. IV, Océaaie [A Colin, Édit.].)
Quelquefois — et c'est un nouveau progrès — les ornements mobiles sont fixés au corps sans mutilation : ce sont, autour de la tête, du cou, des bras, des jambes, ou d autres parties du corps, des couronnes de fleurs, des coUiers et des bracelets de coquillages, de vertèbres de poisson ou môme de dents humaines, des ceintures en feuilles de bananier, de grandes nattes en fibres de pandanus ou de cocotier.
On note, enfin, des traces de luxe dans quelques archipels
8o CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES DE LA. VIE HUMAINE EN OCÉANIE
polynésiens (en Nouvelle-Zélande, aux Tonga, à Tahiti, aux Hawaii), oii les indigènes portent de véritables vêtements, fabriqués d'ordinaire soit avec des fibres de chanvre sauvage (phornium tenax), soit avec Técorce battue du mûrier à papier.
Femme polynésienne en costume de fête.
Sons ses guirlandes cl ses fleurs, cette femme [)orte une robe en tapa. On en prépare le tissu en faisant d'abord sécher plusieurs jours, puis amollir dans leau, 48 heures, Técorce du mûrier à papier. On la bat ensuite sur une planche au moyen d'un battoir en bois de fer, et Ton obtient, par agglutination de ses molécules visqueuses, une pâte molle dont on coud ensemble plusieurs bandes pour faire une robe « empire ». D'après P. IIuoubiiin, Raialea la Sacrée, in Bulletin de la Société Neuchdteloise de géographie, XIV (igoa-S), p. laa.
Ainsi, la nécessité de se nourrir et de s'abriter a donné naissance, chez les Océaniens, à diverses industries qui, on le voit, ne sont pas restées partout à Fétat rudimentaire. Si même le
Les tOPt'LATlONS I?IDÎGÎ:NEâ 8î
mot n'évoquait pas tout de suite des idées trop modernes, on pourrait dire qu'il existe dans certains archipels du Pacifique des (( classes ouvrières » groupées en corporations industrielles (potiers, charpentiers, fabricants d armes et de filets ou d'étoffes
Lancement d*l'Ne pirogue double.
(Ile de» Pins.)
On vient de la sortir d^unc sort« de hangar dont on voit une partie à droite, et sous lequel les pirogues sont retirées après chaque expédition. Devant la pirogue double, une pirogue simple avec balancier.
tissées, etc.)\ Ces corporations, qui ont le plus souvent un caractère sacerdotal, poussent si loin la division du travail que les diverses industries sont très souvent géographiquement réparties par villages. Bien avant l'arrivée des Européens, des marchés réguliers existaient dans des archipels déterminés, pour l'échange de ces produits. Les indigènes s'y rendaient
I. Pour toute celle partie relative à l'industrie et au commerce, voir Friedel, art. cité {Petermanns Mitt., i9o3, p. 271 et sq).
Faut, de L'OctA."«iE. 6
quelquefois de très loin, montés sur leurs grandes pirogues doubles qu'ils dirigeaient avec une habileté surprenante.
Les Océaniens sont en effet d'admirables navigateurs. A une époque où les nations européennes « ne connaissaient encore qu'une sorte de cabotage et tout au plus traversaient la Méditerranée* )), eux pratiquaient déjà la grande navigation. Ils se servaient de cartes fort ingénieusement construites au moyen de coquillages ou de petits cailloux, figurant les îles, et de bâ tonnets représentant l'équateur, les méridiens, l'itinéraire à Suivre, les degrés ou journées de navigation, enfin les courants transversaux ^ La carte dessinée à la fin du xviii* siècle par Tupaïa, ancien ministre de la reine de Tahiti, Oberéa, et qui nous a été conservée parForster*, est restée justement célèbre. Elle comprend, à l'exception de la Nouvelle-Zélande et des Hawaii, les principaux archipels polynésiens, dont plus de la moitié étaient inconnus à Cook, et qu'elle indique cependant avec une précision telle qu'on y peut déterminer les positions distinctes, non seulement des groupes, mais des îles elles-mêmes. Bien plus, lorsque les Européens voulurent compléter cette carte par des indications sur les îles qu'ils venaient de découvrir, ils ne firent qu'introduire « une confusion regrettable dans Tœuvre du savant indigène \ »
Cependant, quelle que soit leur habileté industrielle et commerciale, les Océaniens ne paraissent pas devoir apporter un