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l'un 30, l'autre 3g centimètres de hauteur, et qui jouent le rôle de crépis (Voir la fig. 27). 11 y a donc à l'est et à l'ouest un ordre intérieur, pour ainsi parler, et l'on va voir qu'il ne répète pas rigoureusement relui de l'entablement. Du côté de l'opisthodome il est relativement bien conservé, alors qu'il a disparu tout à fait au pronaos.
Les portiques. - Les portiques du pronaos et de l'opisthodome sont limités sur les cotés par les antes du mur du sécos. En façade, ils offrent six colonnes doriques, hautes de iomo8, plus petites par conséquent que celles de la péristasis; niais comme elles sont surélevées sur deux degrés, le chapiteau dépasse en hauteur de 31 centimètres celui des colonnes extérieures. Elles ont d'ailleurs la même structure que ces dernières. Toutefois, n'étant pas soumises à cette sorte de déformation visuelle dont nous avons parlé plus haut, elles n'ont point d'inclinaison, et leurs axes sont verticaux. Si l'on considère l'implantation, il est aisé de constater qu'elles sont indépendantes des colonnes extérieures, car leurs axes ne correspondent pas avec ceux de ces dernières, comme il arrive dans des temples plus récents, témoin celui d'Athéna Polias à Priène (1). Les colonnes d'angle sont dans Taxe des antes. sans relations définies avec celles de la péristasis (Fig. 37).
Comme pour Tordre extérieur, l'épistyle est formé, dans son épaisseur, de trois monolithes juxtaposés. Mais aux triglyphes et aux métopes qui forment la frise dorique dans l'entablement de la péristasis, l'architecte a substitué une véritable frise ionique; courant sur les quatre faces du sécos, elle enveloppe d'une ceinture de bas-reliefs tout le temple intérieur. (Test la célèbre frise des Panathénées. Voilà donc
(1) Cf. Allan Marquand, Greeh Architecture, p. 25i, fig. 307.
Fig. 37. — Le- péristyle ouest. Vue prise du sud.
un élément ionique associé, d'une façon imprévue, à l'ordre dorique des colonnes. Pour atténuer les disparates, l'architecte a pris soin d'encadrer la frise entre des éléments doriques: à la partie supérieure, un bandeau terminé par une moulure; à la partie inférieure, un listel ou tanne, sous lequel apparaissent les regulœ et les gouttes caractéristiques de la frise dorique. Mais alors que, dans cette dernière, les regulœ et les gouttes ont pour office de prolonger les triglyphes, ici elles n'ont aucune raison d'être, les triglyphes étant absents. Leur rôle est simplement de rétablir l'accord entre la frise et les colonnes de l'ordre intérieur (Fig. 38 et pi. 1 g, 1).
Nous devons nous arrêter un instant aux particularités que présente le dispositif du sécos. Tout d'abord, avec son portique avancé de six colonnes, il est aniphiprostyle, et se distingue ainsi très nettement du sécos à façade /'// antis qui est propre aux édifices purement doriques, comme le temple de Zens à Olympie. En dépit du type dorique des colonnes, il a, pour ainsi dire, une physionomie ionienne, et, au vrai, il fait songer aux temples ioniques d'Athènes, construits au cinquième siècle, tels que lKrechtheion. le temple d'Athéna Niké et le temple voisin de L'Ilissos. Sa largeur, qui dépasse celle du sécos dans les temples doriques, est un nouveau trait de parenté avec les édifices ioniques. D'antre part, nous avons relevé le caractère franchement ionien de la frise, et l'on peut encore signaler, comme un emprunt fait à l'ionisme. le décor des chapiteaux d'ante. rehaussés de délicats rangs de perles. A n'en pas douter, l'ordre du sécos est, comme on Ta dit justement, un ordre « dorique mitigé d'ionique » (1).
