‹ Le Parthénon: l'histoire, l'architecture et la sculptureChapitre 4 sur 32 · VA' *-"'., S · texte numérisé non relu

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Fig. 6. — Le groupe dit du triple Typhon. Fronton occidental du premier Hécatompédon (Athènes, musée de l'Acropole).

conduit par Iris et Hermès en présence de Zeus et d'Athéna qui occupent le centre de la composition. Etranges sculptures, naïves et puissantes, largement taillées dans le tuf par de vieux maîtres attiques, et violemment enluminées d'une polychromie conventionnelle où éclataient des tons rouges et bleus; œuvres empreintes d'un archaïsme déjà savant, qui dispose avec décision les masses de ses figures en rondebosse, et en tire un remarquable effet décoratif.

Dans la seconde moitié du sixième siècle, entre les années 54o et 5io, sous la tyrannie des Pisistratides, des

(i)' FuRTWiENGLER, Sitzungsberichte der bayer. Akademie, igo5, p. 453 etsuiv. Les fouilles de M. Briickner au Céramique d'Athènes ont mis à découvert, près de la chapelle d'Haghia Trias, un sanctuaire des TpiTOTCatpsîî, limité par une borne du cinquième siècle, rioaxrr/.â de la Société archéologique d'Athènes, 1910, p. 55, toi ; Arch. Jahrb. ; Arch. Anzeiger, VXX, 1910, p. i55.

modifications importantes sont apportées à L'ancien Hécatompédon. L'éclat donné par Pisistrate à la fête des Panathénées témoigne du développement qu'a pris le culte d'Athéna, et les nombreux monuments votifs retrouvés dans les fouilles attestent la ferveur et la dévotion des Athéniens. Après avoir doté la ville d'édifices nouveaux, restauré les anciens temples, agrandi le temple d'Apollon Pythien et jeté les fondations de l'Olympieion, Pisistrate pouvait-il se désintéresser de l'Acropole et oublier le sanctuaire de la déesse protectrice de la cité, de la Poliouchos ? Dans le même temps, d'ailleurs, une famille rivale des Pisistratides, celle des Alcméonides, bannie d'Athènes, s'était retirée à Delphes où elle contribuait à la réédification du temple d'Apollon, détruit par un incendie. Sa libéralité allait jusqu'à dépasser les conditions du contrat passé avec les Amphictyons; au lieu du tuf, c'était le marbre qui était employé pour la décoration du portique oriental. Les Pisistratides ne pouvaient faire moins pour le temple d'Athéna.

L'ancien Hécatompédon est agrandi et embelli (1). Si le sécos subsiste avec ses divisions, il est enveloppé d'une colonnade ou péristasis d'ordre dorique comprenant six colonnes sur les façades, et douze sur les faces latérales (Fig. 7). Par suite, les vieux frontons disparaissent et sont remplacés par des frontons neufs qui se développent sur une surface plus étendue. Pour donner plus de richesse au temple ainsi rajeuni et amplifié, les architectes mettent en œuvre, dans les parties hautes, des matériaux de choix. Tandis que pour les colonnes, l'épistyle, les triglyphes et les corniches, ils font usage de la pierre calcaire du Pirée, c'est en marbre que sont exécutés les métopes, les rampants des frontons et

(1) Pour l'étude du temple, voir : Doerpfeld, Athen. Mittheil., X, i8S5, p. 275; XI, 1886, p. 337; XII, 18S7, p. 25, 190, 276; Wjegand, Die arch. Poros-Architektur, p. n5, 12G.

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les sculptures qui les décorent. Du fronton oriental qui représentait une Gigantomachie, il reste d'importants fragments, témoins des rapides progrès accomplis par l'art attique, désormais maître de la technique du marbre : le groupe central montrant Athéna victorieuse du géant Enkélados, s'apprêtant à donner le dernier coup à son adversaire terrassé (Fig. 8), et un géant blessé qui occupait un des angles (1).

Fig. 7. — Restauration du second Hécatompédon. D'après Jalin-Michaelis.

Un fait important, riche en conséquences, a été mis en lumière par M. Schrader (q). Le temple possédait une frise ionique sculptée en bas-relief. C'est à cette frise qu'il faut restituer des bas-reliefs depuis longtemps connus et des fragments retrouvés dans les couches supérieures des déblais de l'Acropole (3). Une des plaques montre un personnage masculin en costume d'aurige, portant un long chiton et un manteau finement plissé, conduisant un char où il s'apprête à

(1) Schrader, Athen. Mittheil., XXII, 1897, p. 101 ; Lechat, La Sculpture attique, p. 3o3-3i5; Wiegand, Die arch. Poros-Architeklur, p. 126 et suiv., pi. XVI-XVII.

(2) Schrader, Athen. Mitteil., XXX, igo5, p. 3o5-322, et pi. XI-XII.

