ViNCKNDON-DuMOULIN, loc . c'U
6. Cf. Sëignobos, Cours sur l'expansion coloniale de l'Angleterre, in Revue des 4:ours et conférences, 189 '4-1895.
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l'Angleterre abandoRne toute idée d'expansion coloniale, surtout en Océanie. Si, à Londres, des hommes d'Etat whigs se résignent volontiers à la « petite Angleterre », les Anglais établis à Tahiti, aux Hawaii, en Australie, ne savent pas résister aux suggestions de leur dévorante ambition et poussent sans cesse la métropole à s'opposer aux progrès des nations rivales. Entre tous, les Australiens, déjà assez audacieux pour se faire écouter du gouvernement anglais*, se montrent particulièrement entreprenants, car ils rêvent la fondation, en Océanie même, d'une « plus grande Bretagne » *.
Les États-Unis, enfin, commencent à tourner toute leur attention vers le Pacifique nord et l'Extrême-Orient. Au moment où la guerre de Vopium (( ouvrait une nouvelle scène au commerce du monde* », et, par contre-coup, préparait le Grand Océan à devenir comme le centre de l'activité des peuples, les Etals-Unis, en effet, ne pouvaient se désintéresser du sort d'une région où un archipel important subissait déjà très fortement leur influence, presque leur domination.
Ainsi, de iS^o jusque vers 1870, la France, l'Angleterre, les Etats-Unis étendent et consolident, quoique avec une rapidité et une force très inégales, leur domaine colonial ou leur zone d'influence en Océanie. — Les événements de cette période sont enchevêtrés et confus. Pour les exposer avec quelque ordre, il importe de distinguer d'abord les affaires de Tahiti, puis celles des Hawaii et enfin les progrès respectifs des différentes puissances dans le reste de TOcéanie.
I . Il ne faut pas oublier, en effet, que c'est en grande partie pour leur donner satisfaction que l'Angleterre renonce, vers i84o, à son entreprise de colonisation pénale en Australie.
a. Dès cette époque, le commandant Laplace visitant l'Australie note très exactement l'esprit ambitieux et entreprenant de la jeune colonie de la Nouvelle-Galles du Sud, en même temps que les progrès de son influence sur tes archipels voisins. Laplace, Campagne de circumnavigation de la frégate l'Artémise pendant les années 1887 d i84o [Paris, 6 vol., i84o-54], V, p. 344-347-
3. RouHAUD. Les régions nouvelles ; histoire du commerce et de la civilisation dans le nord de l'Océan Pacifique [Paris, 1868], p. 33.
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Après le départ de Prilchard, les rivalités entre le parti anglais et les amis de la France jetèrent Tahiti dans ranarchie. Convaincus que le gouvernement indigène était impuissant à maintenir Tordre, les chefs les plus influents s'adressèrent à la France pour lui demander d'établir son protectorat sur les îles (septembre i84i). Mais les intrigues des résidents anglais, avertis, empêchèrent le projet d'aboutir. En même temps, à Londres, Prilchard obtenait un premier succès auprès du gouvernement britannique : Palmerston écrivait à Pomaré IV que la reine Victoria (( serait charmée » de lui donner « la protection de ses bons offices... dans tous les diflcrends qui pourraient survenir entre elle et toute autre puissance'. »
Cependant les troubles et Tanarchie persistaient. Les vexations et les brutalités policières dont les Français ne cessaient d'être victimes, de la part du gouvernement local, provoquèrent l'intervention de nos marins. Le 8 septembre i843, Tamiral Dupelit-Thouars adressait un ultimatum à la reine Pomaré. Rappelant (( la conduite inique et rigoureuse du gouvernement de la reine » à l'égard des Français et les violations sans cesse répétées des traités conclus avec la France, il exigeait, comme garantie, le versement, dans les quarante-huit heures, de loooo piastres fortes (soit un peu plus de 5oooo francs), ou, à défaut, la remise provisoire du Fort de la reine et de l'îlot fortifié Molu-Uta au miUeu de la rade de Papeete. Si aucune des deux clauses n'était exécutée dans ce délai, l'amiral menaçait de (( prendre une détermination encore plus rigoureuse. » Toutefois, il était loisible à la reine de proposer d'autres bases pour
I. Cité dans la leUre de Prilchard au comte d'Aberdeen, in YI^'CE7ïI>ON -Dumoulin, op. cit., p. looa (Annexes, n" 8).
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un accommodement, mais elle n'avait que vingt-quatre heures pour formuler ses propositions*.
Cette déclaration énergique produisit un efiFet immédiat. Dès le lendemain, Pomaré et les grands chefs de Tahiti sollicitaient le protectorat français, sous la seule condition que leur autorité serait sauvegardée, en même temps que le droit de propriété et la liberté de conscience seraient garantis à chacun*. L'amiral Dupetit-Thouars accepta aussitôt, sauf ratification par le gouvernement français, la proposition qui lui était faite ; et le même jour, il signait avec Pomaré un traité plaçant l'archipel entier sous notre protectorat ^ Il donna à la reine un pavillon spécial où les couleurs françaises se mêlaient aux couleurs tahi tiennes, et s'occupa d'organiser le nouveau gouvernement, que les indigènes accueillirent avec joie. Il est permis de croire que les étrangers résidant à Tahiti furent moins enthousiastes ; cependant ils écrivirent à Dupetit-Thouars pour le remercier de la détermination qu'il avait prise dans l'intérêt de la paix publique, et pour l'assurer de leur concours ^ D'autre part, le cabinet de Londres ne fit aucune opposition à la ratification du traité par Louis-Philippe^; il déclara, au contraire, à différentes reprises, qu'il ne contesterait pas le droit pris par la France d'étendre son protectorat sur les îles de la Société ^
Les événements de septembre 1842 s'étaient passés en l'absence de Pritcliard, De retour à Tahiti, au début de i843, avec la Vindictive, commandée par le capitaine Toup Nicholas, il
i. De Glercq, op. cit., IV, p. 643-645.
. 2. Ibid.f p. 645.