On pourrait citer d'antres exemples attestant cette influence de l'ionisme, comme si, au cinquième siècle, les Attiques s'étaient préoccupés de corriger la rude austérité
(0 Fougères. Les Origines du Parthénon <t l'influenct dt l'ionisme sur l'architecture dorique à .itliims (Hommagl à Louis Olivier. Paris, l'Jii).
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du dorique : ainsi les temples de Sounion et de Phigalie, et le
soi-disant « Théseion », où l'ordre intérieur du pronaos et de
Fig. 38. — Angle ouest-sud de la frise de la cella. Vue prise du côté ouest.
l'opisthodome comporte également une frise continue. Mais, en ce qui concerne le Parthénon, nous apercevons assez
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clairement les raisons qui expliquent ces infractions à la règle dorique. Il y a là des survivances dont il faut chercher l'origine dans l'Hécatompédon des Pisistratides. Avec sa frise et ses portiques à six colonnes, le sécos du Parthénon en dérive directement. Dès lors, les liens qui rattachent au vieux temple archaïque le monument d'Ictinos nous nppa-
F'S- 39- — Caissons des plafonds au péristyle et aux portiques de l'est et de l'ouest.
D'après Pcnrose.
raissent de plus en plus étroits, et nous pouvons, nue fois de plus, affirmer que le premier a été vraiment le précurseur du second.
Les plafonds. — Dans le temple de pierre ou de marbre, le plafond conserve les formes nées de la construction en
bois (1). Des poutres parallèles au grand axe de l'édifice, des solives assemblées à angle droit dans les intervalles, enfin des châssis en retrait formant caissons, disposés pour occuper les vides rectangulaires que laissent les solives, tels sont les éléments essentiels d'un plafond en bois. Au Parthénon, comme dans tous les temples attiques du sixième siècle et comme aux Propylées, on reconnaît ces éléments transcrits pour ainsi dire dans le marbre.
Pour les retrouver au complet, il faut considérer les plafonds du pronaos et de l'opisthodome, et ceux des péristyles est et ouest qui correspondent à l'espace compris entre les murs d'ante. C'est là en effet que, dans une charpente en bois, se prolongent les poutres principales de la couverture. Le plafond comporte tout d'abord les éléments qui rappellent ces poutres, c'est-àdire les poutres de marbre, ou sofntes(8oxa(). Supportées par les entablements extérieur et intérieur et par le mur de la cella, elles laissent entre elles des intervalles rectangulaires. Ceux-ci sont remplis par des panneaux de marbre dont la face intérieure est ornée de caissons sculptés en creux (^rWata
, , j . i Fig. 4o. — Décor restauré d'un caisson
TSTpayCÛVa) et reprOQUlSant leS du péristyle sud. D'après Penrose.
châssis superposés d'un caisson de bois, avec la planchette qui en garnit le fond.
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(i) Cf. Perrot et Chipiez", Histoire de Part, VII, p. 527; Allan Marquand, Greek Architecture, p. 117.
La forme du plafond n'est pas la même pour les péristyles est et ouest et pour les portiques du pronaos et de l'opisthodoiue (Fig. 39). Dans le premier cas. les panneaux sont au nombre de six. avec six caissons par panneau; ils sont séparés par de larges soffîtes. Dans le second cas. les soffîtes sont moins larges el les panneaux, au nombre de huit, sont divisés en dix caissons. Voilà donc déjà deux types de plafonds. Il y en a un troisième, celui des péristyles latéraux, nord et sud. Ici. les poutres de marbre n'apparaissent pas, et c'est une série continue de grands caissons, sur deux rangs, qui décore le plafond (1). Grâce aux exemplaires conservés, Penrose a pu restituer un des caissons du péristyle sud (2). Il est à trois compartiments, creusé très profondément, avec des moulures décorées d'oves et de rangs de perles (Fig- lo). Un tel décor appelait nécessairement la peinture. On va voir que les plafonds avaient leur part dans l'ensemble de la polychromie qui rehaussait certaines parties du monument.