(3) Lechat, La Sculpture attique, p. 4o8-4i3 ; Dickins, Catalogue of the Acropolis Muséum, I, 1342-1344.

monter (Fig. g). Sur une autre est sculpté un homme coiffé du pétase qui est la coiffure des cavaliers athéniens, et vêtu d'un

Fig. 8. — Athéna et le géant Enkélados. Fronton oriental du second Hécatompédou (Athènes, musée de l'Acropole).

chiton sans manches. Ailleurs, sur des fragments, on reconnaît un cheval, un personnage en marche, une figure féminine

assise sur un ocladias. L'exécution délicate et poussée, la coquetterie des ajustements trahissent l'influence ionienne et permettent de placer ces bas-reliefs dans le dernier quart du sixième siècle. Si l'on remarque que les figures se dirigent

Fig. 9. — Personnage montant en char (Athènes, musée de l'Acropole).

dans le même sens, on n'hésitera guère à reconnaître ici une procession, et dès lors c'est à peine une hypothèse que de la désigner comme un cortège panathénaïque. Ainsi, les artistes chargés de décorer l'Hécatompédon renouvelé et agrandi, avaient tracé comme la première esquisse de la frise

qui devait, au Parthénon, glorifier magnifiquement la déesse de l'Acropole et la cité athénienne.

La frise de PHécatompédon est un élément ionique et, par suite, elle n'avait pas sa place dans l'ordonnance dorique de la péristasis. Elle décorait sans doute le sécos. Dès lors, il faut admettre que les architectes des Pisistratides, travail-

Fig. 10. — Plan de l'Hécatompédon des Pisistratides. D'après Dœrpfeld.

lant à un moment où les influences ioniennes étaient toutespuissantes à Athènes, avaient pour ainsi dire ionisé l'ancien sécos dorique. Les deux colonnes doriques entre les pilastres d'ante avaient fait place à quatre colonnes ioniques, et la péristasis dorique enveloppait ainsi un sécos ionique amphiprostyle(i). Ces dispositions, nous devrons nous en souvenir lorsque nous étudierons, au Parthénon, la place de la frise et la forme du portique du sécos. Nous y retrouverons des survivances de PHécatompédon archaïque des Pisistratides.

(1) Dqeupfeld, Athen. Mitteil, XXXVI, 1911, p. 4i. Voir le plan restitué de PHécatompédon, Aihen. Mitteil., XXIX, igo4, pi. VI. Cf. d'Ooce, The Acropolis, p. 45. Fougères, Athènes, p. 3g.

Il est aisé de reconnaître les divisions du temple, qui devaient être déjà celles de l'ancien Hécatompédon (Fig. 10). A l'est s'ouvrait le pronaos, donnant accès à la cella principale, qui était divisée en trois nefs par un double rang de colonnes (A). A l'ouest, le portique d'arrière correspondait au pronaos, et était contigu à une cella plus petite que celle de l'est (B). Entre les deux cellas se trouvaient deux chambres assez exiguës (CC), qui communiquaient avec la pièce de l'ouest.

Ce temple était, au sixième siècle, le sanctuaire le plus important de l'Acropole. Qu'il fut consacré à Athéna, on n'en saurait douter, et c'est aux abords de l'édifice ou dans la cella de l'ouest qu'il faut replacer les statues votives découvertes dans les fouilles, toutes ces corés archaïques, dont l'étude a été faite avec un soin minutieux par M. Lechat(i). Le vieux temple d'Athéna des Pisistratides est donc véritablement le prototype du Parthénon, qui en reproduit les dispositions essentielles et lui a même emprunté, pour sa cella principale, le nom d'Hécatompédon. Sur ce point, tous les archéologues sont aujourd'hui d'accord. Les difficultés commencent lorsqu'on entreprend d'en expliquer le plan, de déterminer à quel usage devait être affectée chacune des divisions, de définir la place qu'y occupaient les cultes de l'Acropole, de rechercher si le temple fut rebâti après l'invasion perse et pour combien de temps, enfin de décider pour quel emploi il fut utilisé jusqu'à l'achèvement du Parthénon de Périclès. On n'attend pas de nous un examen détaillé des opinions qui ont été émises et des discussions qu'elles ont provoquées (q). Forcé de choisir, nous nous bornerons à exposer la théorie qui nous parait la plus vraisemblable.

(1) Lechat, Au Musée de l'Acropole.

(2) On trouvera un résumé de ces opinions dans l'ouvrage de Martin L. d'Ooce,

M. Dœrpfekl a démontré par des arguments décisifs que le temple identifié par lui, l'Hécatompédon, était consacré à Athéna Polias, et à Atliéna seule, et qu'il ne fallait pas songer à un temple double qu'elle aurait partagé avec Érechthée. Ce dernier n'avait pas de culte dans la cella de l'ouest. Dès lors, il y a lieu d'admettre, avec M. Dœrpfekl, l'existence d'un temple d'Érechthée, et de lui assigner sa place là même où le héros mythique eut son culte, au cinquième siècle, dans le nouvel Érechtheion, c'est-à-dire sur l'emplacement des signes sacrés, des jr^ela, à savoir de la source d'eau salée et du trou du trident. Ce temple devait être de toute nécessité antérieur à l'Hécatompédon, construit dans la première moitié du sixième siècle. Ce problème de l'ancien Erechtheion, si étroitement lié à la question de l'ancien temple d 'Athéna, Michaelis l'a élucidé par un examen attentif des textes(i), et nous adoptons ses conclusions qui diffèrent sur plusieurs points de celles qu'a exposées M. Dœrpfekl.

