LA POLYCHROMIE
Tout le monde est aujourd'hui d'accord pour admettre Temploi de la couleur dans la décoration des temples grecs, et ce n'est pas ici le lieu de toucher à la question générale de l'architecture polychrome. Rappelons seulement qu'en ce qui concerne le temple dorique, l'application de la peinture est soumise à des règles fixes qui varient peu. Le coloriage est réservé pour les parties liantes, et les couleurs qui prédominent sont le rouge et le bleu (3). Le Parthénon ne fait pas
(1) Four les trois types de plafonds, voir Penrose, The Principles of Athenian Architecture, pi. i(">. Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de Fart, VII, p. .V2S, fig. 243.
(2) M. ivOoge, The Acropolis of Athens, p. 132, fig. Go.
(3) Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, VII, p. 5So-58i ,- Lechat, Le Temple grec, p. G4-G5. Pour la polychromie clans le temple dorique, voir : Fenger, Dorische Polychromie ; Durm, Handbuch dtr Architektur, 2e partie, I, p. 1S0.
exception. Après les enquêtes minutieuses de Penrose et de Paccard(i), on possède les éléments essentiels pour une restitution de la polychromie du temple, et le principe que nous venons d'énoncer permet de contester les restaurations où la couleur est prodiguée avec trop d'abondance (2).
Sur les colonnes, sur les chapiteaux, sur l'épistyle, aucune trace de coloration. A n'en pas douter, ces parties gardaient le ton naturel du marbre, et il en était de même dans les
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Fjg. 4l — Décoration peinte de la teenie et des regulce de l'épistyle. Ordre extérieur.
D'après Penrose.
anciens temples en pôros, où elles conservaient la couleur claire du stuc de marbre dont elles avaient été revêtues (3). Le coloriage commençait avec la partie supérieure de l'entablement, au-dessus de l'épistyle, et voici les éléments qui ont pu être relevés, grâce aux traces de couleurs encore apparentes, ou au décor gravé qui servait à délimiter le champ de la peinture.
Considérons d'abord l'ordre extérieur. La tœnie, qui
(1) Voir la restauration de Paccard, et le mémoire manuscrit qui l'accompagne (Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts). Les couleurs, écrit Paccard, ont été calquées par lui « avec un soin religieux » (p. 65 et suiv.).
(2) Ainsi celle de M. Loviot, Les Envois de Rome. Paris, Pourchet, pi. n et 12. Détail de l'ordre extérieur. Cf.-d'Espouy, Monuments antiques, pi. 16-17, 18-19.
(3) Cf. Doerpkeld, Athen. Mittheil., X, iSS5, p. 228-230.