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LE RENVERSEMENT DU MINISTERE

titude du président : « Pendant tout ce temps, AI. Royer-Collard gardait le silence. Il observait attentivement et se contentait de froncer de temps en temps le sourcil à sa manière, en faisant marcher sa perruque d'avant en arrière, et d'arrière en avant, mouvement qui était regardé dans la Chambre comme un indice de l'agitation de sa pensée : cuncta supercilio moventis. » Et cependant, sous l'empire d'on ne sait quel aveuglement, les libéraux persistaient dans leur opposition. Nul ne pouvait être surpris d'entendre le Courrier s'écrier : a Que le ministère tombe ! Il vaut mieux avoir en face des adversaires prononcés que des hommes équivoques! » Mais le Globe lui aussi poussait au conflit : « Entre le ministère et le parti national, disait- il, c'est une guerre à mort! 5>

Dans ces conditions s'ouvrit le débat sur le fond. Vainement M. de Marlignac, placé entre les exigences de la gauche, les pièges de la droite et les résistances du roi, faisait-il d'admirables efforts d'éloquence et de patriotisme : les libéraux, bien loin de désarmer, s'obstinaient et se passionnaient à la lutte, parfois presque aussi amers et violents qu'au temps de M. de Villèle. Enfin, après quelques détours, la question se trouva posée sur un article d'une importance médiocre, qui traitait des conseils d'arrondissement. On revit au vote la manœuvre du premier jour, et ce fut une fois de plus , grâce au concours , sinon des voix de

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la droite, du moins de son abstenlion, que la gauche mit le cabinet en minorité. A peine le résultat proclamé, les ministres quittèrent la salle, déclarant qu'ils allaient prendre les ordres du roi.

Commença-t-on alors, dans le parti libéral, à être troublé de la besogne qu'on venait de faire? On l'aurait cru , à voir l'agitation qui se produisit aussitôt dans ses rangs. Tandis que la droite, qui avait su ce qu'elle voulait et était arrivée à ses fins, demeurait sur ses bancs, immobile, silencieuse, mais triomphante, les députés de la gauche et du centre gauche se levèrent, quittèrent leurs places et se groupèrentconfusément dans l'hémicycle. Ce n'éliiient que colloques ardents, récriminations qu'on se renvoyait de l'un à l'autre, interrogalions anxieuses. «Que va-t-il se passer? demandait-on. Est-ce donc une retraite ? » Ou percevait les mots de « faux calcul » , de « fausse manœuvre », adressés aux meneurs de gauche Pendant ce temps, M. de Martignac et M. Portalis se rendaient aux Tuileries et y annonçaient leur défaite. « Je vous le disais, répondit le roi, en leur serrant fortement la main ; il n'y aucun moyen de traiter avec ces gens-là. Il est temps de nous arrêter. » Les ministres rentrèrent à la Chambre, apportant une ordonnance qui retirait les deux projets de loi. La politique de conciliation et de confiance libérale se déclarait impuissante et vaincue.

De ce jour, en effet, le ministère estvirtuellemenl

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