Au temps des Pisistratides, il y avait sur l'Acropole deux sanctuaires, l'Hécatompédon, et un temple double d'Athéna et d'Erechthée, qu'on peut appeler l'ancien Érechtheion. C'est à ce dernier sanctuaire que fait allusion un passage de \* Iliade, interpolé sans doute au temps de Pisistrate. Dans le Catalogue des vaisseaux, Athènes est mentionnée comme « la ville bien bâtie, la cité du magnanime Érechthée que jadis éleva Athéna, et qu'enfanta la terre féconde. La déesse le reçut dans son riche temple où les jeunes Athéniens, lorsque chaque année est révolue, se la rendent propice par des sacrifices de taureaux et d'agneaux » (2). Ce « riche temple » (sô svl movi vtjû) c'est l'ancien Érechtheion. On n'au-

The Acropolis of Alhens, p. 3GS, Appendix III, The Problem of tlic old Athéna Temple or the Hekatompedon.

(1) Michaelis, Arch. lahrb., XVII, 1902, p. 1 et suiv.

(2) Iliade, II, 546-55 1.

rait pas, au sixième siècle, commis l'anachronisme de désigner ainsi l'Hécatompédon, et de faire remonter au temps d'Homère un temple dont la construction était si récente. L'Erechtheion était donc un édifice ancien. Rien n'en a été conservé; mais, suivant une hypothèse très vraisemblable, il est figuré sur un fronton en pôros du sixième siècle, où, près d'un temple devant lequel défile une procession de personnages, on voit l'olivier sacré dépassant la crête d'un mur qui est sans doute celui du Pandroseion (1). Au surplus, les textes et les inscriptions y font plus d'une fois allusion. Hérodote le signale comme « le temple d'Erechthée né de la terre, où se trouvent l'olivier et la source d'eau salée » (2). Dans l'inscription de l'année 485, qui nous a déjà fait connaître le nom de l'Hécatompédon, il est appelé « le temple » (vzûç) (3). D'autres textes épigraphiques, antérieurs à l'année 46o, le désignent sous le nom de « vieux temple » (àçxaîoç vzûç) (4). C'est qu'en effet, en regard de l'Hécatompédon, l'Érechtheion est bien le sanctuaire le plus ancien et le plus vénérable, celui qui abrite les signes sacrés, et dont la statue de culte est la vieille idole d'Athéna, le xoanon en bois d'olivier, que l'on disait tombé du ciel, et qui avait été consacré par Érichthonios ou par Cécrops (5). "

Quand les Perses saccagèrent l'Acropole, ils durent s'attaquer avec fureur à l'édifice qu'entourait la piété d'Athènes, et n'en pas laisser pierre sur pierre. Qu'en advint-il dans les années qui suivirent l'invasion des Asiatiques ? Tout porte à croire que les Athéniens se préoccupèrent de rendre un

(1) Wiegand, Arch. Poros-Architektur, pi. XIV-XV. Cf. Petersen, Der Burgtempel der Athenaia, p. 21 ; Dickius, Catalogue of the Acropolis Muséum, I, p. 69.

(2) Hérodote, VIII, 55. Cf. V, 72.

(3) Corpus inscr. attic, IV, 1, p. 138; Jahn-Michaelis, Arx Athenarum, p. 99.

(4) Corpus inscr. attic, I, 93 ; IV, 1, p. 1 ; Arx Athenarum, p. 65, 25=:"::. Cf. Schol. Aristoph., Lysistrata, 273.

(5) Arx Athenarum, p. 68, 36*. Cf. l'étude de Frickenhaus, Athen. Mitteil., XXXIII, 1908, p. 17-32.

domicile à la statue de culte, et qu'ils s'empressèrent de relever provisoirement le temple ruiné. Pourtant, c'est beaucoup plus tard, après l'achèvement du Parthénon, que fut commencée la construction de l'Erechtheion actuel, de l'édifice où s'épanouit, dans toute sa pureté et son exquise élégance, la beauté de l'ordonnance ionique. En succédant au monument détruit par les Perses, le nouvel Lrechtheion hérita de son nom. Tout neuf qu'il fût, on l'appela le « vieux temple » (ocçyaTo? vsoS?), ou encore « le temple où se trouve l'ancienne statue de culte » (5 vsù- 5 stu. toàsi h « xb àçyjxlov àya/^ua) et c'est ainsi qu'il est désigné dans les inscriptions de la fin du quatrième et du cinquième siècle (1). Strabon lui attribue encore ce nom, sans qu'on puisse soupçonner de sa part la moindre méprise, car il ajoute que c'est le temple où brûle la lampe ciselée par Kallimachos, la lampe qui ne s'éteint jamais (2).

Pourquoi, alors qu'Athéna possédait déjà un sanctuaire sur l'Acropole, les Athéniens édifient-ils, au temps de Solon, l'Hécatompédon, le temple de cent pieds, dans le voisinage immédiat du vieil Érechtheion ? C'est qu'Athéna, maîtresse de l'Acropole, ne pouvait plus se contenter d'un sanctuaire qu'elle partageait avec Érechthée, et dont elle n'occupait à vrai dire que la moitié. Il lui fallait un temple où elle régnât seule, qui fût digne de la déesse dont les Panathénées, célébrées avec un luxe croissant, étaient la fête solennelle. Et c'est ainsi que sur l'emplacement du palais des rois, lieu consacré par la tradition historique et religieuse, on lui élève un temple que les vieux maîtres attiques décorent de frontons de tuf et enluminent d'une naïve polychromie, temple qui lui-même ne tarde pas à paraître insuffisant et

(1) Corpus inscr. attic, II, G5o, 2 ; 672, I3 ; 733; I, 322.

(2) Strabon, IX, p. 396.

qui, embelli d'une colonnade, orné de frontons de marbre par les soins des Pisistratides, offre à Atliéna une luxueuse demeure. Le nouvel Hécatompédon est déjà une sorte de Parthénon archaïque.

Nous pouvons dès lors nous rendre compte de l'usage auquel étaient affectées les différentes divisions dont le plan a été si heureusement déchiffré par M. Dœrpfeld. La pièce qui s'ouvre à Test, une chambre à trois nefs, avec une double rangée de colonnes, est la cella de la déesse où se trouve la statue de culte exécutée au temps de Pisistrate. Cette cella, nous la retrouverons au Parthénon. La pièce de l'ouest, précédée d'un portique, est le « mégaron tourné vers l'occident » dont parle Hérodote (1). C'est là qu'en voyant les Perses escalader l'Acropole, les trésoriers de la déesse et une petite troupe d'Athéniens cherchèrent un refuge, et furent massacrés par les soldats de Xerxès (2). A n'en pas douter, cette chambre était celle où l'on conservait les offrandes et les objets précieux. Quant aux deux petites pièces du milieu qui séparaient les deux cellas, et que l'inscription de l'année 485 désigne comme les « chambres » (oiXTJ[xai:a), elles étaient affectées plus spécialement au trésor de la déesse. La même inscription spécifie que seuls les trésoriers de la déesse auront le droit de les ouvrir et qu'ils seront tenus de les visiter au moins trois fois par mois. Si ces deux chambres manquent au Parthénon, nous y reconnaîtrons tout au moins l'équivalent du mégaron.

Tels étaient donc, avant 5 10, les temples de l'Acropole : le vieil Erechtheion, c'est-à-dire le temple double d'Athéna et d'Erechthée, et l'Hécatompédon, réservé à la déesse seule, témoignage de l'importance qu'avait prise son culte et de la

(1) Hérodote, V, 77.

(2) Hérodote, VIII, 53.

dévotion des Pisistratides à la divinité Poliade. On sait comment, après le meurtre d'Hipparque fils de Pisistrate et l'expulsion de son frère Hippias, finit la tyrannie dune famille (|iii n'en avait pas moins bien mérité des arts, et à qui Athènes avait dû une période de brillante prospérité. Dès lors, la démocratie triomphe avec le gouvernement de Clisthène. On va voir quelles sont, au point de vue de l'histoire du Parthénon, les conséquences qu'entraîne ce changement de régime politique.

L'ANCIEN PARTHÉNON1 (l)

A quel moment et pour quelles raisons fut conçu le projet d'élever à Athéna un nouveau temple, destiné à supplanter rilécatompédon, et pour lequel fut choisi remplacement qu'occupe aujourd'hui le Parthénon ? Et comment ce projet reçut-il un commencement d'exécution, avant que Périclèsle reprit à son tour pour le mener à bonne fin ? Telle est la question que nous devons maintenant examiner. C'est ce qu'on peut appeler le problème de l'ancien Parthénon, problème longtemps discuté, aujourd'hui résolu, depuis les fouilles de iSSS, grâce aux pénétrantes investigations de M. Dœrpfeld et de M. Ilill.

Considérons d'abord les faits archéologiques. On avait depuis longtemps reconnu que le Parthénon de Périclès est élevé sur les fondations d'un temple plus ancien, qui ne fut jamais achevé. Dès l'année 1S35, Ross avait remarqué que le stéréobate actuel, construit en poros, est antérieur au Parthénon, et que des tambours de colonnes en marbre, d'ailleurs non terminés, encastrés dans le mur nord de l'Acropole

(1) Voir surtout Dœrpfeld, Die Zcit des a-lteren Parthénon, Athen. Mitteil., XXVII, 1902, p. 379-416.

L'HISTOIBiE

(Fig. 1 1), proviennent certainement d'un édifice qui a précédé le temple construit par Ictinos (1). Bien plus, des sondages exécutés en i865 avaient révélé l'existence d'un soubassement en pôros sur lequel repose le Parthénon, et Ton pressentait déjà que le plateau de l'Acropole, du côté sud, avait

XftaZsîy- -fysR^&t^R ^T' '"''31""

PLol. de l'Institut archéologique allemand.

Fig. n. — Le mur nord de l'Acropole et les tambours de colonnes de l'ancien Parthénon.

été remanié et élargi de main d'homme, que des travaux considérables avaient été accomplis pour combler la dépression profonde du sol qui se dérobait brusquement, gagner sur le vide et transformer en un plateau soigneusement nivelé la crête rocheuse qui -limitait de ce côté Taire de l'Acropole (2).

(1) Ross, Arch. Aufsœtze, I, p. 88. Cf. Penrose, Principles of Atlienian Architecture, p. 73 et 98; Strack, Arch. Zeitung, 1SS2, p. 2I1.

(2) Ziller, Zeitsclirift fur ïiamvesen, i865, p. 39; Miciiaelis, Der Parthénon, p. 119.

LE PAR] ni: NO ï< n mettant à découvert toute la face sud du soubasse-

ï't.ut. de VïntUtut archéologique allemand.

Fig. i'Z. — Le soubassement en pôros du Parthénon.

V HISTOIRE

ment et en déblayant jusqu'au sol primitif les terres rapportées, les fouilles de M. Cavvadias ont permis d'étudier de plus près la question (1). Ce soubassement, ou stéréobate, est construit en pierre calcaire du Pirée (Fig. 12). Les assises inférieures sont à parement brut jusqu'à la seizième. Les assises supérieures, soigneusement travaillées et ravalées, devaient

Fig. 13. — Coupe sur les couches de remblais et les murs de soutènement au sud du Parthénon. D'après Dœrpfeld. ■ — 1. Mur pélasgique. — 2. Soubassement en pôros et mur polygonal. — 3. Mur pélasgique surélevé. — 4. Mur de Cimon.

former Yeuthyntéria, à savoir la partie apparente du soubassement. Du côté sud, c'est-à-dire à l'endroit où la dépression était le plus profonde, le stéréobate mesure 10 mètres de hauteur, et sa hauteur diminue à mesure que le terrain se relève. Du côté nord, il finit par affleurer le rocher. C'était donc comme un gigantesque piédestal préparé pour le temple projeté, et ceux qui ont vu, en 1888, le Parthénon couronnant, avec la noble ordonnance de ses colonnes, ce puissant

(1) Voir Cavvadias et Kawerau, 'H àyaa/-.a'jT) xr;; ' Ay.por.ôleox;^ pi. 11-13.

soubassement ainsi déchaussé et mis à nu, ne sauraient oublier l'impression de grandeur qu'ils ont ressentie.

Les fouilles ont permis de déterminer la nature des remblais qui ont servi à combler le vide entre le stéréobate du Parthénon et le mur sud de l'Acropole, construit par Cimon après l'invasion persique. Ces couches de remblais, qui contenaient des débris des vieux monuments de l'Acropole, appartiennent à des époques différentes, et la plus élevée date du temps où. lorsque le Parthénon actuel fut édifié, la terrasse sud reçut sa forme définitive (1). Mais ce qui a apporté des révélations inattendues pour l'histoire de l'ancien Parthénon, c'est la découverte des murs de soutènement destinés à supporter la poussée des terres rapportées (Fig. 13). On a pu ainsi mettre au jour, entre le stéréobate du Parthénon et le mur de Cimon : i° un morceau de l'ancien mur pélasgique qui a été surélevé; o," plus près du stéréobate, un mur polygonal plus récent (Fig. i4), coupé par an escalier destiné à mettre en communication une terrasse supérieure avec celle que limitait, à un niveau inférieur, le vieux mur pélasgique (2). Tels sont les faits qu'il importait de rappeler tout d'abord.

Ross était dans le vrai, en affirmant que le Parthénon acttiel occupe l'emplacement d'un temple antérieur aux guerres médiques. Où il se trompait, c'est lorsqu'il croyait pouvoir reconnaître dans cet ancien Parthénon l'Hécatompédon brûlé par les Perses, celui que signale le texte déjà cité d'Hésychius, et qui, au dire du lexicographe grec, était de 5o pieds plus petit que le Parthénon de Périclès; erreur fort excusable d'ailleurs, puisque le véritable Hécatompédon était encore inconnu. La théorie de Ross a été longtemps acceptée (3), jusqu'au jour où les fouilles nous ont appris

(1) Cf. Wiegand, Arch. Poros-Arcliitektur, p. 111-112.

(2) Dqerpfeld, Athen. Milteil., XXVII, 1902, p. 393, fig. 2, et p. 394, fig. 31.

(3) Cf. Michaelis, Der Parthénon, p. 6 et 7.

que le temple mentionné par Hésychius est celui dont les substructions ont été découvertes près de l'Erechtheion. Dès lors, il fallait se rendre à l'évidence et admettre qu'avant le Parthénon actuel il y avait eu sur l'Acropole deux temples d'Athéna, FHécatompédon des Pisistratides, et un ancien

Phot. de l'Institut archéologique allemand.

Fig. i4. — Le mur polygonal au sud du Parthénon.

Parthénon, dont la date restait à déterminer. Peu de questions ont été plus controversées et nous ne pouvons ici examiner en détail les opinions qui ont été émises (1). Les récentes recherches de M. Dœrpfeld permettent d'adopter les conclusions suivantes.

(1) L'opinion qui prévalut tout d'abord, après les fouilles de i885, c'est que l'ancien Parthénon était postérieur aux guerres médiques, et c'est entre les années 479 et 447 qu'on en cherchait la date. M. Dœrpfeld supposait que les travaux préparatoires devaient être placés au temps de Cimon (Athen. Mittheil., XVII, 1892, p. 161 et suiv.). Furtwasngler proposait une date un peu plus ancienne. La construction du nouveau temple aurait été décidée aussitôt après le départ des Perses, en 47g, et Thémistocle aurait conçu le projet de remplacer par un temple commun à

Si Ton examine attentivement les degrés supérieurs du stéréobate et les tambours de colonnes provenant de l'ancien Parthénon, on y trouve des traces laissées par la flamme; par suite, il n'est pas douteux que le temple ait été incendié, comme les autres sanctuaires de l'Acropole, par les Perses de Xerxès. Il est donc antérieur à la prise de l'Acropole en 4So, et à la seconde dévastation de l'Attique par Mardonios en 47<j. Ce point définitivement fixé, il y a lieu d'indiquer par quelles phases a passé le projet de construction d'un édifice dont, à vrai dire, les premières assises ont seules été élevées.

i° Au sixième siècle, avant la chute des Pisistratides, le seul temple d'Atliéna était l'Hécatompédon. Là où se dresse aujourd'hui le Parthénon, le rocher gardait son aspect primitif. Au sud, l'enceinte de l'Acropole était encore formée par le mur pélasgique, qui soutenait une terrasse basse où s'étaient peut-être groupées jadis des habitations pélasgiques. 2° Premier projet. — A une date qu'on peut, suivant toutes les vraisemblances, placer après l'expulsion d'Hippias, vers l'année 5o6 environ, les Athéniens décident de construire un nouveau temple à la déesse. On en prépare les assises, et, pour élargir le plateau du côté sud, on édifie le puissant stéréobate en pôros que nous avons décrit plus haut. A la même époque, pour masquer le stéréobate par une terrasse, on élève entre le parement sud et le mur pélasgique un mur de soutènement en appareil polygonal, avec un escalier permettant l'accès de la terrasse inférieure (Fig. i5). Entre le

Atliéna et à Ércchthée l'Hécatompédon détruit par les Perses. Vivement combattu par le parti conservateur, ce projet n'aurait reçu qu'un commencement d'exécution ; abandonné après l'exil de Thémistocle, il aurait été repris par Périclès (Meisterwerke, p. i64 et suiv.). Un fragment d'une histoire d'Athènes, conservé par un papyrus, a suggéré à M. Bruno Keil une autre hypothèse. L'ancien Parthénon aurait été commencé dix ans après la bataille de Platées, c'est-à-dire en l'année 46g/4GS (Bruno Keil, Anonymus Argentinensis, Strasbourg, 1902. Cf. P. Foucart, Revue de Philologie, 1903, XXVII, p. 57 et suiv.). Ces théories sont aujourd'hui abandonnées.

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stéréobate et le mur polygonal, on comble le vide par des remblais. Le temple lui-même devait être construit en pôros. On admettra facilement que les événements politiques qui ont pour résultat la nouvelle constitution donnée à Athènes par Clisthène expliquent ce projet de construction d'un nouveau temple. Les Pisistratides avaient agrandi et embelli

P'iot. de l'iitslilul arc'iêulugique allemand.

Fig.' 1 5. — Le mur polygonal, au sud du Parthénon, et l'escalier.

l'Hécatompédon ; la démocratie triomphante veut édifier en l'honneur d'Athéna un temple plus vaste et plus beau, hommage de la cité libérée de la tyrannie. L'initiative du projet fut sans doute prise par l'Alcméonide Clisthène, dont la famille, ennemie des Pisistratides, avait pendant son exil contribué à la construction /lu temple d'Apollon à Delphes. Deuxième projet. — A une date postérieure, mais avant le sac de l'Acropole en 48 o, de nouveaux travaux sont entrepris pour élargir encore la terrasse sud. L'ancien mur pélasgique

est surélevé, et un nouveau mur en poros est construit pour le doubler par endroits, lui donner plus de résistance, et rectifier Taire de la terrasse. Quant au mur polygonal, qui avait servi de mur de soutien à l'ancienne terrasse, il devient inutile et disparait sous les remblais.

Tout porte à croire que cet agrandissement de la terrasse sud correspond à la reprise des travaux du vieux Parthénon sur un plan modifié. On décide de l'édifier non plus en pôros, mais en marbre, tout en utilisant le stéréobate. C'est à ce temple qu'étaient destinés les tambours de colonnes en marbre encastrés dans le mur de Thémistocle. C'est à cet édifice, encore en construction, que les Perses mirent le feu, car les assises supérieures du stéréobate sont calcinées à Touest, près de l'angle nord, alors que le stylobate du Parthénon actuel n'a pas été touché par les flammes. Dès lors, la date de l'ancien Parthénon, dans ce qu'on peut appeler son second état, se place avec une quasi-certitude entre la fin du sixième siècle et l'année ISo. Mais l'examen des faits historiques permet d'arriver à une précision plus grande encore. Qu'on songe à l'enthousiasme que provoqua dans l'âme des Athéniens la victoire de Marathon, à Tivresse orgueilleuse qui exalta leur patriotisme; qu'on se rappelle comment ils consacrèrent ce souvenir glorieux en édifiant à Delphes un Trésor orné de belles métopes de marbre, en modifiant sur leurs monnaies le type d'Athéna dont le casque se ceint d'une couronne de lauriers. N'est-ce pas dans cette fièvre de triomphe qu'ils décident d'offrir à la déesse Poliade un temple de marbre, et n'est-ce pas dans la dizaine d'années qui sépare les deux guerres médiques, entre 4go et 48o, qu'on se met à l'œuvre pour en dresser les premières assises? Il n'y a pas de conclusion plus plausible.

La restitution du temple de marbre, que, pour plus de clarté, nous désignerons comme le second Parthénon, est une

question fort compliquée, exigeant une enquête minutieuse poursuivie sur place. Nous essaierons d'exposer les conclusions essentielles, en mettant à profit les observations que nous avons pu faire récemment (1).

Ce sont les recherches de M. Dœrpfeld qui ont fourni le point de départ; elles ont été complétées par celles de M. Hill,

Fig. 16. — Coupe sur le soubassement et les degrés de l'ancien et du nouveau Parthénon.

D'après Dœrpfeld.

directeur de l'École américaine d'Athènes (*). Considérons la figure ci-jointe (Fig. 16) empruntée à un article de M. Dœrpfeld (3). Elle représente une coupe sur le soubassement de pôros et sur la crépis à trois degrés du temple actuel. En

(1) Je remercie M. Kurt Millier, second secrétaire de l'Institut archéologique allemand, qui a bien voulu me guider à l'Acropole pour cette étude.

(2) Ces recherches ont été exposées par M. B.-H. Hill, The older Parthénon. American Journal of Archœoîogy, t. XVI, 1912, p. 535-558, pi. VIII-IX.

(3) Athen. Mitteil., XXVII, 1902, p. 383, fig. I.

commençant par le bas. c'est-à-dire par les assises en pôros, on reconnaît d'abord Veuthyntéria (III ") puis deux degrés encore en place (III, II) qui seraient les degrés inférieurs du vieux temple. Le degré supérieur (I) n'est plus apparent, ayant été remplacé par le degré inférieur en marbre du Parthénon actuel. Mais M. Dœrpfeld avait pu constater, grâce à un morceau conservé près de l'angle sud-ouest, qu'on avait employé pour l'établir une matière plus dure et plus résistante <pie le poros, la pierre de Kara. M. Dœrpfeld y reconnaissait le degré supérieur, c'est-à-dire le stylobate, du second Parthénon.

Se fondant sur ces données, il restituait un temple dont le niveau était plus bas que celui du temple actuel. Quant aux dimensions, elles lui paraissaient être fournies par les faits suivants : i° à l'angle ouest-nord, on constate que le stéréobate de pôros a été prolongé par un raccord très apparent, exécuté certainement après coup, lorsqu'on élargit du côté nord l'aire du nouveau Parthénon, celui de Périclès; le travail des assises, dans la partie raccordée, est moins soigné que celui des assises anciennes, et on y a employé des matériaux disparates, marbre et poros; 2° du côté est le stéréobate dépasse de 4m 28 le degré inférieur du Parthénon actuel, et reste ainsi inutilisé. M. Dœrpfeld en concluait que le temple commencé après 4-g était plus long et moins large que le temple actuel. Dans une restitution cpii a été longtemps acceptée (1), il lui donnait, comme dimensions au stylobate, 75mo6 de longueur et 2gm6o de largeur, alors (pie pour le Parthénon la longueur est de 6gm5i, et la largeur de 38™ 86. L'ancien temple aurait donc été octastyle, avec dix-neuf colonnes sur les longs cotés, tandis (pie le temple actuel en

(1) Athen. Mittheil., XVII, 1892, p. 1G7-1GS, pi. VIII, où le plan restauré de l'ancien Parthénon est superposé à celui du nouveau temple. Cf. Jahn-Michaeijs, Tabula- arcem Athenarum illustrantes, p. VIII, 1 ; voir aussi L. d'Ooc.e, The Acropolis, P- 89, fig. 35.

V HISTOIRE

a dix-sept. Pour expliquer ces proportions allongées, il fallait admettre que l'ancien Parthénon reproduisait les dispositions essentielles de PHécatompédon des Pisistratides, et possédait le même nombre de pièces, à savoir la cella de l'est, la chambre de l'ouest, et les deux petites chambres intermédiaires {o]y.r^oLxa) qui les séparaient. C'est ainsi que le restitue M. Dœrpfeld dans le plan reproduit ci-dessous (Fig. 17).

Les investigations faites par M. Hill obligent à modifier ce plan sur plusieurs points, au moins en ce qui concerne le

Fig. 17. — Plans superposés de l'ancien Parthénon (en noir) et du Parthénon de Périclès (en hachures). D'après Dœrpfeld.

temple de marbre commencé après Marathon. Tout d'abord le savant américain a constaté que le morceau de degré en pierre de Kara, encore en place du côté sud, derrière le degré inférieur du Parthénon, est bien in situ (Fig. 1S). Or, c'est une pierre d'angle, et par suite elle permet de déterminer très exactement l'aire du second Parthénon (1). D'autre part, il a reconnu que le degré en pierre de Kara existe encore derrière le même degré du Parthénon, et se continue sur toute

(1) J'adresse mes remerciements à M. Hill qui m'a obligeamment communiqué la photographie et les dessins de M. W.-B. Dinsmoor reproduits ci-joint.

la face sud avec les mêmes moulures caractéristiques. Il fait partie de la crépis du vieux temple et constitue le degré inférieur: les deux autres étaient en marbre. Ouant aux anciens degrés en pôros (fig. 16, III", III, II) aménagés pour le premier temple projeté, ils formaient autour du second Parthénon un podium qui n'était pas visible et mesurait %m 10 de

Premier PARTHENON :

Profil du StéréoLate ■'m/w/iw^

Second PARTHENON

Porcs Piprre de Kara

Troisième PARTHENON

Fig. 18. — Coupe sur le soubassement en pôros et les degrés du second et du troisième Parthénon. D'après la restitution de B.-H. Hill.

largeur sur les longs côtés, avec un espace un peu plus grand sur les deux façades. Par suite, il y a lieu de réduire les dimensions du temple en marbre, c'est-à-dire du plus récent des deux précurseurs du Parthénon de Périclès. Il ne mesure plus au stylobate que 67 mètres de longueur, avec une largeur de 23™ 57. Le temple était bien dorique périptère; mais le nombre des colonnes doit être diminué. Il y en avait seulement six sur les deux façades, et seize sur les longs côtés.

Le sécos était amphiprostyle, avec quatre colonnes doriques, détachées en avant du pronaos et de ropisthodome. Enfin, il faut renoncer à attribuer à l'ancien Parthénon les trois pièces de l'ouest que possédait l'Hécatompédon du sixième siècle. Il n'avait qu'une cella à l'est, celle d'Athéna Polias, et une pièce unique à l'ouest. Ainsi, le second Parthénon se rapprochait beaucoup du temple actuel; il offrait un plan analogue, avec les mêmes divisions (Fig. ig).

A n'en pas douter, si l'architecte du second temple en avait

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Fig. ig. — Plans superposés de l'ancien Parthénon (en noir) et du Parthénon de Périclès (en hachures). D'après la restitution de B.-H. Hill.

ainsi réduit les proportions, par rapport à celles de l'édifice qui devait être construit en pôros, c'est qu'il mettait en œuvre une matière plus riche et plus coûteuse. L'examen des membres d'architecture provenant des monuments permet déjuger que l'exécution en aurait été fort soignée, et il est possible d'en identifier un certain nombre. On sait déjà que des tambours de colonnes simplement dégrossis sont encastrés dans le mur de Thémistocle. D'autres, découverts dans les fouilles de i885, se trouvent près du musée de l'Acropole, et plusieurs montrent l'amorce des cannelures. Des morceaux des

degrés en marbre ont été employés pour la partie raccordée qui prolonge l'ancien stéréobate; ils sont visibles à l'angle ouest-nord. Mais le fragment le plus digne d'attention a été retrouvé par M. Hill sous le pavement du nouveau Parthénon. C'est la partie inférieure d'un pilastre d'ante, décoré à sa base d'une moulure ronde, encore inachevée,

Vltot. du i'I'.cole américaine d'Athin

Fig. 20. — Base d'un pilastre d'ante de l'ancien Parthénon.

analogue à celle qu'on observe au temple connu sous le nom de Théseion ; elle devait se poursuivre au pied du mur du sécos sur ses quatre faces. Sur le lit de pose on remarque des rainures toutes fraîches préparées pour des agrafes de scellement qui n'ont pas été posées, si bien que l'assise apparaît telle qu'elle était sur le chantier, lorsque les Perses envahirent l'Acropole (1). A voir la belle qualité des matériaux, le soin

(1) American Journal of Archœology, t. XVI, 1912, p. 552, fig. 18.

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